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François Bégaudeau
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"Les voisins disent toujours : les Moreau. Les copains disent : Jeanne et Jacques. Ils n'ont jamais dit Jacques et Jeanne. Pourquoi dans ce sens et pas dans l'autre ? Pourquoi Philippe et Brigitte, et pas l'inverse ? Encore un mystère, penserait Jacques s'il y pensait."
Jeanne et Jacques se rencontrent au début des années 1970, dans une petite ville de l'ouest de la France. Elle est secrétaire, écoute les chansons de Richard Cocciante et collectionne les cartes postales ; lui est paysagiste, construit des maquettes d'avions et soigne les tomates de son potager. Ensemble, ils vont s'aimer, se marier, donner naissance à un fils et partager cinquante années de leur existence. Leur histoire est celle d'un amour ordinaire, tel qu'il est vécu le plus souvent par la plupart des gens : sans bruit, sans larmes, et scellé dans la brièveté du temps qui passe. -
Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien.
Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien.
Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque. -
Ne rien dire, ne pas s'envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l'ignorance, au pied du mur. Montrer comment c'est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. Juste documenter la quotidienneté laborieuse.
Entre les murs s'inspire de l'ordinaire tragi-comique d'un professeur de français. Dans ce roman écrit au plus près du réel, François Bégaudeau révèle et investit l'état brut d'une langue vivante, la nôtre, dont le collège est la plus fidèle chambre d'échos.
Prix France Culture - Télérama. -
"Louis a demandé quand ce serait la fin du monde. J'ai dit : il n'y aura pas de fin du monde, mon chéri. Nous nous comporterons de façon responsable et le monde ne finira jamais."
Pendant leurs vacances estivales à Royan, les Legendre continuent d'appliquer les bons préceptes : on mange bio, on fait du sport, on éduque dans la bienveillance. Pendant que le père surveille sa progression en running, sa femme formule ses reproches avec positivité. La fille aînée pratique son anglais de manière ludique. Seul le petit dernier, Louis, tarde à performer. Il s'obstine à creuser des trous dans le sable plutôt que d'apprendre à lire. Chercherait-il une issue à sa famille calibrée pour le succès ? -
Histoire de ta bêtise
François Bégaudeau
- Fayard/Pauvert
- Littérature française
- 23 Janvier 2019
- 9782720216671
Tu es un bourgeois.
Mais le propre du bourgeois, c'est de ne jamais se reconnaître comme tel.
Petit test :
Tu votes toujours au second tour des élections quand l'extrême droite y est qualifiée, pour lui faire barrage.
Par conséquent, l'abstention te paraît à la fois indigne et incompréhensible.
Tu redoutes les populismes, dont tu parles le plus souvent au pluriel.
Tu es bien convaincu qu'au fond les extrêmes se touchent.
L'élection de Donald Trump et le Brexit t'ont inspiré une sainte horreur, mais depuis lors tu ne suis que d'assez loin ce qui se passe aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Naturellement tu dénonces les conflits d'intérêts, mais tu penses qu'en voir partout relève du complotisme.
Tu utilises parfois (souvent ?) dans une même phrase les mots racisme, nationalisme, xénophobie et repli sur soi.
Tu leur préfères définitivement le mot ouverture.
Si tu as répondu oui au moins une fois, ce livre parle de toi.
Prends le risque de l'ouvrir.
Romancier, essayiste et dramaturge, François Bégaudeau est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Deux singes ou ma vie politique (Verticales, 2013) et En guerre (Verticales, 2018). -
Non, en politique, les extrêmes ne se rejoignent pas. Ce livre démontre pourquoi.
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"Louisa rapporte ce qu'elle a retenu d'un tutoriel : les dépressifs d'aujourd'hui sont les gagnants de demain.
Je suis pas dépressif.
Ça va c'est pas une maladie honteuse non plus.
Pour Cristiano, si. Comme les hémorroïdes. Ou les troubles de l'érection. La dépression est la maladie des gens faibles que la meute s'ils naissaient loups déclarerait infondés à vivre."
