• En classe de 3e, Mohammed-Ali est discret et populaire. Pour lui, le collège ça roule. Tranquille. En apparence du moins, car il a une vie secrète. La nuit, il sort de chez lui pour aller taguer. Et surtout, il est amoureux d'Aimée, qui ne pense à rien d'autre qu'au football. Comment faire pour qu'elle le remarque ? Par chance, Mohammed-Ali peut compter sur le soutien de Lina et Margaux. En amour comme au football, il faut un plan de jeu. Il faut avoir du style.Il va inviter Aimée à voir un match au Stade de France.

  • Tropismes

    Nathalie Sarraute

    « Les tropismes, a expliqué l'auteur, "ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir". Vingt-quatre petits tableaux d'oscillations intérieures presque imperceptibles à travers clichés, lieux communs et banalités quotidiennes : vingt-quatre petits récits serrés, où il n'y a plus de trame alibi, plus de noms propres, plus de "personnages", mais seulement des "elle" et "il", des ils" et "elles", qui échangent leur détresse ou leur vide au long de conversations innocemment cruelles ou savamment féroces. [...] Textes très courts où une conscience jamais nommée, simple référence impersonnelle, s'ouvre ou se rétracte à l'occasion d'une excitation extérieure, recevant la coloration qui permet de l'entrevoir. » (Gaëtan Picon)
    « Mon premier livre contenait en germe tout ce que, dans mes ouvrages suivants, je n'ai cessé de développer. Les tropismes ont continué d'être la substance vivante de tous mes livres. » (Nathalie Sarraute, préface à L'Ère du soupçon)
    Initialement publié par Denoël en 1939, le premier livre de Nathalie Sarraute (1900-1999) est paru aux Éditions de Minuit en 1957, dans une nouvelle version où l'auteur avait retranché un chapitre pour en ajouter six nouveaux.

  • Le crocodile vagit, le grillon craquette, l'hyène rit, la mésange zinzinule, le criquet stridule... Que cachent ces sons ? Peut-on percer leurs mystères ? Que peuvent bien se raconter les animaux ? Du Brésil à la mer du Nord, de la jungle amazonienne aux étendues glacées de l'Arctique, des pleurs des petits crocodiles aux joutes sonores des éléphants de mer, le biologiste Nicolas Mathevon, spécialiste de bioacoustique, dévoile la diversité des vocalisations animales. Avec lui, nous apprenons comment ces langages leur permettent d'exprimer leurs émotions, de choisir un partenaire, de ruser, de savoir qui domine et qui se soumet, de marquer son territoire, d'appeler à l'aide...

  • " Renverser les rapports de pouvoir aboutit à inventer, à créer, à ouvrir les possibles de la poésie quotidienne des vies que l'on dit minuscules et qui n'en sont pas moins belles, et souvent d'une dimension échappant aux optiques altérées des détenteurs du pouvoir de la langue. " Cécile Canut La langue française est le produit d'une histoire. Elle s'est patiemment construite à partir du xviie siècle, à la faveur de préoccupations d'ordre plus souvent politique que culturel. Homogénéisée, fixée, standardisée au motif d'affermir l'unité nationale, la langue a progressivement mis de côté la diversité des pratiques langagières que, par ailleurs, librement, continue de recueillir l'activité de parole.
    Au nom de sa domination, la langue a entraîné des hiérarchisations propres à dévaloriser des formes non institutionnalisées ou non écrites remisées dans des catégories mal perçues : patois, dialectes, pidgins, mélanges, petit-nègre, etc. Au temps de la colonisation, ces hiérarchies ont été exportées afin d'imposer la langue dite civilisée du colon aux locuteurs des langues africaines mésestimées : sans écriture, sans complexité, sans " grammaire ", celles-ci n'étaient pas considérées comme de vraies langues. Il n'empêche : " kan " en bambara, ou " làkk ", en wolof, ne désigne pas tant la " langue " que " le parler " ou même toute manière de communiquer dont dispose un ensemble de personnes à un moment donné dans un espace donné... De sorte que c'est à une tout autre façon de penser le langage que nous porte la considération rendue aux pratiques langagières.
    Observer la vie du langage à partir de la notion de " parole " change la manière même d'appréhender la société et l'histoire. À travers les particularités liées aux interactions, aux dialogues, aux échanges que suppose ce terme, il paraît salutaire de vouloir repenser la perspective : à rebours de ce que montre un examen de l'imposition du discours managérial à dominante autoritaire en milieu néolibéral, parler constitue à la fois un devenir et un moyen d'émancipation.
    En observant l'éclosion d'une parole libre en 1968 ou plus récemment, en 2019-2020, celle des Gilets Jaunes, en se penchant sur la profusion langagière avec l'exemple du nouchi de Côte-d'Ivoire, ce livre se veut un retour à la parole comme force vive des rapports humains face aux rapports de pouvoir que cherche à instaurer la prévalence de " la " langue.

