QUAE

  • Depuis la fin du XIXe siècle, l'anthropologie qui étudie l'unité de l'humanité dans la diversité de ses manifestations, n'échappe pas au partage entre nature et culture.

  • On a longtemps pensé découvrir les lois de l'apprentissage en soumettant un rat à l'épreuve du labyrinthe. Certes, si on le récompense, le rat « apprend » le parcours. Mais à quelle question le rat répond-il réellement ? Que signifie le labyrinthe pour lui ? Comment interprète-t-il la récompense ? Aujourd'hui, ...

  • Selon l'esprit du temps, tout en ce monde, serait évaluable. Ce qui se dérobe à l'évaluation serait donc suspect de collusion avec la médiocrité ou l'obscurantisme. Le travail n'échappe pas à cette logique et son évaluation objective est à la base des nouvelles méthodes de gestion, de management et d'organisation du travail. Pourtant, ...

  • Cet ouvrage met en évidence les limites de l´approche des services écosystémiques pour mesurer et évaluer monétairement les écosystèmes et l´usage que l´espèce humaine en tire. L´auteur montre comment cette approche a renforcé et multiplié les tentatives

  • L'expérimentation animale passe généralement pour être indispensable au progrès de la science et, par conséquent, au bonheur de l'humanité. Aussi a-t-elle été abandonnée, jusqu'en 1968, à la liberté la plus absolue. Cependant le droit, poussé par l'évolution des moeurs et des idées, s´infiltre partout et l´expérimentation animale n´échappe plus à son influence. La nouvelle directive de l´Union européenne du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, dont les principaux effets se feront sentir à partir de 2013, a ulcéré, sur de nombreux points, les associations de protection des animaux. Elle marque pourtant une nouvelle conquête du droit en créant les conditions de sa substitution à l´éthique sur laquelle, jusqu´alors, reposait essentiellement la protection des animaux destinés à l´expérimentation.

  • Léo Coutellec propose dans cet ouvrage de construire un espace de réflexion critique sur ce qu'il nomme la science impliquée. Nom d'une science qui prend acte de sa responsabilité, attentive aux conséquences, une science qui ouvre la possibilité d'un questionnement sur ses finalités, qui ne revendique plus sa neutralité axiologique pour affirmer son objectivité, la science impliquée vise au partage des savoirs et des pouvoirs liés à ces savoirs. Pour l'auteur, l'enjeu est de doter la science d'un nouveau principe démocratique qui permettrait, non pas de la sortir de la tourmente sociétale dans laquelle elle semble être prise, mais de la penser au pluriel dans la profondeur de son implication radicale au réel. Sa réflexion épistémologique sur les sciences rejoint celle de l'éthique.Issu d'une conférence donnée à l'occasion du 20e anniversaire du groupe Sciences en questions, ce petit ouvrage renouvelle les réflexions épistémologiques et philosophiques au sein de la démarche scientifique et notre façon de penser la responsabilité dans les sciences.

  • Comment le chiffre est-il devenu depuis 2006, date d´entrée en vigueur de la Loi organique sur les lois de finances, la pièce maîtresse d´une manière de gouverner dans laquelle la décision politique est soumise à une logique du résultat ? L´auteur s´interroge sur l´emprise actuelle de l´évaluation gestionnaire sur la définition de l´activité de gouvernement. Il montre comment elle affadit les pratiques démocratiques. Il aborde les formes de résistance que les agents de la fonction publique et les citoyens peuvent opposer à cette érosion.

  • La révolution managériale dans les institutions publiques, en lien avec la Révision générale des politiques publiques, modifie en profondeur le rapport au travail et l´activité des personnels. La recherche du résultat, l´avancement au mérite, le management par projet, l´obsession évaluatrice, produisent des tensions entre la culture du service public et la culture d´entreprise. Quels sont les paradigmes qui sous-tendent cette nouvelle gestion publique ? Comment analyser les effets psychologiques, idéologiques et organisationnels de ces pratiques managériales ? Comment agir face à ce mal-être au travail ? L´auteur examine en quoi ces questions concernent aujourd´hui le monde de la recherche. Il s´interroge sur le glissement qui s´opère dans l´évaluation de la recherche quand l´excellence est définie et mesurée quantitativement. Au-delà de la communauté scientifique, directement concernée, cet ouvrage s´adresse à toute personne curieuse des relations entre les secteurs public et privé. En favorisant la réflexion et l´analyse, l´auteur souhaite appeler à une résistance citoyenne, raisonnée et argumentée.

  • Après avoir brossé un panorama des fondements de l'éthique économique et sociale, Christian Arnsperger ébauche une analyse inspirée du fonctionnement de la société économique moderne. Catherine Larrère nous invite, pour sa part, à replacer la nature comme médiatrice entre les deux ordres rivaux de l'éthique et de l'économie, pour en faire une demeure accueillante et durable. D'où vient l'inflation contemporaine de la demande d'éthique ? Dans un troisième essai, Jean Ladrière nous livre sa réponse : de l'inefficacité de nos normes usuelles face à l'artificialisation croissante du monde par la science et la technique.

