Un si long silence

  • Coucou  ! Nous nous appelons Lila, Tina, Mathilde, Léo & Hakim... Nous avons à peu près ton âge et nous aimerions partager avec toi des petites expériences de vie. Cela te permettra d'en parler avec les adultes qui s'occupent de toi, d'exprimer tes émotions, de raconter à ton tour ce que tu vis à l'école ou à la maison...«  Quand j'ai joué mon spectacle Les Chatouilles, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui s'interrogeaient sur la manière de parler à leurs enfants de la violence, mais sans savoir comment faire. Cela m'a donné l'envie de créer, avec Mathieu Tucker, un ouvrage ludique et joyeux qui ouvre le dialogue entre les petits et les grands.  »  L'autrice  : Andréa Bescond Danseuse, comédienne, scénariste et réalisatrice, Andréa Bescond mène une carrière artistique aussi brillante qu'éclectique. Après avoir collaboré avec les meilleurs chorégraphes et dansé sur de nombreuses scènes, elle fait ses premiers pas au théâtre en 2009 avec  Les 39 marches. En 2014, elle écrit  Les Chatouilles ou la danse de la colère, mise en scène par Eric Métayer. La pièce reçoit  plusieurs prix prestigieux dont le Molière 2016 du «  Seul/e en scène  ». Cette pièce, qui raconte les violences sexuelles qu'elle a subies enfant, est adaptée au cinéma par elle et Eric Métayer en 2018 (César de la meilleure adaptation 2019). Depuis qu'elle est sortie du silence lié à ce traumatisme, Andréa se bat pour faire entendre la voix des plus fragiles et lutter contre les violences faites aux enfants. «  Et si on se parlait  ?  » est le premier livre qu'elle leur adresse directement.
    L'illustrateur  : Mathieu Tucker Illustrateur, graphiste et directeur artistique, Mathieu Tucker est diplômé de l'école des Arts décoratifs de Paris.

  • Une question d'âge

    Evelyne Pisier

    • Stock
    • 5 Janvier 2005

    Les livres racontent souvent une adoption qui se passe bien. Les parents ont éprouvé de grandes difficultés avant de découvrir leur enfant, il y a inévitablement une période d'apprivoisement, d'apprentissage des deux côtés, mais tout le monde finit par y arriver, se trouver et construire. Le roman d'Évelyne Pisier raconte bien l'attente et les difficultés que tout couple « adoptant » éprouve mais, dans cette histoire, ces premiers instants sont sans doute les plus simples et les plus logiques. Une question d'âge nous montre, sur dix-huit ans, une adoption qui se passe très mal, où l'enfant - ici une petite puis une jeune fille - ne supporte pas sa situation d'enfant « illégitime », l'absence de liens sanguins. C'est l'histoire d'une rébellion permanente, d'un enfer vécu par une mère et un père très aimants mais impuissants, et forcément maladroits dans leur amour et leur impuissance. Parce qu'il est écrit sans complaisance ni fioritures, ce roman, qui prend parfois les allures d'un témoignage, surprendra par sa force et son incorrection, et surtout par toutes les vérités qu'il révèle. Tout ce qui n'est pas bon à dire, tout ce qui est tu dans la plupart des cas s'exprime dans Une question d'âge, avec humour aussi, et un aplomb teinté d'une tendresse infinie.

  • Une petite ville de Virginie, dans les années 1950. Les femmes sont sophistiquées, les hommes savent faire des cocktails, tout le monde a la classe, particulièrement les Goolrick. Mais tout ce qui se passe à la maison est absolument tu à l'extérieur, y compris, et surtout, la férocité des membres de cette famille qui compte trois enfants brillants. Premier roman.

  • « Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.

    C'est l'histoire d'une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l'été.

    C'est le récit incandescent d'une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

  • Comment comprendre les relations et les catégories de la parenté dans le monde contemporain? Là où le sens commun voit parfois de véritables «révolutions» dans les changements à l'oeuvre, l'ouvrage montre les nuances de diverses (re)configurations dans les espaces intimes et publics sur des thématiques allant de l'inceste à la procréation médicalement assistée, des sans-papiers au polyamour, de l'Algérie au Mexique en passant par la Belgique et la Corée.

  • Françoise Héritier est partie d'un constat : le petit nombre des types terminologiques existant en matière de parenté dans les sociétés les plus diverses. Elle a cherché à mettre en évidence les lois qui les fondent à travers les notions d'identité et de différence sexuelle.
    De l'identité et de la différence en matière de sexe dérivent des combinaisons logiques qui rendent compte non seulement des terminologies, mais également des structures d'alliance.
    À partir du cas des Samo de Haute-Volta, l'auteur démontre l'existence de stratégies matrimoniales particulières des consanguins selon qu'ils sont de même sexe ou de sexe différent, et interroge la transposition de ce modèle à d'autres sociétés, dont la nôtre.