  • « L'art c'est comme le chinois, ça s'apprend », aurait dit Picasso. Il aurait pu ajouter que l'enseignement du chinois constitue un art à part entière. C'est ce que démontre Jean François Billeter dans son essai L'Art d'enseigner le chinois, adressé à tous les lecteurs, et non seulement aux professeurs ou étudiants de chinois.

    Dans cette réflexion sur le pouvoir des mots, il révèle toute la finesse requise pour enseigner cette langue en tout point différente de la nôtre. Comme la musique, le chinois, pour être compris, doit être pratiqué. Le lecteur est ainsi invité à s'approprier quelques phrases caractéristiques pour comprendre comment entrer dans cet idiome, même sans en être familier. Jean François Billeter se révèle être, en plus d'un brillant sinologue, un pédagogue modèle.

    Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.

  • Elle est là, tapie en nous. Nous la taisons, l'étouffons, l'exécrons. La « bête en nous » ramène à l'instinct, l'incontrôlable, l'immoral. S'éloigner d'elle nous rassure quant à notre place dans l'univers.

    Comment en sommes-nous arrivés à penser notre animalité par opposition à notre humanité ? Ce raisonnement a-t-il une réalité scientifique ? L'Homme est-il si différent des animaux ? A-t-il une intelligence à part ? Est-il seul à aimer, pleurer, rire ? À posséder une morale ou à faire la guerre ?

    À travers les découvertes fascinantes réalisées par des éthologues, des anthropologues et des archéologues, ce livre décrypte nos comportements à la lumière de leurs racines animales et déconstruit les idées reçues.

    /> De quoi changer en profondeur notre regard sur « le royaume des bêtes » dont nous faisons partie...

  • Ici c'est La Fourrière, un "village de nulle part" et c'est un enfant qui raconte : massacrer le chien de "la grosse conne de voisine", tuer le cochon avec les hommes du village, s'amuser au "jeu de l'arabe", rendre les coups et éviter ceux des parents.Ici on vit retiré, un peu hors-la-loi, pas loin de la misère aussi. Dans cette Guerre des boutons chez les rednecks, les bêtes sont partout, les enfants conduisent leurs parents ivres morts dans des voitures déglinguées et l'amitié reste la grande affaire.C'est un pays d'ogres et d'animaux errants, un monde organique fait de pluie et de graisse, de terre et d'os, où se répandent les fluides des corps vivants et ceux des bestioles mortes. Même le ramassage scolaire ressemble au passage des équarisseurs.Mais bientôt certains disparaissent, les filles vous quittent et la forêt finit par s'éloigner.D'une bagarre l'autre, la petite musique de ce premier roman vous emmènera jusqu'à l'adolescence, quand la douleur fait son entrée et que le regard change, dans les turbulences d'une langue outrancière au plus près du rythme de l'enfance : drôle et âpre, déchirante et fièvreuse, traversée de fulgurances.