  • En 2016, trouver un équilibre entre ce qui est brevetable et ce qui ne l'est pas semble devenu vain : les partisans du brevet ont gagné une guerre commencée dans les années 1960. Mais la brevetabilité du vivant soulève encore les passions et porte à la discussion. Pionnière et experte de ces sujets depuis de nombreuses années, Marie-Angèle Hermitte pose ici la question qui fâche : où sont les gouvernants ? Dans ce petit ouvrage, elle nous expose les grandes évolutions des droits intellectuels dans nos sociétés. Elle nous montre combien l'accaparement des dispositifs juridiques par les acteurs industriels est un processus ancien, mené tantôt au grand jour, tantôt de façon subreptice. Le droit des brevets a toujours cherché à étendre son empire, substantiel et géographique. Les brevets sur le "vivant" sont longtemps restés au niveau des méthodes et des dispositifs. Dès la fin des années 1970, sous la pression constante des industriels de la chimie, les microorganismes passent sous l'emprise de la brevetabilité, surprenant presque les pouvoirs publics nationaux et européens. L'auteure examine quelle a été la stratégie des industriels, des offices de brevets et des pouvoirs publics pendant cette période. Elle nous montre combien la généralisation de la brevetabilité du vivant a provoqué chez certains agriculteurs, philosophes, juristes, scientifiques, ou dans l'opinion publique, des sentiments mêlés de sidération et de rejet.

  • L'espèce et l'individu constituent les entités fondamentales dont la biologie cherche à expliquer la genèse et le développement. Un autre cadre théorique est explicité ici, l'ontophylogénèse, qui fait se rejoindre, dans un seul processus de sélection naturelle, à la fois le développement de l'espèce et le développement embryonnaire.

  • Le clonage animal, les OGM à usage agricole, les huîtres triploïdes : les applications de la recherche sur le vivant soulèvent de nombreuses questions éthiques.
    Créé en 1998, le Comité d'éthique et de précaution de l'Inra (Comepra), devenu commun avec l'Ifremer en 2002, s'est efforcé de les identifier. Il a aussi renforcé l'attention des scientifiques sur la dimension éthique de leur activité. Lors d'une conférence-débat donnée en 2008, dont cet ouvrage est issu, les auteurs exposent la démarche adoptée par le Comepra et l'originalité des réflexions qu'il a suscitées.
    Ils indiquent notamment comment une réflexion éthique, distanciée des influences sociales, institutionnelles et politiques, peut rencontrer un questionnement né de la pratique quotidienne et des réalités de terrain.

  • Comment les scientifiques peuvent-ils participer aux controverses dont font l'objet certains développements techniques ? En injectant une sensibilité littéraire dans cette participation ! Telle est la thèse du petit ouvrage que vous tenez en main. Yves Citton propose de remplacer les débats délibératifs, inspirés de Jürgen Habermas et de la philosophie analytique, par des débats interprétatifs, nourris des sensibilités et des outils récents des savoirs littéraires. Ceux-ci permettent d'analyser les enjeux associés à la notion de pertinence et de questionner les jugements formulés au nom de la compétence. Au travers d'illustrations telles qu'un poème d'Henri Michaux ou une déclaration de faucheur volontaire d'OGM, l'auteur souligne la connivence profonde entre la recherche scientifique et l'interprétation littéraire. Et en guise d'ouverture finale, il suggère que notre société mondialisée gagnerait à pratiquer davantage la démocratie littéraire, en "littérarisant" ses dispositifs de communication et de débat.

  • Les scientifiques seront de plus en plus sollicités pour formuler des avis permettant aux "décideurs" de se prononcer en connaissance de cause, au point que cette activité spécifique d'expertise est désormais reconnue comme l'une des tâches constitutives du métier de chercheur. Partant d'une analyse de la nature particulière de cette activité, l'auteur développe une réflexion originale, riche de multiples propositions, sur l'organisation de cette mission au sein des organismes de recherche.

  • Les succès comme les excès de la biologie moléculaire se sont en partie construits sur la métaphore informatique du "programme" génétique. Henri Atlan s'interroge sur les implications de cette métaphore pour l'orientation des recherches et des interprétations scientifiques, mais aussi pour l'information destinée aux non-spécialistes, citoyens et décideurs. Des découvertes récentes concernant les prions, le clonage ou la biologie du développement viennent ébranler le modèle, relancer le débat sur les effets épigénétiques et soulignent les limites de ce nouveau réductionnisme. Les théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant, dont Henri Atlan fut l'un des pionniers, éclairent ces questions et permettent de les situer dans la perspective plus globale de l'évolution de la biologie moderne.

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