Philippe Rey

  • Histoire d'une improbable rencontre entre un millionnaire et une migrante

    Dans les brumes de la mer du Nord, Renaud, quadragénaire dépressif, coule des jours malheureux dans son immense maison de maître, malgré l'attention d'amis tout aussi perdus que lui : François, vieux chômeur lunaire, et Brigitte, investie auprès des migrants. Renaud a placé loin de là ses deux vieux parents détestés. Ni les rencontres régulières et souvent dangereuses avec Tarik, son dealer, ni les voyages sporadiques chez son excentrique tante Clarisse en Angleterre, ne viennent guérir son dégoût de l'existence. À la mort de sa vieille gouvernante, il recrute Teodora, jeune Salvadorienne taciturne, sans connaître son passé trouble au sein d'un des gangs les plus violents d'Amérique latine... Dans la grande demeure remplie d'œuvres d'art et de courants d'air, entre ces deux écorchés s'installe un étrange climat de méfiance et d'attraction.

    À travers les figures de Renaud, de sa famille et de ses amis, Emmanuelle Pirotte brosse un portrait vitriolé de notre Occident épuisé. Et esquisse la possibilité d'une rédemption grâce aux êtres venus d'ailleurs, comme Teodora, forts de leur rage de survivre. Avec un humour mêlé de tendresse, ce roman à l'écriture précise et imagée raconte le destin de Renaud et Teodora, entre Ostende, Bruxelles ou Douvres. Ces personnages intenses mais fragiles savent que leur accès à la beauté du monde doit passer par une profonde nuit. Sauront-ils rompre leurs digues intérieures pour atteindre l'aube d'une nouvelle vie ?

  • Je m'appelle Jim Carlos, je suis jardinier.

    J'ai disparu le 12 janvier 2021. Un de mes derniers chantiers s'est déroulé aux Prés Poleux, dans la propriété des Loubet : Arnaud et Laure. Lui est rédacteur en chef à la télévision, elle est professeure d'économie dans l'enseignement supérieur. Chez eux tout est aussi harmonieux, aussi faux qu'une photographie de magazine de décoration. Tout, même leurs cordiales invitations à partager des cafés ou des déjeuners au bord de leur piscine, vers laquelle je me dirigeais avec autant d'entrain que pour descendre au bloc opératoire...

    Vous trouverez dans ce livre les deux cahiers que j'ai écrits lors de mon aventure chez ces gens. Mais aussi l'enquête menée par la juge Carole Tomasi après ma disparition.

    Lebowski est le nom de mon chien. Tout est sa faute. Ou bien tout le mérite lui en revient. C'est selon.

    Maintenant il est mort.

    Et moi, suis-je encore vivant ?

  • Après plusieurs ouvrages consacrés à la Russie (Dictionnaire amoureux de la Russie, Saint-Pétersbourg, L'Âme russe, Avec Tolstoï...), Dominique Fernandez reprend ici ses riches questionnements sur ce peuple et ce pays qui le fascinent. Il médite sur les espaces infinis où les Russes se perdent, s'identifiant aux plaines et aux fleuves qu'ils regardent, ne plaçant aucune frontière entre eux et la nature. Il interroge les arts : la littérature d'abord, avec Pouchkine, Gogol, Tchékhov, Tolstoï, en démontrant combien ces auteurs ne proposent pas seulement de grands textes mais surtout des livres de vie ; le cinéma, avec Tarkovski, qui donnait comme personne au spectateur l'impression d'être lui-même l'auteur de ce qu'il voyait à l'écran ; la musique, à travers les grandes figures de Tchaïkovski, Prokofiev ou Chostakovitch ; la danse, avec Nijinski ou Diaghilev opérant, en compagnie de Stravinski, un bouleversement de toutes les habitudes mentales.

    Au hasard des Russies de Fernandez, on croise aussi le peintre Steinberg et sa solitude brillant comme une lumière au milieu de la nuit, le prince Dimitri Koutouchef, héros de Flèche d'Orient, roman de Paul Morand, qui ne résiste pas à l'attraction d'un « bon poêle chaud », des odeurs, des visages, des musiques de son pays où il va rentrer au péril de sa vie et de sa liberté. On rencontre aussi le jeune frère Boris du monastère de Valaam, confiant à l'auteur un cierge en lui demandant de l'allumer sur la tombe de l'écrivain Ivan Bounine en France, geste de fraternité d'un compatriote voulant transmettre à celui qui était mort en exil, un peu de russitude perdue.

