L'Afghanistan par sa littérature

  • Mahmud Nasimi a quitté l'Afghanistan en 2013 laissant derrière lui un pays en guerre, son pays. Il vit en France depuis 2017. La vie de " réfugié " aurait pu briser cet homme qui avait tout perdu. Mais la découverte de la langue française qu'il a apprise et sa passion pour la littérature française lui ont permis de se reconstruire au fil des phrases qui construisent ce récit. Un récit profondément touchant où s'entremêlent le passé heureux et le présent douloureux.
    Mahmud, réfugié à Paris, a trouvé grâce à la littérature son nouveau chemin de vie.

  • la mort et son frère

    Khosraw Mani

    Dans "l'étrange ville de Kaboul", un matin d'hiver, un jeune homme sort de chez lui pour aller retrouver sa bien-aimée. Dix minutes après son départ, une roquette tombe sur sa maison et tue quatre membres de sa famille. L'attentat et ses conséquences sont ensuite racontés ou évoqués à partir d'une trentaine de points de vue différents, ceux de protagonistes qui de près ou de loin ont un rapport avec le drame, d'un chauffeur de taxi à un chien des rues, d'un proche des victimes à la pelle qui creuse pour préparer les tombes...

  • Des épouses dévouées qui vendent leur corps aux soldats privés de femmes pour nourrir leur famille ; des enfants terrés dans une cave pendant qu'on assassine leur grand-père sous leurs yeux ; des orphelins mutilés mendiant dans la rue ; un vieil homme qui attend le retour de son fils caché dans la montagne ; un combattant parqué avec d'autres dans un conteneur qui est la réplique exacte de celui où il a lui-même enfermé des ennemis quelques mois auparavant ; une jeune fille dont le frère aimé est revenu si changé par la guerre que leurs rapports en sont devenus terrifiants ; un homme qui va rechercher le corps de son frère, pendu à sa place. les personnages de ce recueil de nouvelles ne vivent plus, ils survivent, au mieux - ou sont déjà morts, comme cet enfant accompagné de son père et de son oncle qui revient sur les lieux où tous trois ont été tués d'une rafale de Kalachnikov et jetés au fond d'un puits.
    Les hommes sont devenus armes d'assaut ou instruments de vengeance, les femmes sont objets de convoitise, les vieillards pleurent, les enfants souffrent. L'Afghanistan est une terre brûlée qui ne peut protéger ses enfants d'eux-mêmes. Dans ce recueil de nouvelles composé comme une chronique d'un conflit sans fin, c'est avec une simplicité terrible, écrasante, d'une déchirante lucidité, que Mohammad Hossein Mohammadi évoque les limites de l'horreur atteintes, et dépassées, quand la violence de la guerre régit le monde, s'immisçant jusque dans l'intimité des relations humaines.

  • " Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ? " En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une possible rédemption.

  • une petite vie

    Khosraw Mani

    Une petite vie nous invite à un voyage hors des sentiers battus et des représentations que l'on peut avoir de la littérature afghane.
    L'auteur y met en scène un monde, en l'occurrence un café, dans lequel la réalité et l'imagination se mêlent. Un monde dans lequel le lecteur est invité à prendre un taxi imaginaire et à entamer un voyage vers une destination énigmatique. Dans ce café-monde, on peut croiser une musique triste, une musique joyeuse, voir une aventure advenir en un rien de temps, et le silence soudain s'installer. Comme un tableau où l'on pourrait pénétrer sans trop se demander où se trouvent les frontières entre le rêve et la réalité.
    Et si la réalité n'était que le fruit de notre imagination ?