Dans une France contemporaine fracturée, Cristiano, outilleur à l'usine Ecolex depuis quinze ans, est licencié. Peu après, il découvre les échanges érotiques de sa compagne Louisa et de son amant, un jeune cadre indolent. Tous deux n'auraient pourtant jamais dû se rencontrer. La réaction dramatique de Cristiano va pousser chacun à s'interroger sur les causes réelles de son acte. -
« Ce qui doit être tu au tribunal sera dit dans un livre. Nos livres sont infiniment plus audacieux que nous parce que tel un hold-up ils se mijotent à l'abri des regards. Parce qu'une fois achetés et vaguement lus, ils finissent sur une étagère, offerts au regard mais fermés, impénétrables, contenu dérobé, impossible de savoir ce qui se trafique à l'intérieur. »
Un jour de mai 2020, François Bégaudeau échange avec des camarades, sur son site à la fois personnel et public. Il commet, ce jour-là, une phrase qui lui vaudra de comparaître en justice pour diffamation à caractère sexiste et sexuel.
Ça, ce sont les faits.
Ces faits sont l'occasion pour l'auteur d'Entre les murs et d'Histoire de ta bêtise de mener un travail d'auto-analyse et un examen profond de nos contradictions contemporaines. Une fronde railleuse qui laisse place à une réflexion sur nos affects, l'art et la politique. -
Comment s'occuper un dimanche d'élection
François Bégaudeau
- Fayard/Pluriel
- Pluriel
- 11 Octobre 2023
- 9782818507391
« La question de voter ou non ne porte aucun enjeu.
Je suis un abstentionniste non prosélyte. Je ne fustigerai pas un votant, pas plus que je ne tiendrai un non-votant pour un camarade. Le vote ne devient un sujet que si les votants en font un sujet. C'est souvent le cas. Nombre de votants aspergent de sermons les non-votants, taxés d'incivisme, d'irresponsabilité, d'immaturité, d'individualisme. Les non-votants manquent à leur devoir de citoyens. Ils galvaudent la souveraineté politique qui leur a été gracieusement offerte par la démocratie. C'est ici qu'on est soudain tenté d'entrer dans le débat. De montrer aux électeurs ce qu'ils font quand ils élisent. D'observer qu'alors ils font tout sauf de la politique. »
FB
François Bégaudeau est l'auteur de romans, parmi lesquels Entre les murs (Folio, 2007), La blessure la vraie (Folio, 2012), En guerre (Folio, 2020), et d'essais comme Histoire de ta bêtise (Pluriel, 2021) et Notre joie (Pluriel, 2022). -
"Depuis vingt ans à vrai dire je n'ai plus cessé de rire. C'en est troublant, presque inquiétant, une anomalie car il y aurait plutôt de quoi pleurer, tragédies, saloperies, maladies, labeur de vivre, effroi de ne plus.
Toujours j'ai donné le change, mais aujourd'hui me trouve las d'esquiver et pressé d'admettre qu'en effet il y a quelque chose qu'il ne faut plus tarder à raconter.
Le temps est venu quoi qu'il m'en coûte de remonter à la blessure.
De remonter à 86.
À l'été 86." -
Finale de la Coupe d'Europe de football... À la fin de la deuxième mi-temps, juste avant les prolongations, un entraîneur livre d'ultimes conseils à ses joueurs et les exhorte à jouer juste. Mais entre franc-parler et digressions métaphysiques, ce discours déborde son sujet, et vient bientôt s'immiscer le récit d'un amour passé avec une certaine Julie. Chorégraphies amoureuse et sportive sont liées plus qu'on ne le croit.
Dans ce premier roman atypique, François Bégaudeau a su habiter une parole à la fois artificieuse et fébrile, badine et hallucinée. Le lecteur est emporté dans une logorrhée verbale, dont les à-côtés comiques redoublent le vertige mental, qui révèle les failles et les aveuglements de ce narrateur donquichottesque. -
Interlope rassemble des textes où François Bégaudeau s'amuse à démonter les automatismes du langage et les clichés de notre époque. Digressif, ironique, parfois tendre, il scrute la parole et interroge les concepts, oscillant entre la comédie du quotidien et la gravité du monde. Il explore tout autant les secousses politiques et culturelles que les fragments singuliers, dans une écriture vive et enjouée.
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"La France des années 70 est un banquet gaulois où l'on boit et mange en parlant fort sous le regard magnanime de nos hommes politiques punaisés au mur comme on place un patriarche en bout de table.