    Un voyage au coeur des Russies de Dominique Fernandez, à la suite d'un des meilleurs (et plus enthousiastes) connaisseur dont on puisse rêver.

  • Septembre 2018. Paul, assistant-qualité, vide l'usine bretonne. Cinquante ans d'histoire partent à la benne. À Plaintel, on a fabriqué des masques à perte de vue : des masques de protection, des masques respiratoires, des sexys et des becs de canard. Alors que la fermeture semble inéluctable, c'est la vie entière de Paul qui tangue : ses enfants ayant quitté le nid, son épouse s'absente le soir pour rejoindre de nouveaux amis.

    Quand Paul découvre sur Facebook un appel à se rassembler sur les ronds-points, il se lance dans l'aventure, prêt à faire corps avec ces gens qui souffrent, comme lui, depuis trop longtemps. Sur la départementale, il y a un monde fou, ça klaxonne, ambiance bon enfant. Paul retrouve son copain syndicaliste Dédé et croise Zozo le zingueur, une Fée et une Duchesse, des hommes et des femmes hauts en couleur, décidés à reprendre leur destin en main. Au point de donner à Paul la force de se battre pour la réouverture de son usine.

    Dans ce premier roman, Étienne Longueville raconte de manière épique l'histoire de l'usine de Plaintel, de ses ouvriers confrontés à une fermeture. Paul et ses amis tentent de survivre, côtoient les Gilets jaunes, traversent le confinement du printemps 2020, moment propice aux initiatives surprenantes... Car ces figures attachantes, pleines d'humour, révélatrices d'une France qui galère mais ne rend pas les armes, sont surtout des " braves ", enfin prêts à exercer leur pouvoir.

  • Un premier roman plein de verve sur une famille de la région parisienne, confrontée au départ en Syrie d'un de ses membres devenu djihadiste

    Goncourt du premier roman 2018
    Prix Première 2018
    Prix Régine Deforges du premier roman 2018

    Grand frère est chauffeur de VTC. Enfermé onze heures par jour dans sa " carlingue ", branché en permanence sur la radio, il rumine sur sa vie et le monde qui s'offre à lui de l'autre côté

    du pare-brise.

    Petit frère est parti par idéalisme en Syrie depuis de nombreux mois. Engagé comme infirmier par une organisation humanitaire musulmane, il ne donne plus aucune nouvelle.

    Ce silence ronge son père et son frère, suspendus à la question restée sans réponse : pourquoi est-il parti ?

    Un soir, l'interphone sonne. Petit frère est de retour.

    Dans ce premier roman incisif, Mahir Guven alterne un humour imagé et une gravité qu'impose la question du terrorisme. Il explore un monde de travailleurs uberisés, de chauffeurs écrasés de solitude, luttant pour survivre, mais décrit aussi l'univers de ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie : l'embrigadement, les combats, leur retour impossible en France... Émerge ainsi l'histoire poignante d'une famille franco-syrienne, dont le père et les deux fils tentent de s'insérer dans une société qui ne leur offre pas beaucoup de chances.

    " La vie ? J'ai appris à la tutoyer en m'approchant de la mort. Je flirte avec l'une, en pensant à l'autre. Tout le temps, depuis que l'autre chien, mon sang, ma chair, mon frère, est parti loin, là-bas, sur la terre des fous et des cinglés. Là où pour une cigarette grillée, on te sabre la tête. En Terre sainte. Dans le monde des gens normaux, on dit " en Syrie ', avec une voix étouffée et le regard grave, comme si on parlait de l'enfer. Le départ du petit frère, ça a démoli le daron. "

  • Un premier roman original, qui raconte l'apprentissage du bonheur de personnages attachants

    Désiré, balayeur de la Ville de Paris, trouve dans le métro une sacoche oubliée, contenant un ordinateur. Et lorsqu'il découvre à l'écran les premières pages d'un roman, cette lecture réveille en lui un enthousiasme bien enfoui depuis son départ de la lointaine île Maurice. Cet immigré à la vie humble, qui connaît les mots mais ne sait pas bien les écrire, sollicite l'aide de Marie, une bénévole en association, pour adresser un courrier des plus audacieux à l'auteur : l'ordinateur ne lui sera restitué que s'il donne une suite à l'histoire.

