Eric Baratay

  • Utilisant des témoignages écrits entre le milieu du XVIIIe siècle et le début du XXIe siècle, nourri d'éthologie et de sciences humaines et sociales, ce livre prolonge avec une audace entraînante le sillon original que poursuit Éric Baratay de livre en livre.
    Pour chacun des chats domestiques dont les sources permettent de reconstituer l'existence, l'auteur porte attention à leurs perceptions du monde, leurs sensations et leurs émotions, leur sensibilité et leur caractère, à leur expressivité corporelle, à leurs interactions avec l'environnement, les autres animaux et les humains. Se révèle ainsi, à travers des portraits serrés, la construction dynamique de ce que l'on peut appeler des cultures. Nous voici loin du portrait éternel du chat, indépendant, imprévisible, mystérieux, devenu un lieu commun. L'éthologie devient, sous la plume alerte d'Éric Baratay, une ethnologie.
    Chat de rue et de ferme, chat de compagnie, chat compagnon ou « chatchien », les chats montrent une grande plasticité de comportement. Ce livre établit qu'ils ont leurs cultures, changeantes, et donc leur histoire.

  • L'histoire, celle bâtie par les hommes, est toujours racontée comme une aventure qui ne concerne qu'eux. Pourtant, les animaux ont participé et participent encore abondamment à de grands événements ou à de lents phénomènes. Leurs manières de vivre, de sentir, de réagir ne sont jamais étudiées pour elles-mêmes, comme s'il n'y avait d'histoire intéressante que celle de l'homme. Comme s'il existait en nous une difficulté à s'intéresser aux vivants que nous enrôlons, mais que nous traitons comme des objets, indignes de participer à la marche de l'histoire. L'histoire vécue par les animaux est néanmoins, elle aussi, épique, contrastée, souvent violente, parfois apaisée, quelquefois comique. Elle est faite de chair et de sang, de sensations et d'émotions, de douleur et de plaisir, de violences subies et de connivences partagées. Elle n'est pas sans répercussion sur la vie des hommes, à tel point que ce sont leurs interactions, leurs destins croisés qu'il faut désormais prendre en compte. Elle est donc loin d'être anecdotique et secondaire. Il faut se défaire d'une vision anthropocentrée pour adopter le point de vue de l'animal, et fournir ainsi une autre vision de l'histoire, qui ne manquera pas d'intéresser notre monde inquiet de la condition faite aux animaux.
    ÉRIC BARATAY

  • Éric Baratay propose ici des tentatives inédites de biographies animales - récits de vie ou de fragments de vie - construites à partir des ressentis, perceptions et vécus des bêtes. On découvre sous un jour totalement inattendu la girafe du Jardin des plantes, l'ânesse de Stevenson Modestine, Warrior un cheval engagé dans la Première Guerre mondiale, le taureau Islero qui causa la mort de Manolete, mais aussi Consul et Meshie, deux chimpanzés humanisés, ainsi que les chiens Lazarus et Bummer ou encore Bauschan et Douchka. Croisant sources écrites, images photographiques et filmées et connaissance de l'éthologie et de l'environnement, l'auteur repousse les frontières de l'écriture de l'histoire pour se placer résolument du côté de l'animal. En accumulant des matériaux sur différents destins inscrits dans leur temps, en les comparant, il propose aussi de penser des époques et des générations animales. Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Lyon, spécialiste de l'histoire des animaux, Éric Baratay a notamment publié La Société des animaux. De la Révolution à la Libération (La Martinière, 2008, repris sous le titre Bêtes de somme. Des animaux au service des hommes, Seuil, " Points Histoire ", n°442, 2011) et Le Point de vue animal. Une autre version de l'histoire (Seuil, 2012).