  • Ce livre est un livre total. Un tout. Et un miracle.
    Son auteur est un survivant. Blessé dans le bureau du QG de Rhoja Bahoudin lors de l'attentat du 9 septembre 2001qui a coûté la vie à Ahmad Shah Massoud, son ami depuis ce voyage du Pakistan au Panjshir en 1986.
    À la suite de Khalili, on pénètre dans cet Afghanistan du nord-est en guerre contre les Soviétiques. Khalili a une mission politique à accomplir pour la Résistance. Pas à pas, sur les pistes escarpées, à travers les montagnes, de difficultés en drames, de répit en repos, avec ce petit groupe d'hommes et de chevaux, sous un ciel tranquille ou bombardé, nous marchons à la rencontre de Massoud et à la découverte de ce pays et de ses tribus, ainsi les bruns Gujjars et les blonds Nouristanis.
    Khalili s'est fait l'entomologiste de son pays et de cette période observée à la loupe de sa connaissance et de son courage.
    S'il est un témoignage rare et précieux, ce livre est aussi un récit de voyage, un reportage, un livre d'histoire et d'aventure. Et il tient du recueil de poésie. Le conteur déroule son récit dans une longue lettre à sa femme bienaimée, un style épistolaire qui le rend libre d'être tout ce qu'il est avec générosité.
    « Murmures de guerre » est un oxymore. Ces murmures hurlent la guerre, crient la peur, l'effroi, la violence et chuchote la beauté des Hommes et des paysages et la douceur d'y vivre en paix.

  • Attâr, Jâmî, Ibn Arabî et une quarantaine d'autres illustres soufis sont les principales sources de cette anthologie établie par Majrouh un an avant sa mort, en réaction à la radicalisation de l'islam afghan (jadis largement inspiré par le soufisme), depuis la guerre avec les Soviétiques. Les musulmans dévôts, les théologiens et les chefs religieux, explique Majrouh, considèrent volontiers le rire comme une manifestation dangereuse, perverse et même diabolique. Pourtant, la plupart des grands soufis ont connu les vertus du rire. Leur humour possède une double fonction : à l'égard des hommes, il est un fluide spirituel, il fait « passer le courant » ; à l'égard du divin, il se révèle un canal supérieur de communication. Dans le monde des soufis, les paradoxes guettent, et le rire (ou plutôt, en l'occurrence le sourire), est une voie légitime et « sérieuse » d'approche du divin.

  • les porteurs d'eau

    Atiq Rahimi

    L'action du roman se concentre en une seule journée : le 11 mars 2001. Ce jour-là, les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyan, en Afghanistan. Au petit matin, à Paris, Tom décide de quitter sa femme Rina qui dort près de lui. Tom est afghan, représentant de commerce, exilé en France. Il souffre de paramnésie, la sensation obsédante de déjà-vu ou déjà-vécu. Il doit se rendre à Amsterdam, où il a rendez-vous avec sa maîtresse, une mystérieuse Nuria.
    Mais quand il arrive, elle a disparu. Au même moment, à Kaboul, un autre couple se réveille. Yûsef se lève pour remplir sa tâche quotidienne de porteur d'eau. Il risque sinon la colère des Talibans et 97 coups de fouet sur le dos. En partant travailler, il s'arrache à la contemplation de Shirine, la femme de son frère en exil. Ce jour-là, Tom et Yûsef vont chacun faire une rencontre qui marquera leur vie.
    Dans ce roman d'amour, les contes et la sagesse d'autrefois se mêlent à la cruauté de l'histoire contemporaine. Deux destins parallèles, tragiques et bouleversants, qui sans jamais se croiser, livrent un grand récit polyphonique sur l'exil, la mémoire, l'amour et la liberté.

  • Écrivain reconnu et primé, Atiq Rahimi évoque pour la première fois ses exils.
    Plus qu'une autobiographie, ce texte est une errance faite de métissage d'écritures diverses - des souvenirs, des réflexions, des récits, des poèmes, et parfois pour suppléer aux mots, des calligraphies.
    Ainsi celui qui se dit « né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France » invente-t-il une forme d'écriture qui lui est propre, puissante, singulière et libre et qui reflète avec fidélité ce qu'il est au plus profond de lui-même.
    Un récit intime et puissamment poétique, une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd le fil de son enfance.