    Débute alors la correspondance entre Désiré et l'apprenti romancier Alexandre, cuisinier d'origine bretonne, sous le coup d'une rupture amoureuse. Comme, justement, Alexandre ne sait quoi faire de Sophie – son personnage victime d'un mal rare, mais réel : le syndrome de l'accent étranger –, il va mettre Désiré à contribution en lui demandant des idées.

    L'aventure commence pour ces deux hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer : un cheminement sensible, drôle, douloureux aussi. Au long de ce premier roman jubilatoire plein de surprises, les différents protagonistes s'aideront-ils mutuellement à surmonter leurs blocages pour donner un nouveau sens à leur vie ?

  • Les itinéraires poétiques d'un intellectuel africain à travers le monde

    Ce texte célèbre le voyage et son charme essentiel : la rencontre de l'inattendu. Felwine Sarr y évoque les lieux qu'il découvre lors de ses pérégrinations, mais aussi les paysages intérieurs que ceux-ci dessinent en lui. Car si le voyage est une déambulation sensible sur les chemins du monde, il est parfois immobile et se fait au point nul de l'errance.

    Des endroits de son enfance au Sénégal jusqu'aux villes visitées – Kampala, Douala, Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis... –, l'auteur donne à voir, à sentir et à entendre le quotidien, ses angles morts et ses lignes de fuite : les seaux pleins de mollusques portés par des femmes qui " marchent sur l'eau " vers l'île de Kooko, le rythme d'un fado entonné dans une rue de Lisbonne, ou la saveur toute particulière des derniers mètres d'une course à pied... Justesse d'une poésie oubliée du monde, rugosité de ses échos troublés.

    L'île de Niodior est la matrice, un point d'ancrage et de désancrage où Felwine Sarr revient périodiquement. Car si les voyages provoquent l'émerveillement face à l'ailleurs, ils sont surtout un retour à soi-même, et une invite à écouter ses voix les plus intimes.

  • Qui parle en vous ? Qui vous raconte les histoires qu'à votre tour vous transmettrez ? Pour répondre à ces interrogations, Gisèle Pineau a choisi de remonter le cours des vies de quatre femmes. Celles qui l'ont construite.

    Angélique, l'ancêtre esclave, qui connut les temps perturbés de l'abolition puis du rétablissement de l'esclavage, gagna sa liberté et finit par épouser le Sieur Pineau. Julia, la grand-mère, profondément attachée à son pays Guadeloupe, mais contrainte à l'exil pour fuir un mari trop violent. Gisèle, la grand-tante, qui se laissa mourir de chagrin à vingt-sept ans, après avoir perdu son jeune époux. Et puis Daisy, la mère, qui, au plus gris de l'exil et de ses malheurs, se tint toujours debout pour ses enfants et rêva sa vie dans les romans d'amour.

    Avec son livre le plus personnel ? et peut-être le plus émouvant ?, Gisèle Pineau fait revivre ses quatre femmes dans la « geôle noire » de la mémoire. Quatre femmes, quatre époques de l'histoire antillaise, quatre inoubliables destins.

  • Un roman subtil sur la décomposition d'un couple dans Paris confiné

    Bernard est libraire dans le neuvième arrondissement de Paris. Marié depuis quinze ans à Corinne, directrice d'une agence de voyages qui se rêvait autrefois pianiste, il trouve dans son couple l'harmonie d'une vie paisible. Jusqu'à ce mois de mars 2020 qui les oblige à se calfeutrer avec leurs deux enfants, Cédric et Laure, dans leur appartement situé au-dessus du magasin de Bernard.

