En balade avec Librel, et des poches dans les poches

  • âme brisée

    Akira Mizubayashi

    Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d'anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l'Empire est en train de plonger l'Asie.
    Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l'irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père... L'enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu'il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie...
    Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l'auteur d'Une langue venue d'ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l'art qui, s'approfondissant au fil du temps jusqu'à devenir la matière même de la vie, défient la mort.

  • Marnie et Taz ont tout pour être heureux. Jeunes et énergiques, ils s'aiment, rient et retapent ensemble leur modeste maison de Missoula, dans le Montana. Lorsque Marnie apprend qu'elle est enceinte, leur bonheur est parfait. Mais Marnie meurt en couches, et Taz se retrouve seul face à un deuil impensable, avec son bébé sur les bras. Il plonge alors tête la première dans le monde inconnu et étrange de la paternité, un monde de responsabilités et d'insomnies, de doutes et de joies inattendus.

  • Rose s'était pourtant promis qu'on ne l'y reprendrait pas, qu'elle en avait fini de ces histoires d'amour qui font plus de mal que de bien. C'était sans compter sur cette rencontre avec Luc, un soir comme les autres ou presque, un soir de plus au Royal, le bar où elle se réfugie chaque jour après le travail. Une novella noire qui dit le besoin et la violence, l'emprise et l'espoir, le destin d'un revolver et d'une femme que rattrape sur le tard le malheur d'aimer. Suivie d'une nouvelle inédite, par l'auteur du prix Goncourt 2018.

  • « L'Angleterre lui faisait l'effet d'un territoire calme et stable. D'un pays en bonne intelligence avec lui-même. Tout allait pour le mieux. » En dix ans, l'Angleterre est passée de la liesse des jeux Olympiques au couperet du référendum sur le Brexit. Comment en est-on arrivé là ? Dans cette période trouble qui fait basculer les destins individuels et collectifs, la famille Trotter reprend du service. Benjamin a maintenant cinquante ans et s'engage dans une improbable carrière littéraire, sa soeur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter, tandis que sa nièce Sophie s'interroge sur son mariage. La politique peut-elle être une cause valable de séparation ?
    Après Bienvenue au club et Le Cercle fermé, Le coeur de l'Angleterre questionne avec une ironie mordante les grandes sources de crispation contemporaines.

  • « Être indien en Amérique n'a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. » À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d'une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d'une culture que l'Amérique a bien failli engloutir. À l'occasion d'un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l'expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
    Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, traduit dans plus d'une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n'est plus ici a été consacré « Meilleur roman de l'année » par l'ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

  • Les rumeurs les plus folles courent sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, en Caroline du Nord. Pourtant Kya n'est pas cette créature sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. Abandonné à l'âge de dix ans par sa famille, c'est grâce au jeune Tate qu'elle apprend à lire et à écrire, découvre la science et la poésie. Mais Tate, appelé par ses études, doit partir à son tour. Et lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

  • Où donc est passé Léo?
    Son entourage s'interroge sur le mystère de sa disparition. Qui était-il vraiment? Que fuyait-il? S'il vit toujours, où est-il allé se perdre?
    Nul ne se doute que, pour trouver des réponses à ses propres questionnements, Léo s'est réfugié derrière le miroir. Il vit désormais dans un autre monde, celui des séries télévisées, où tout fait écho, à sa mémoire comme à ses rêveries.
    Vingt ans après le succès de Saga, Tonino Benacquista nous rappelle que seule la fiction a le pouvoir de réparer le réel.

  • Un changement dans la vie de Satoru fait qu'il doit se séparer de Nana, son chat adoré. Débute alors une série de voyages chez des amis d'enfance, aux quatre coins du Japon, pour lui trouver un nouveau foyer. Mais le rusé matou, narrateur de ce savoureux roman, ne l'entend pas de cette oreille : il fera tout pour rester avec Satoru et prolonger l'aventure.