  • Il y a eu la vache " folle " tremblante et flageolante. Et les gigantesques tas de carcasses, embrasés pour éradiquer la fièvre aphteuse. Il y a désormais les bêtes clonées, bientôt produites à la chaîne comme des boîtes de conserve. Ces faits ont frappé l'opinion. Par leurs conséquences humaines, mais aussi parce qu'ils révèlent combien les animaux sont devenus dépendants des hommes. Comment en est-on arrivé là ? Comment est-on passé de la domestication des premières espèces sauvages au dressage des pitt-bulls, devenus les meilleurs amis des délinquants pour attaquer ou combattre ? Que faut-il faire des ours des Pyrénées, des loups des Alpes, des palombes du Sud-Ouest pour lesquels s'affrontent chasseurs et écologistes ? Bref, faut-il avoir peur de cette mainmise croissante de l'homme sur l'animal ?Historien, spécialiste de l'animal, Éric Baratay est professeur à l'université Jean-Moulin de Lyon.

  • 11 millions d'équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Les tranchées ont également abrité des milliers d'animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, et d'animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l'aubaine. Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont fréquemment aidé les soldats à survivre dans l'enfer, à s'accrocher à la vie, à occuper leur temps. Mais, alors que les combattants de tous bords ont beaucoup évoqué ces compagnons de guerre, nous les avons oubliés. Ce livre invite à retrouver ces « soldats à quatre pattes » et tous ces animaux ayant vécu la guerre en empruntant leur point de vue, de manière à restituer leurs vécus, leurs actions, leurs émotions, leurs coopérations ou leurs résistances, leurs souffrances et leurs destins, afin aussi de mieux comprendre les attitudes et les sentiments des soldats. L'auteur nous convie à suivre l'itinéraire de ces bêtes des tranchées, de leur enrôlement à leur sortie de guerre, dans un panorama international des deux côtés du front ouest.

  • Comment l'animal est-il devenu la nouvelle icône de nos sociétés postmodernes ? Pourquoi a-t-il pris valeur de question politique ? En quoi occupe-t-il une place de choix dans la récente profession de foi écologique des grands chefs religieux, du pape François à l'imam Basher Masri, en passant par le patriarche Bartholomée, le lama Mathieu Ricard ou le rabbin Cohn Sherbock ? Allant à l'essentiel, Éric Baratay dresse ici l'aventure originelle et la chronique trois fois millénaire des relations entre les dieux et les bêtes. Traditions animistes amérindiennes, systèmes de sagesse asiatiques, révélations monothéistes de Méditerranée, christianismes d'Orient et d'Occident : cette histoire mouvementée recoupe en fait l'évolution générale des représentations humaines. Car les religions ont souvent hésité et varié au sujet des animaux, les cultes épousant les cultures qu'ils ont modelées mais qui les ont aussi façonnés. En montrant qu'il n'a jamais guère été de condition animale distincte de l'humaine condition, cet essai brillant interroge la notion même de civilisation.

  • L'animal sauvage n'a jamais cessé de fasciner les hommes. Afin de nourrir leur passion pour les collections, ils inventèrent les zoos, ces lieux uniques où s'exprime leur désir de dominer la nature pour mieux la connaître. Dans cet ouvrage passionnant et

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On ne peut plus s'en passer ! Quels nouveaux liens nous unissent à nos amies les bêtes ? Comment ont-ils évolué avec le temps ? À travers l'interview de trois experts (un vétérinaire comportementaliste, un historien et une philosophe), le livre explore les fondements de cette forte tendance sociétale. Dans une première partie, le vétérinaire Claude Béata décrit les ressorts de l'attachement entre homme, chat, chien ou perroquet. L'historien Éric Baratay raconte notre histoire commune dans une deuxième partie : que s'est-il passé de l'Antiquité à nos jours entre l'animal et nous ? Enfin, troisième partie, la philosophe Vinciane Despret s'intéresse à ce que nous apprend le comportement animal sur nous-mêmes. En guise d'épilogue, tous trois confrontent leurs points de vue dans une dernière partie.

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