    Entre inquiétude et ennui, l'heure de la promenade devient vite le rendez-vous le plus important de la journée. Bernard en profite pour aller avec son fils jusqu'aux limites de son quartier, explorer la Nouvelle-Athènes à la recherche des innombrables célébrités littéraires et artistiques qui l'ont habitée. De Bizet à Zola, de Berlioz à Tourgueniev, de Van Gogh à Claude Nougaro, c'est un quartier méconnu qui s'offre aux protagonistes dans le silence des rues parisiennes. Tandis que lui se promène, Corinne, dont les sorties se bornent à faire les courses et à observer les nouvelles règles du commerce, supporte de moins en moins bien la solitude et la privation de tout rapport social...

    Avec délicatesse, Dominique Fernandez interroge la nature des sentiments de deux êtres surpris dans leurs habitudes et confrontés de manière inattendue aux confins de leur amour.

  • Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d'une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
    Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l'après, le vide, l'organisation des adieux, les ados qu'il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent... Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l'enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
    Loin d'être l'épanchement d'une mère endeuillée ou un mausolée - puisque l'humour n'y perd pas ses droits -, ce texte est le roman d'une résistance à l'insupportable, où l'agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d'un belvédère d'où Camille et moi pouvons encore, radieuses, contempler le monde ».

  • Après avoir passé plusieurs années dans un institut psychiatrique, un jeune adulte met à exécution, pour s'évader, un plan des plus ambitieux. Car c'est long, cinq ans attaché à une table avec pour seule compagnie l'écho de sa propre voix. Son isolement l'en a convaincu : sa mère, qu'il n'a presque pas connue, a dû être horrifiée en apprenant ses méfaits, lui qui a pourtant été reconnu criminellement non responsable. C'est pour la retrouver enfin qu'il s'enfuit.

    Commence alors la délirante cavale de cet écorché de la vie qui, pour échapper aux forces de police et intimider les badauds, va se faire tatouer une cible rouge au milieu du front, adopter un chihuahua, et trouver refuge dans la rue aux côtés des marginalisés. Jusqu'au jour où ses errances le mènent à Maple, une prostituée qui lui chavire le coeur. À scruter son visage, n'y verrait-il pas un peu de lui-même ?

    Dans une langue truculente, inventive et audacieuse, David Goudreault met en scène un enfant perdu, en lutte avec lui-même et contre une société qui isole au lieu de soigner et d'accompagner.

  • L'ouvrage d'un piéton aussi amoureux que connaisseur de Venise

    Loin de l'image d'une ville-musée à la confluence des arts, Venise vibre de toute la gaieté italienne. Une douceur, un plaisir de vivre qui jaillissent des tableaux de Giambattista Tiepolo, de la musique de Vivaldi, du théâtre de Carlo Goldoni, des aventures de Casanova.

    Une dévotion aux sens à laquelle s'ajoute un esprit profondément républicain, ouvert au monde.

    Dominique Fernandez nous raconte le glorieux passé de cette ville si singulière posée sur les eaux, décrit le développement de l'art, rappelle les navigateurs audacieux, et dessine les contours de sa Venise personnelle en n'oubliant rien des lieux phares comme la place Saint-Marc, l'Accademia, les Zattere ou l'église San Zanipolo. Il cite avec bonheur les grands écrivains voyageurs qui ont aimé Venise et ont été inspirés par elle : George Sand, Alfred de Musset et son frère Paul, Théophile Gautier, Joseph Brodsky, ou encore le romancier anglais Frederick Rolfe.

    Illustré par de splendides photographies de Ferrante Ferranti regroupées dans un cahier hors-texte, cet ouvrage redonne ses couleurs à la " cité des Doges " et révèle nombre de mystères vénitiens. Il offre ainsi au lecteur une promenade d'une érudition sans pareille, guidé par un piéton amoureux de la Sérénissime.