  • Dans son ouvrage Les deux soeurs et leur mère Françoise Héritier propose une explication de la prohibition de l'inceste, selon laquelle les interdits sexuels et matrimoniaux s'expliqueraient par le fonctionnement de l'esprit humain qui oppose l'identique et le différent. Cet ouvrage est une mise à l'épreuve anthropologique de cette théorie. En expliquant une constitution sociale comme la prohibition de l'inceste par les structures universelles de l'esprit, n'est-on pas condamné à oublier que les structures sont générées socialement ?

  • « Arrêtez. Il y en a trop. Ça n'est plus crédible.
    J'ai beau savoir, et ma cousine a beau me fournir de son côté des informations toutes plus criantes de vérité, je refuse de continuer l'inventaire. La nausée me prend, la tête me tourne.
    Ils sont trop nombreux, c'est trop systématique. Et pourtant jamais pareil.
    Pourquoi tenter de reconstituer la généalogie de ces chaînes d'abus, de meurtres psychiques, de saccage, pourquoi se faire du mal en cherchant à s'approcher au plus près de ce qui s'est vraiment passé? Parce qu'il faut raconter ce que ces gens si bien élevés, ces bons bourgeois français, se sont autorisés à faire subir à leurs rejetons, petits, fragiles, tellement dépendants d'eux. Et tâcher de le dire dans le détail. Omettre ou minimiser la réalité serait encore ménager les agresseurs. Il faut aussi essayer de comprendre, analyser. Expliciter comment sur quatre générations - et je n'écris peut-être que pour stopper la malédiction -, en toute impunité, tant de personnes ont instrumentalisé, maltraité leurs enfants, sans jamais être inquiétées.
    La loi des grands nombres me délie soudain de ma peur, de mes hontes et du silence imposés. » A l'issue de la parution de Noces de charbon à l'automne 2013, une cousine lointaine de Sophie Chauveau prend contact avec elle, éberluée de constater que la romancière semble avoir subi une enfance et une adolescence similaires à la sienne, c'est-à-dire totalement saccagées par les comportements incestueux de leurs pères. Cette coïncidence fait tristement écho à des rumeurs entendues dans leurs familles respectives sur des ancêtres eux-mêmes soupçonnés de crimes sexuels. Elles commencent alors une sorte d'enquête, épouvantable et nécessaire inventaire dressant peu à peu la liste d'une telle quantité de pervers et de victimes dans cette famille hors normes que leur témoignage unique et édifiant prend une force inouïe.

  • « Elle ne sent pas les méduses s'immiscer en elle ce jour-là, elle ne sait pas qu'elles vont la déporter de sa route, l'attirer vers des profondeurs désertes et inhospitalières, entraver jusqu'au moindre de ses pas, la faire douter de ses poings, rétrécir année après année le monde qui l'entoure à une poche d'air sans issue.Personne ne la prévient, personne ne lui explique, le monde s'est tu. »Quand ses parents trouvent Adélaïde muette et en pleurs, elle ignore ce qui lui est arrivé. Ils l'emmènent au commissariat et portent plainte contre X pour attouchements sexuels. Elle grandit sans rien laisser paraître, le sourire aux lèvres. Des années de souffrance et de solitude, à se battre contre les méduses.Vingt-trois ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Un suspect a été arrêté. Tout s'accélère.Un style franc et poétique et une vraie qualité de récit. Leïla Slimani, Le Monde des livres.Un long cheminement vers la lumière. Un texte bouleversant et précieux. Au sens de rare. Et d'essentiel. Nedjma Van Egmond, Journal.Ce livre autobiographique torrentiel est d'une force réparatrice inouïe. Une écriture brillante et viscérale. Leïla Slimani, Le Monde des livres.

  • Sandrine Rochel raconte son combat judiciaire pour faire reconnaître l'inceste dont elle a été victime, et de la part de son père, et de celle de sa mère.

    C'est l'histoire d'une résilience et d'un combat qu'elle a gagné : son père a été condamné à sept ans de prison ferme et sa mère à cinq ans.

    C'est la première fois qu'un couple de parents est condamné et que l'inceste maternel est dénoncé de la sorte.

    Notre société est aujourd'hui un lieu où les faits divers et crimes sont systématiquement relatés au public, où l'on culturalise le crime pour l'exorciser avec des films, des romans tels que « Petite table, sois mise » d'Anne Serre qui parle d'inceste sur un ton léger.

    Ici, l'auteur « remet les pendules à l'heure » et raconte son enfer, un témoignage cru et sans tabou, qui raconte par exemple la totalité du déroulement de son procès. Une réalité difficile à lire, mais indispensable.

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