Patricia Sorel

  • Fondée en 1833, l'imprimerie Plon devient une authentique maison d'édition au début de la iiie République et bâtit sa renommée sur la publication d'ouvrages d'histoire. Après la Première Guerre mondiale, elle se hisse au niveau des plus grands éditeurs de littérature générale en publiant des écrivains aussi prestigieux que Georges Bernanos, Julien Green, Robert Brasillach et Henri Troyat. C'est aussi pendant l'entre-deux-guerres que sont lancées plusieurs collections qui vont connaître une grande notoriété, notamment « Le Roseau d'or » et « Feux croisés », ainsi qu'une collection de poche, la « Bibliothèque Plon ». Profondément attachés à la défense des valeurs morales et religieuses, les dirigeants de Plon sont bonapartistes, maurrassiens, puis pétainistes sous l'Occupation. C'est pourtant à cette maison conservatrice que le général de Gaulle confie la publication de ses Mémoires de guerre. C'est aussi chez Plon que sont lancées, dans les années 1950, des collections aussi novatrices que « Civilisations d'hier et d'aujourd'hui », « Terre humaine » et « Tribune libre ». La Librairie Plon n'aura cependant pas la force de résister à la première vague de concentrations qui touche le monde de l'édition. Elle sera cédée à un groupe financier avant d'être revendue aux Presses de la Cité. Ce sont 130 années d'une des plus anciennes maisons d'édition françaises qui sont ici retracées, l'histoire de quatre générations d'éditeurs témoins de leur temps.

  • Proclamant la liberté de la presse et du commerce, la Révolution délivre l'imprimerie et la librairie du carcan de l'Ancien Régime. Dans la vaste province de Bretagne, le livre se « démocratise » en rompant brutalement avec le passé et les premiers journaux départementaux voient le jour. Le régime napoléonien porte un coup d'arrêt à la concurrence débridée de la décennie révolutionnaire et instaure un lourd système de contrôle de l'imprimé, qui va perdurer après la chute de l'Empire. Le commerce du livre connaît pourtant une nouvelle phase de développement sous la Restauration. Librairies et cabinets de lecture se multiplient dans toute la province, tandis qu'à Nantes la presse prend son essor. En 1830, au terme d'un demi-siècle où se sont succédés quatre régimes politiques différents, l'écart entre la Basse et la Haute-Bretagne s'est accentué. À l'aube de la révolution industrielle, c'est à Nantes et à Rennes que l'édition s'engage sur la voie de la modernité, tout en contribuant à l'affirmation d'une identité bretonne.

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