  • Alors qu'elle vient de perdre Camille, sa fille de seize ans, Sophie Daull se penche sur le passé de sa mère, Nicole, une femme mystérieuse, disparue elle aussi, il y a trente ans. Munie de maigres indices - quelques lettres et photos tenant dans une boîte à chaussures -, elle entreprend de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu, les visages qu'elle a connus, et tente de reconstituer ainsi une existence troublante. À larges aiguillées joyeuses, poétiques ou bancales, l'auteure va coudre passé et présent, fiction et réalité, grand-mère et petite-fille, dans ce roman en forme d'enquête généalogique, qui vagabonde dans la France de l'après-guerre jusqu'aux années 80. Se dessine ainsi la figure de Nicole, dont la frêle beauté et la timidité intriguent, porteuse d'une énigme qu'elle semble elle-même ignorer, chahutée depuis l'enfance par les rudesses d'une vie sans ménagement. Nicole, que le lecteur débusquera avec émotion derrière ses larges lunettes et la fumée de ses Gitanes...

  • La quête de sens bouleversante d'une femme en soif d'amour et d'absolu

    Poète culte, Marie-Maude Pranesh-Lopez est une énigme, tant pour ses adorateurs que pour ses détracteurs. Pourquoi cette graphomane n'a-t-elle laissé qu'un unique recueil devenu best-seller partout dans le monde ? Et pourquoi sa biographie recèle-t-elle tant de zones d'ombre ?

    Fille ingrate, mère indigne, amoureuse revêche, trafiquante d'armes, mais aussi altruiste qui accueille les marginaux du Québec, Marie-Maude semble avant tout être une femme malheureuse. En sempiternelle fuite, elle est à la recherche d'elle-même, rongée de l'intérieur par un " trou blanc " innommable. Mue par des passions féroces et une soif d'aimer, elle vit des tragédies et des situations rocambolesques. " Une vie de funambule unijambiste progressant sur un fil barbelé ", pour son principal biographe.

    Dans ce roman polyphonique aux multiples rebondissements, David Goudreault entraîne le lecteur au cœur du mystère d'une femme. De son écriture forte, drôle et d'une constante tendresse pour ses personnages, il sème des textes épars, brillante constellation dont le sens apparaîtra dans les dernières pages, révélant alors une bouleversante vérité.

  • Adolescent en Haïti dans les années 70, tiraillé entre la crainte d'un père rigide et le désir d'explorer le nouveau continent de la sexualité, le jeune Carl Vausier choisit de faire confiance à sa propre nature. Dans la maison familiale d'abord, où la promiscuité interdit le moindre jardin secret, il se réfugie dans le saint des saints, la bibliothèque... Puis lors de virées dans les bas-fonds de Port-au-Prince, où les prostituées lui procurent le plaisir tant recherché, mais surtout lui racontent des femmes stupéfiantes, victimes de l'Histoire et de la cruauté des hommes.
    Sa véritable initiation sentimentale débute toutefois à la faveur d'une correspondance avec la mystérieuse Coeur Qui Saigne... Leur première rencontre est un fiasco : Carl ne revoit la jeune fille que des années après. Il ne cesse alors de vouloir la sauver de son tragique destin. Le roman devient celui de deux êtres voulant rattraper le passé, réécrire leur propre histoire, tandis qu'autour d'eux la violence redouble, que les militaires rôdent et agissent avec une brutalité inouïe.
    Gary Victor, dans ce superbe roman qu'on devine pour partie autobiographique, raconte aussi la naissance d'un écrivain : les débuts encouragés par ses parents, l'initiation chez un entreprenant poète, ses révoltes contre les injustices et les aberrations de son pays ? dont la mort absurde de son père à même le sol d'un hôpital, à 333 mètres du bureau du président de la République...
    Cette écriture foisonnante, avec son humour et sa liberté, n'est-elle pas la seule voie qui reste à Carl pour échapper à sa « maudite éducation » ?
    Sa véritable initiation sentimentale débute toutefois à la faveur d'une correspondance avec la mystérieuse Coeur Qui Saigne... Leur première rencontre est un fiasco : Carl ne revoit la jeune fille que des années après. Il ne cesse alors de vouloir la sauver de son tragique destin. Le roman devient celui de deux êtres voulant rattraper le passé, réécrire leur propre histoire, tandis qu'autour d'eux la violence redouble, que les militaires rôdent et agissent avec une brutalité inouïe.
    Gary Victor, dans ce superbe roman qu'on devine pour partie autobiographique, raconte aussi la naissance d'un écrivain : les débuts encouragés par ses parents, l'initiation chez un entreprenant poète, ses révoltes contre les injustices et les aberrations de son pays ? dont la mort absurde de son père à même le sol d'un hôpital, à 333 mètres du bureau du président de la République...
    Cette écriture foisonnante, avec son humour et sa liberté, n'est-elle pas la seule voie qui reste à Carl pour échapper à sa « maudite éducation » ?