Moi je suis à l'autre bout, disposé à imiter ce qui passe, à devenir un adulte comme ceux qui me nourrissent, me servent des grenadines, me reprennent si je jure, me déposent à l'école publique. Bientôt je prendrai leur place, puis celle du patriarche. Une vie se sera passée et dedans il y aura eu de la politique, dès le début et jusqu'à la fin.
Elle ne s'est pas passée comme ça."
Ni manuel de conduite, ni texte prosélyte, ni justification complaisante, ni examen de conscience, ni autoportrait générationnel, Deux singes ou ma vie politique emprunte à l'ensemble de ces registres, tout en les détournant de leurs lieux communs. -
Ça s'ouvre sur un cadavre, livré par le narrateur à la "trop douce" Juliette. Elle qui d'habitude explique et guérit tout ne comprend pas. Comment l'étudiant bien éduqué qu'elle a aimé dix ans plus tôt en est arrivé là ?
Il va raconter. Il y passera la nuit s'il le faut. Il parlera cru.
Le prof de fac jadis humaniste va décrire un enchaînement nécessaire de faits arbitraires survenus à l'université de M., où victimes et bourreaux permutent, où le vengeur tombe dans la trappe qu'il a creusée. Où l'arroseur finit comme on sait.
Il voulait jouer avec le pire de l'époque, avec la dinguerie survoltée des réseaux sociaux, avec la concupiscence vernie de morale. Il était autant le jouet que le joueur, autant la plaie que le couteau.
Et maintenant il en rit. -
"- On commence par le mari.
- Aucun alibi.
- Tout assassin s'arrange pour en avoir.
- Il ne s'est pas donné d'alibi afin de ne pas passer pour l'assassin.
- Les amis présentent le couple Deligny comme très soudé.
- Seul un couple sait ce qu'il se passe dans un couple.
- Un couple en crise, ça se voit.
- Un couple qui ne couche plus, personne ne le voit.
- Si la fin du sexe était pousse-au-crime, beaucoup de couples s'entretueraient.
- Beaucoup de couples s'entretuent.
- Le signalement du visiteur ne correspond pas au sien.
- Cela au moins est sûr : la victime a été tuée par un homme.
- Ou par une femme.
- Cela au moins est sûr : la victime a été tuée." -
Le parcours de Guylaine de sa naissance jusqu'à ses 60 ans. Sa particularité : être née moche. Pendant des années elle va ruser à coup de maquillage et de vêtements pour s'arranger avec la réalité. Les défauts s'atténueront avec le temps. Ce récit résolument féministe est porté par les dessins délicats et émouvants de Cécile Guillard.
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"Quand on couche pas, même si on est convaincu que ça avance à rien, animal triste et tout, eh bien on est angoissé, assez connement je dois dire mais voilà. Alors on essaie de trouver des plans, avec même de l'amour des fois, ce qui complique les choses, ou au contraire ça les simplifie, enfin faut voir, il y a un peu de tout dans ce dossier-là."
Selon un subtil désordre chronologique, ce roman à épisodes brouille les pistes de l'existence de Jules, amateur de plans improbables, journaliste sportif et célibataire intermittent. De malentendus jouissifs en gags à répétition, l'auteur tient la chronique de ses aventures et fiascos parmi une dizaine de trentenaires des deux sexes. À moins que ce jeu de rôles archi-contemporain n'implose in extremis, pour s'ouvrir à une fantaisie sentimentale, assumée dans toute sa douceur. -
Une certaine inquiétude ; un athée qui croit un peu, un chrétien qui doute beaucoup...
François Bégaudeau, Sean Rose
- Albin Michel
- 3 Janvier 2018
- 9782226427021
Avoir la foi, y revenir, l'abandonner ou s'en passer : autant d'interrogations auxquelles nous avons cru, à tort, échapper. En réalité, pour beaucoup d'entre nous, la question de Dieu n'est pas réglée : l'échange épistolaire de deux écrivains quarantenaires, François Begaudeau et Sean Rose, nous montre combien ce sujet demeure vif, brûlant, inquiet.Le premier est un athée déclaré... tellement questionné par la geste du Christ qu'on pourrait dire qu'il croit un peu ; le second est un croyant pratiquant... tellement désorienté par les réalités humaines, trop humaines, qu'on pourrait dire qu'il doute beaucoup. Leur échange est une dispute théologique rythmée par la fureur de l'amitié. Leurs confidences sur des vies sinueuses font place au paradoxe : l'athée se baptise soudain « écrivain chrétien » quand le croyant lutte pour ne pas perdre une foi précaire. Il y a une impatience dans ces pages qui cherchent la vérité. Qu'attendent-ils chacun ? Une révélation ?