  • Jean François Billeter démontre ce qui caractérise la langue chinoise, composée de mots monosyllabiques et invariables : ces mots sont reliés entre eux par des gestes intérieurs. Ils sont du même ordre que ceux qu'emploie le musicien pour lier les notes d'une partition musicale. Le sinologue apprend ainsi au lecteur à exécuter ces gestes, à les comprendre et à en éprouver la subtile beauté. Cet essai se fonde sur la conviction que ce n'est qu'en pratiquant le chinois, peu importe son niveau, qu'on pourra en avoir une connaissance minimale.

    Pas seulement à destination des spécialistes, l'ouvrage s'adresse à tout lecteur soucieux de mieux comprendre le phénomène extraordinaire du langage : universellement partagé, jamais parfaitement compris, et constamment en mouvement.
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    Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.

  • Un cahier pour s'entrainer en français avec des activités en graphisme, écriture, lecture, compréhension, langage. Avec des autocollants et un abécédaire.

  • Questions de sociologie

    Pierre Bourdieu

    • Minuit
    • 25 Février 2016

    « Ce qui circule entre les chercheurs et les non-spécialistes, ou même entre une science et les spécialistes des autres sciences, ce sont, au mieux, les résultats, mais jamais les opérations. On n'entre jamais dans les cuisines de la science. » Ce sont ces secrets de métier, ces recettes de fabrication, ces tours de main, que Pierre Bourdieu tente de livrer ici. En regroupant l'ensemble des réponses qu'il a faites, dans des exposés, des interventions orales ou des interviews, aux principales questions que pose la sociologie, il livre sous la forme à la fois directe et nuancée que permet le discours oral, des réflexions sur la méthode et sur les concepts fondamentaux de sa sociologie (champ, habitus, capital, investissement, etc.), sur les problèmes épistémologiques et philosophiques que pose la science sociale, en même temps que des analyses nouvelles sur la culture et la politique, la grève et le syndicalisme, le sport et la littérature, la mode et la vie artistique, le langage et la musique. En donnant accès au travail sociologique en train de se faire, il invite le lecteur non à s'identifier à une « pensée » toute pensée mais à se rendre maître d'une méthode de pensée.

    Ce recueil est initialement paru en 1981.

  • Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • C'est quoi, la langue maternelle ? Combien il existe de langues sur Terre ? Peut-on s'exprimer sans parler ? 16 questions-réponses sur un thème au coeur de nos vies, pour les enfants qui débutent l'apprentissage de la langue écrite et d'une langue étrangère.

  • Zuliette zozote. Avec l'aide de l'orthophoniste, elle va apprendre à bien prononcer les mots en faisant des exercices, comprendre comment fonctionnent les cordes vocales. Elle va aussi se rendre compte qu'il n'y a pas que des enfants qui vont chez l'orthophoniste. Après quelques séances et des exercices, elle pourra enfin prononcer son prénom correctement : Juliette.

  • Notre langage est devenu faible, accablé de néologismes et rongé par l'à-peu-près. En un mot : pauvre. Notre langage va mal. Ainsi le monde que nous déchiffrons. Comment sortir du chaos de l'approximation ? Comment nous réapproprier nos mots ?
    Songez que la plus simple marguerite contient en elle une perle, un rayon de lune et l'histoire d'un amour rarissime ; ou que le secret des confins, inaccessibles et inquiétants, est en réalité d'accueillir l'autre avec confiance.
    Avec 99 mots, Andrea Marcolongo dessine un atlas étymologique et nous montre comment et pourquoi l'histoire de ces mots est une boussole précieuse pour qui voudra bien s'en munir.
    Et si notre instinct de la langue et l'amour des étymologies donnaient le pouvoir de changer le monde ?