  • Les vies d'Emmy et Virginia Simpson ne correspondent en rien à ce qu'elles s'étaient imaginé. Emmy, la cadette, a quitté l'Angleterre pour l'Australie avec son mari et sa fille, cochant rapidement toutes les cases du succès mondain. Mais lorsque son mariage se solde par une humiliante séparation, elle décide de rompre les amarres et de partir en quête d'elle-même au coeur des montagnes sacrées de Bali. Son aînée, Virginia, vit encore avec leur mère et ne s'est jamais vraiment aventurée au-delà du périphérique londonien et du confort de son groupe de lecture de la Bible. Pourtant, le jour où sa foi l'abandonne, elle accepte de suivre sa mère sur l'île de Skye, terre de leurs origines, afin de redonner un sens à son existence.
    Sur ces deux îles du bout du monde, séparées par des milliers de kilomètres et des personnalités radicalement différentes, ces deux soeurs vont tenter de se réconcilier avec elles-mêmes, leur histoire, leurs choix de vie, de restaurer un équilibre perdu et de trouver enfin, à l'aube de leurs cinquante ans, une place dans le monde.
    Dans ce premier roman tout en finesse, Claire Messud livre une vision douce-amère de relations familiales tourmentées, questionne la valeur des liens du sang et s'interroge sur la capacité des êtres à se réinventer.

  • Après la côte anglaise disparaissant sous la brume, Carlos Ruiz Zafón nous entraîne cette fois dans la moiteur des nuits de Calcutta, sur les pas de deux adolescents que la vie menace et prêts à tout pour découvrir le grand secret resté enfermé dans les ruines d'une gare majestueuse, partie en cendres avant même d'avoir existé.

  • À travers les péripéties politiques et intimes d'une palette de personnages tous liés les uns aux autres, du chauffeur au haut gradé, de la domestique musulmane au bourgeois copte, El Aswany livre le roman de la révolution égyptienne, une mosaïque de voix dissidentes ou fidèles au régime, de lâchetés ordinaires et d'engagements héroïques.

  • Adressé comme à un frère d'âme au grand peintre né en terre crétoise, le «Rapport au Greco» constitue l'autobiographie intellectuelle de Nikos Kazantzaki, et retrace un itinéraire ponctué de voyages et de rencontres. Rédigé dans les années 1955-1956, cette oeuvre puissante qui mêle réflexions profondes et anecdotes dessine un portrait inoubliable du grand écrivain grec, de sa quête permanente d'élévation et de liberté.

  • « Ils nous ont séparés de part et d'autre d'une ligne. Celui qui a quelque chose et celui qui n'a rien. Celui qui est fiable et celui qui est suspect. Je ne vivais pas bien, mais si j'étais sûre d'une chose, c'était que ça pouvait toujours être pire. » Dans ce qui ressemble au Venezuela de Maduro, de violentes manifestations sèment le chaos à Caracas. Adelaida Falcón vient de perdre sa mère. L'immeuble où elle habite se retrouve au coeur des combats entre jeunes opposants et forces de l'ordre. Expulsée de son logement, Adelaida se réfugie chez une voisine, une jeune femme surnommée « la fille de l'Espagnole ». Pour survivre depuis sa cachette, elle doit apprendre à devenir une autre et à se battre. Quitte à payer le prix fort.

  • Berta Isla

    Javier Marías

    « Comme il est facile d'être dans l'obscurité, à moins que ce ne soit notre état naturel. » Berta Isla aime Tomás Nevinson depuis qu'elle l'a rencontré dans leur lycée madrilène. À l'université, tandis qu'elle se rebelle contre le franquisme, Tomás suit de brillantes études à Oxford. Mais une journée suffi t à faire basculer l'existence du jeune homme, le condamnant, jusque dans son couple, à la dissimulation et aux faux-semblants...

  • « Ce récit est un mensonge, madame la Juge. Un mensonge par le fait même de la destination que j'avais choisie : je savais mieux que personne que la glace est la mémoire du monde. » Lorsqu'ils se rencontrent à un dîner arrangé par leurs amis, Suzanne et Gabriel ont déjà bien vécu. Le coup de foudre est immédiat. Mais après quatre ans de mariage, leur couple bat de l'aile. Le divorce prononcé, Gabriel part pour le Grand Nord dont il aime les étendues gelées. C'est alors, au coeur d'une tempête, qu'il reçoit un message de Suzanne. Comment réparer ce qui semble perdu ? Du détroit de Béring aux îles jumelles Diomède, ils vont tout faire pour se retrouver et briser en eux la mer gelée.