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"La Voix du Nord demande si les deux auteurs se sentent particulièrement concernés par le thème de ce soir, Écrire la vie.
Nous nous sentons particulièrement concernés. Nous ne voyons pas ce que nous pourrions écrire d'autre.
En poussant un peu, nous pourrions démontrer qu'écrire la vie est un pléonasme.
- Mais est-ce que ce n'est pas voué à l'échec ?
Nous pensons que si. Nous persistons néanmoins dans cette gageure. Nous serons bientôt au Salon du livre." -
Parce que ça nous plaît ; l'invention de la jeunesse
François Bégaudeau, Joy Sorman
- Larousse
- Hors collection Sciences humaines
- 10 Mars 2010
- 9782035857415
« Les voyages forment la jeunesse », « il faut bien que jeunesse se passe », « courir après sa jeunesse» Qui est-elle donc, cette jeunesse ? Tour à tour adulée, quand on parle pour elle, et réfrénée, quand elle prend la parole, la jeunesse n'est-elle pas une « invention » ? Et «les jeunes », ne seraient-ils rien d'autre qu'un groupe aux contours flous qui entendent surtout profiter de ce temps de la vie où tout est possible ? Ce livre évoque, avec humour et familiarité, « la culture jeune » et défend la philosophie de la jeunesse, sa rébellion comme sa passivité, son intégration comme son exclusion sans craindre de susciter la polémique.
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Les vampires sont partout : romans, films, séries, c'est l'invasion ! Face à cette déferlante, neuf grands écraivains français ont accepté de relever le défi : réinventer avec originalité et humour le mythe du vampire en faisant la peau aux clichés du genre.
Neuf nouvelles comme neuf bonnes raisons de lire ce recueil : parodique, romantique, gothique ou terrifiante, chacune nous plonge dans un univers et un imaginaire singulier... à nos risques et périls !
INÉDIT
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Isabelle est infirmière au service de chirurgie du centre hospitalier de Figeac, après des débuts dans des hôpitaux d'Ile-de-France. Au plus près du geste médical, François Bégaudeau fait le portrait d'une femme animée par la passion du soin. Isabelle est affectée par la mutation profonde que connaît l'institution médicale – restructuration, multiplication des actes, compression du personnel. Sa solitude face aux malades s'accroît. Mais son besoin de les soulager reste inébranlable.
François Bégaudeau publie des romans aux Éditions Verticales, dont Entre les murs, La Blessure la vraie, Deux singes ou ma vie politique. Il est aussi l'auteur de pièces de théâtre ( Le Problème, Un deux un deux, Non-réconciliés ). Son dernier livre est un abécédaire, D'Âne à Zèbre, paru chez Grasset. Site officiel : bégaudeau.info
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En mai 68, Renée, une jeune ouvrière de l'usine de piles Wonder, est emportée malgré elle par le flux de la grève générale. Au gré des rencontres et des événements, elle va gagner son émancipation. Étudiants et ouvriers, unis contre le patronat, c'est la collision de deux mondes qui vont s'entrechoquer. Rebaptisée " Wonder " par des étudiants bourgeois, Renée va vivre avec eux, découvrir leur système de pensée, la joute verbale, la culture, la politique et comprendre qu'elle vit un moment clé. Elle a pu entrevoir un univers foisonnant... où tout est à réinventer. Les lignes peuvent bouger.
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« Sur la banlieue on oppose parfois au discours catastrophiste (zone de non-droit) son symétrique (plein d'initiatives formidables). À équidistance de ces deux généralités se tient le réel de la banlieue. Des millions de gens singuliers qui essaient d'avancer dans la journée, la semaine, le mois, les années. Je voulais raconter une vie ordinaire, sans spirale délinquante ni miracle méritocrate. Depuis un an que je connais Fatima, qui travaille au Auchan de Neuilly-sur-Marne, son existence m'est apparue par bribes de conversation. Cette fois je lui ai demandé de tout me raconter, depuis le début. »
François Bégaudeau, écrivain