    Né à Port-au-Prince, en exil permanent dans son tiers d'île comme il aime à le dire, Gary Victor, journaliste, dramaturge, écrivain, est l'auteur d'une oeuvre littéraire importante qui explore sans concessions les mondes intérieurs les plus singuliers. Son regard aigu sur la société et ses conflits fait de lui un auteur à la fois incontournable et inclassable. Il a publié une quinzaine d'ouvrages dont À l'angle des rues parallèles (prix du Livre insulaire, 2003), Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin (prix RFO, 2004), Banal oubli (2008), et Le Sang et la Mer (prix Casa de Las Americas, 2012).

  • Un livre exceptionnel qui permet de connaître la Sicile authentique

    Goût de la fête, amour du faste, exubérance théâtrale, violence dramatique, mais aussi : mutisme ombrageux, sentiment austère de la vie, attirance pour la mort, comment définir le génie sicilien ? Dans ce pays où les temples grecs voisinent avec les mosaïques byzantines, les mosquées arabes avec les églises baroques, toutes les civilisations se sont entrecroisées et mêlées. Terre chargée d'ans et d'histoire, et pourtant, malgré le poids des souvenirs archéologiques, restée d'une incroyable vitalité, témoignée par l'éclat de la littérature sicilienne, de Pirandello à Lampedusa, de Vittorini à Sciascia.

    Dominique Fernandez pratique depuis plus de cinquante ans la Sicile. Ce livre est le récit de ses expériences, de ses découvertes, de ses émotions. Il a grimpé sur les volcans, longé les rivages, exploré les déserts, visité basiliques, cryptes, palais, villas, cimetières, soufrières, mines de sel mais aussi, mais surtout, vécu en compagnie de Siciliens, dans des villages dont il raconte la pittoresque évolution, le passage, en moins d'un quart de siècle, des anciennes coutumes féodales à un timide apprentissage de la démocratie.

    Deux abondants cahiers hors-texte contenant des photographies de Ferrante Ferranti apportent au texte un commentaire visuel, qui nous plonge d'emblée dans l'atmosphère sicilienne, à la fois blanche et noire aux traits fortement contrastés, ou en couleurs comme la symphonie de la nature méditerranéenne. Jeux de la lumière et de la beauté, charme sensuel et grandeur antique, opulence et misère d'une île si attachante qui flotte au carrefour de l'Europe, de l'Afrique et de l'Orient.

  • « Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle.
    - Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel.
    Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit.
    Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour... » Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France.

    Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...


    La petite cloche au son grêle a été sélectionnée par de nombreux prix et festivals :
    - le Festival du Premier Roman de Laval 2009 - le Festival du Premier Roman de Chambéry 2009 - le Prix des Lycéens et Apprentis de Bourgogne 2008-2009 - l'Opération Premiers Romans Bibliothèques de Paris?/?Salon du Livre 2009 - le Prix Biblioblog 2009 - le Prix Complètement Livres ! 2009 - Alcatel Lucent?/?ARTE

  • Le portrait cru et satirique de la classe politique indienne actuelle, électrisée par la peur du terrorisme.

    Un immeuble s'est effondré à Mumbai. Coincé sous les décombres, un homme en piètre état révèle les mouvements en temps réel d'une adolescente sur le point de commettre le pire. Un détective apprenti poète est chargé de mener l'enquête et de la prendre en filature.

  • Le roman émouvant d'un bouleversement intérieur chez une jeune femme, déclenché par un fait divers.

    Un matin, la police entre dans un collège de Stains. Huit élèves, huit garçons, sont suspectés de viol en réunion sur une fille de la cité voisine, Fatima. Leur interpellation fait exploser le quotidien de chacun des adultes qui entourent les enfants. En quoi sont-ils, eux aussi, responsables ? Il y a les parents, le principal, les surveillants, et une professeure de français, Emma, dont la réaction extrêmement vive surprend tout le monde.