  • Les « Munâjât » ne sont ni des confidences ni, à proprement parler, des prières. Il s'agit d'épanchements, parfois violents, de ce que l'on a dans le coeur, ou sur le coeur. Très populaires, ces « Cris du coeur » ont dépassé de beaucoup en rayonnement les cercles soufis pour nourrir la méditation et la prière de tous les croyants.

    Composés en « saj' » - prose scandée par des assonances -, ils expriment l'inexprimable en ayant recours à des images très variées. Pour dire cette expérience spirituelle, Ansârî oeuvre à la fois comme un peintre et comme un musicien : par touches successives ou en déployant les harmoniques d'une véritable mélodie. Le thème majeur des « Cris du coeur » est la recherche de Dieu. Ansârî y invite, tout en indiquant les paradoxes de cette quête, les chemins de la découverte et ce qui nous y porte : l'amour et la mémoire de Dieu.

  • le pianiste afghan Nouv.

  • Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses soeurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu'à ce qu'elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d'une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

  • le jardin de l'aveugle

    Nadeem Aslam

    Dans les mois qui suivent les attentats du 11 Septembre, deux jeunes gens, Jeo et son frère adoptif Mikal, l'un étudiant en médecine, l'autre rompu au maniement des armes, quittent leur bourgade du Nord pakistanais et se rendent clandestinement en Afghanistan pour porter secours à leurs frères musulmans. Jeo laisse derrière lui Naheed, la beauté qui est devenue son épouse, et son père Rohan, veuf inconsolable qui perd peu à peu la vue. Seul réconfort : son jardin superbe. Fondateur d'une école, Rohan en a été chassé par les islamistes qui préparent les élèves au djihad. Mikal, amoureux fou de Naheed, a préféré s'éloigner d'elle par respect pour Jeo. Mais, très vite, Mikal et Jeo sont séparés, engloutis dans la spirale des affrontements qui opposent Américains et talibans et qui profitent aux seigneurs de guerre.Le Jardin de l'aveugle est traversé par une telle intensité d'émotions et un tel souffle poétique que le lecteur en sort ébranlé. Nadeem Aslam met en scène avec une empathie exceptionnelle des personnages bousculés, malmenés par le destin. La mort est omniprésente mais la vie aussi, vibrante de couleurs, de parfums et d'amour. Ici il n'y a qu'une leçon à retenir, celle de vivre à tout prix.

  • Quand les talibans prirent le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille éleva la voix. Refusant l'ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzaï résolut de se battre pour continuer d'aller à l'école. Son courage faillit lui coûter la vie : en octobre 2012, à 15 ans, elle est grièvement blessée d'une balle dans la tête. Cet attentat censé la faire taire l'a au contraire confortée dans son engagement en faveur de l'éducation des filles dans son pays et, au-delà, des millions d'enfants non scolarisés de par le monde. Ce livre est le récit bouleversant d'une famille exilée à cause du terrorisme, de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l'ont encouragée à s'instruire, à écrire, à dénoncer l'insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l'accès au savoir.

  • Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné par sa race à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés...
    Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. « Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.



  • terre et cendres

    Atiq Rahimi

    Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l'Union soviétique. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons... C'est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n'être pas entendu. Terre et cendres, porté à l'écran par Atiq Rahimi, a obtenu au Festival de Cannes 2004 le prix " Regard vers l'avenir ".

  • Chékéba Hachemi avait 11 ans lorsqu'elle a quitté l'Afghanistan pour rejoindre le Pakistan. Seule, elle suit un passeur dans des montagnes escarpées. À 25 ans elle s'engage aux côtés de Massoud dans son combat contre les talibans, pour améliorer le sort de son pays et surtout les conditions de vie des femmes afghanes. Dans ce témoignage, elle retrace ses victoires, ses erreurs et ses échecs. Et montre comment les petites histoires font la grande.

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