  • Parfois certains livres traversent des décennies, et paraissent avoir sombré dans l'oubli. C'est l'un d'eux, à la reliure de maroquin rouge, qui tombe entre les mains d'Adam. À peine tourne-t-il ses pages qu'il est fasciné par les jardins merveilleux, la villa majestueuse et l'atmosphère enivrante du grand parc et de son kiosque à musique.
    Adam se laisse emporter par la magie de cet univers et son imaginaire, tout en s'étonnant de l'absence de personnages. Peu à peu, quelques-uns apparaissent, et Adam s'éprend passionnément de Iéléna. Il n'a plus qu'une hâte, y retourner, la retrouver sous les rosiers de la pergola. Mais l'a-t-elle seulement reconnu ? Car lui sait que Iéléna n'est autre que la jeune fille au chapeau cloche de la bibliothèque... dans la vie réelle.
    Il comprend alors que les personnages du roman sont les autres lecteurs, et qu'ils s'y croisent pour peu qu'ils lisent le même passage en même temps. Il devient dès lors aisé de s'y donner rendez-vous. Mais Adam ne saurait s'en contenter, et n'a de cesse de vouloir transposer son bonheur dans la réalité...
    Le roman culte de tous les amoureux de la lecture, une ode au pouvoir de la littérature, somptueuse et libératrice.

  • « Parler de Marie Chauvet, c'est parler d'un seul livre, mais quel livre ! Son roman Amour, Colère et Folie est devenu avec le temps le grand roman des années noires de la dictature de Duvalier, communément appelé Papa Doc. L'histoire du livre est en elle-même une simple tragédie. Marie Chauvet vient de la bonne bourgeoisie de Port-au-Prince. Elle fait partie d'un groupe littéraire dans le vent, elle écrit, enfin elle mène une vie à la fois intellectuelle et mondaine sous une dictature déjà sanglante. [...] Personne dans son entourage ne semblait avoir pris la mesure du manuscrit qui s'est révélé être une déconstruction en règle de la dictature.
    Un texte crépitant d'intelligence, précis et violent. [...] François Duvalier [serait] entré dans une folle fureur, ce qui mettrait l'auteur et sa famille en grand danger. Le mari de Chauvet fait disparaître tout le stock dans un ultime effort pour calmer le Moloch...
    Voilà que quarante-six ans après qu'on l'a réduite au silence, la voix claire et pure de cette romancière lucide et indomptable refait surface. Une dernière chance pour entendre son chant. » Dany Laferrière

  • « Elle aime la ville, lui la nature. Elle aime la mer, lui la campagne. Elle lit beaucoup, lui peu. Elle est bordélique, lui est maniaque. Elle se couche tard, lui s'endort tôt. Elle goûte les bourgognes, lui les bordeaux. Ces dissemblances deviennent vite un jeu entre eux. Ils se séduisent, se défient, tentent de se convaincre qu'ils ne sont pas faits l'un pour l'autre, mais c'est perdu d'avance et ils le savent. Sans se l'avouer, ils font le même constat : ils n'ont rien en commun et c'est ça qui est merveilleux. ».
    Tout oppose Anna et Paul, et pourtant ces deux grands solitaires vont s'aimer. Passionnément. Un amour si dense, si parfait qu'il suffirait d'un rien pour qu'il vole en éclats.

  • Emmanuelle vouvoie ses parents, porte des jupes bleu marine, apprend les bonnes manières. Ses cousins s'appellent Maximilien, Hugues ou Gontran. Mais elle ne leur ressemble pas. Elle a été adoptée et ignore tout de ses origines. Jusqu'à ce que le pays de sa naissance resurgisse brutalement dans sa vie. Alors elle veut soudain savoir. Frénétiquement, elle sillonne une Colombie aussi violente qu'enchanteresse, en quête de sa mère biologique, dont elle ne connaît que le prénom.
    Une mère, etc. est une histoire d'aujourd'hui. Une épopée pleine de rebondissements, une émouvante aventure à rebours. Celle d'une maternité qui se vit au pluriel. Et de ces enfants écartelés entre deux cultures, deux pays, deux passés, deux familles. Avec cette question, universelle, de l'amour filial.

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