    Tandis que l'événement ravive en elle des souvenirs douloureux, Emma s'interroge : face à ce qu'a subi Fatima, a-t-elle seulement le droit de se sentir victime ? Car il est des zones grises où la violence ne dit pas toujours son nom...

    Avec beaucoup de justesse, Gabrielle Tuloup aborde la question de l'abus sexuel dans notre société. Le lecteur, immergé dans l'intimité de personnages confrontés à la notion de consentement et aux lois du silence, suit leur émouvante quête de réparation.

  • « Pourquoi je fais ce métier tellement ingrat ?
    Trente ans que je suis là... à l'hôpital psychiatrique...
    Là où la mort rôde à toute heure.
    Là où la folie est un aller simple.
    Là où la douleur s'expose sans fard.
    Là où on rit sans raison ni jugement.
    Là où les cris sont un langage ordinaire.
    Là où l'angoisse étreint et poisse. » Infirmière dans un service de psychiatrie depuis l'âge de vingt ans, Gisèle Pineau raconte, avec sobriété et intensité, ce métier « extraordinaire... puisqu'on se tient à l'extérieur, en bordure de la norme, du normal, de la normalité ». Elle revient sur son propre itinéraire : son arrivée en métropole, la faculté de Lettres et les petits boulots, les après-midis avec la vieille Lila aux souvenirs contrastés. Et surtout, elle fait partager son quotidien à l'hôpital, cet apprentissage permanent, et difficile, auprès des malades ? ces « fous » que la société ne veut pas voir, isole, et aide de moins en moins.

    Gisèle Pineau décrit l'ordinaire, les rituels, les délires des uns et des autres, les trop nombreux suicides qu'on ne sait pas empêcher, les dépressions profondes, la paranoïa sans limite, le manque de places dans les services, les crispations autour du 4 heures, les insultes parfois suivies de coups... Mais aussi ? cela arrive ?, les moments de répits lumineux, quand le dialogue et le rire parviennent à s'immiscer.

    Et toujours en arrière-plan, l'écriture, son formidable « délire à elle », l'infirmière-écrivain, vie parallèle inépuisable qui lui permet de trouver son équilibre.

    Ce livre profondément humain est un parcours d'humilité car, comme le répète un vieil infirmier à Gisèle Pineau : « Quand on soigne les fous, c'est nous-mêmes qu'on soigne, qu'on aide, qu'on réconforte. Tous ces grands malades sont des reflets de nous-mêmes dans le miroir. » Folie, aller simple a été sélectionné pour le Prix Pèlerin du Témoignage ? 5ème position (ex-aequo). Voir l'article sur le site de Pèlerin.

  • Au bord de la ruine, deux soeurs, Noélie et Julienne, et leur cousine Gabrielle essaient désespérément de sauver le domaine familial. Leur âge avancé ne leur offrant pas beaucoup de chances d'y parvenir, Noélie décide d'écrire un roman sur sa famille, dans le fol et naïf espoir d'un succès.
    Entre présent et passé se déroule donc la saga des Randan, propriétaires terriens aveyronnais dont le destin épouse les circonvolutions du xxe siècle : le massacre de la Grande Guerre, la difficile reconstruction et la crise. Rêves de richesse, d'amour ou d'émancipation se réalisent chez les uns, échouent chez les autres.
    Alors que Noélie est à l'oeuvre, les trois femmes acceptent d'héberger leur nièce Zoé, sans imaginer que cette fille de vingt-quatre ans, dépressive, alcoolique et un brin nymphomane, va bouleverser leur existence.
    D'une écriture ample, Nathalie Bauer raconte l'ascension et la chute d'une famille. Parmi toutes ces figures attachantes, émergent surtout les femmes qui, malgré les obstacles et les préjugés, sont les véritables piliers. Sans jamais renoncer à vivre libres et indomptées.

  • « La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, royaume de lexclusion. Cest là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue dune famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables au point de sattirer le surnom de « jumeaux ». Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades, tels des héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leur caractère, leur corps et leurs aspirations évoluent. Chez Beatrice, qui rêve de rédemption et dexil, lamitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir saccentue. Drames familiaux, désuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Et, quand lhéroïne sinsinue dans la vie dAlfredo, Beatrice, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue. Le bruit de tes pas est le récit de ces quinze années damitié et damour indéfectibles. Un premier roman âpre dune sobre poésie, une voix qui perdure longtemps dans lesprit de son lecteur.

  • En 1915, Raymond Bonnefous, étudiant en médecine, part pour la guerre, où il passera près de quatre ans dans l'enfer des tranchées, aux postes de secours où défile l'effarant cortège de blessés et de mutilés. Avec les autres médecins, dont ses amis Morin et Declercq, souvent au péril de leur propre vie, ils tentent de soulager la souffrance qui afflue vers eux. Mais aussi de l'oublier...

    Car ces « garçons d'avenir » ont envie de vivre. Employant leurs moments de liberté à monter à cheval, à s'amuser à Paris, à revoir leurs proches, à aimer aussi, ils sacharnent à renouer les fils de leur existence d'avant-guerre sans cesser de s'ouvrir à de nouvelles expériences. Ainsi, au mépris de tout, Bonnefous et Declercq se lancent dans une singulière relation avec la fraîche et lucide Zouzou : derniers instants d'insouciance d'une génération qui voudrait prolonger un monde en train de disparaître.

    De l'horreur des combats quotidiens surgissent des êtres capables de trouver néanmoins une forme de bonheur. Paradoxe qui fait de ce texte magistralement écrit, solidement documenté, un des plus beaux romans consacrés à la Grande Guerre et à ceux qui tentèrent malgré tout d'y demeurer des hommes.



    Traductrice de l'italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer publie ici son troisième roman. Se fondant sur de nombreux documents intimes (carnets, photos, agendas) de son grand-père, dont certains sont reproduits dans ce livre, elle en a conservé la toile de fond historique, tout en trans­formant les protagonistes en héros de roman.

    « Un roman magique et généreux sur un aspect méconnu de la Première Guerre mondiale. » Mathilde Mahieux, La Croix « Un hymne à la vie, [...] des passages d'une grande intensité émotionnelle. » Véronique Marchand, Page « Avec ce troisième roman, elle se révèle une grande romancière. » Gilles Heuré, Télérama « Près de trois ans de travail, et un superbe livre. » Midi Libre « Un hymne à la jeunesse et à la vie, un pied de nez à l'enfer des tranchées. Une réussite ! » Anne Michelet, Version Femina Sélection des Libraires Fnac pour la Rentrée littéraire 2011 Figurait sur la liste des romans français sélectionnés pour le prix Fémina 2011

  • « C'est une soirée très ordinaire, dans un coin de la ville. Les papillons sont là. Ils tourbillonnent autour des lampadaires. Comme la lune est absente, les ampoules électriques s'emparent de l'idée de lumière : ils apparaissent alors mille fois plus fascinants. Les papillons s'en exaltent, s'en approchent, et en reviennent parfois. Le plus souvent, ils s'y brûlent les ailes. L'hécatombe est massive. Des centaines de dépouilles gisent au pied des pylônes. Les survivants tourbillonnent encore autour des lampadaires, mais ils ont les ailes plus ou moins estropiées. Rares sont ceux qui n'arborent pas quelque chose d'abîmé. Pour les papillons de nuit, l'aile délabrée est l'emblème du courage : le signe d'un début d'expérience du grand secret de la lumière. » Un jeune papillon se tient à l'écart des réverbères et préserve sa vie. Mais il sent bien qu'une expérience fondamentale lui échappe. Il s'en ouvre à un vieux papillon, lui aussi aux ailes intactes. Ce dernier n'en est pas forcément plus heureux et semble éluder ses questions, avant de l'entraîner dans un voyage initiatique à travers la ville, dans la nuit d'abord, puis au lever du jour vers le soleil. Ce conte philosophique, délicatement illustré par les dessins à l'encre de Chine d'Ianna Andréadis, mène le jeune papillon (et le lecteur avec lui) vers la résolution de la lancinante énigme de toute existence : quel est le sens d'une vie où l'on ne se met pas en danger ?

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