  • Cent sonnets

    Boris Vian

    Cent infâmes sonnets. C'est ainsi que devait s'appeler ce recueil à l'origine. Il comporte en réalité cent douze sonnets, rédigés au début des années 1940 par le jeune Boris Vian.
    Infâmes, ces poèmes ne le sont pas vraiment... sauf à considérer que les pieds de nez à la poésie, les alexandrins à treize syllabes et les calembours relèvent du sacrilège ! La poésie joyeuse de Boris Vian s'empare de toutes les thématiques chères à l'auteur - le cinéma, le jazz, les surprises-parties, l'anticléricalisme... - avec la même fantaisie langagière, le même humour où point parfois un brin de mélancolie. On y retrouve, en germe, le parolier de génie que deviendra Boris Vian.
    Dans le manuscrit autographe des Cent Sonnets conservé à la BnF figurent des illustrations réalisées à l'époque par Peter Gna, le beau-frère de Boris Vian. Cette édition présente pour la première fois au public le texte avec ces dessins burlesques qui l'ont toujours accompagné dans le plus grand des secrets.

  • Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n'aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d'avoir douze ans et demi (ce qui n'est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l'enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l'aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c'est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c'est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d'une sorte de maladie.

  • Les enfants se posent très tôt des questions sur le pouvoir et la force des mots : ceux qui font rire et ceux qui fâchent, ceux qui choquent, qui blessent ou qui font plaisir. Ceux que l'on n'a pas le droit de dire, mais que les grands utilisent et que l'on chuchote tout de même tout seul enfermé aux toilettes ou que l'on se répète dans la cour de récré.
    Voici donc 16 questions très pertinentes sur le sujet... et autant de réponses !
    - Pourquoi les adultes peuvent dire des gros mots et pas moi ?
    - C'est quoi, un gros mot ?
    - Pourquoi on dit un juron quand on se cogne le pied ?
    - Qu'est-ce qui nous pousse à insulter quelqu'un ?
    - Pourquoi tout le monde dit "merde" ?
    - Est-ce qu'on dit les mêmes gros mots partout ?
    - Qui a décidé que "boudin" serait un gros mot ?
    - Est-ce qu'on peut inventer des gros mots ?
    - Un graffiti, c'est comme un gros mot ?
    - Pourquoi ma grande soeur parle-t-elle mal tout le temps ?
    - Comment jurait-on avant ?
    - Est-ce qu'un geste peut être grossier ?
    - Ça peut faire mal, un gros mot ?
    - On peut aller en prison pour avoir mal parlé ?
    - Et si on ne peut pas s'empêcher d'en dire ?
    - Est-ce qu'il y a des gros mots gentils ?

  • Le premier souper

    Alexander Dickow

    De ce livre surgissent trois univers, une réfraction de trois perspectives, la révolte de l'opprimé, le conflit colonial, la guerre religieuse : un monde où faute de pouvoir s'alimenter, le prolétariat, incarné par les mineurs, ne mange que de la pierraille ; un deuxième où les hommes mènent une lutte acharnée contre des âmes venues d'une autre dimension qui moissonnent les chairs des êtres vivants ; puis la chronique de la persécution des allophages, répugnants personnages qui se nourrissaient de végétaux et de viande - autre que la leur. Dans la tourmente, quelques-uns témoignent que la rencontre demeure possible.
    Parmi ce théâtre d'ombres, celui d'un savant disparu, Ronce Albène, fait irruption, proposant des versions grinçantes de ces trois mondes en crise, les transformant en paraboles énigmatiques et désaxées. Son livre se dérobe : reste Le Premier Souper, ronde de cauchemars et de carnavals. 
    Les corps mis en scène ressemblent à des éruptions de besoins tous plus ou moins dépravés : dévorer, pénétrer, engloutir. Un roman qui admet des physiologies autres, primitives ou inouïes. Un premier roman en éclats, à la langue torrentielle, qui creuse jusqu'à nos tréfonds la question de l'appétit insatiable de l'homme envers les autres, envers le monde.

  • Pour étancher la soif, qui est une soif d'absolu, deux possibilités se présentent : la boisson et la drogue. Les uns boivent par peur de penser, d'autres par crainte de ne pas trouver plus sot que soi. Mais comment en sortir ? Le mystérieux "personnage de derrière les fagots" pourrait bien détenir la clef de l'issue : un « véritable mode d'emploi de la parole ». Des jeux de langage réjouissants se déversent à flots continus dans ce récit inclassable, entre la pataphysique de Jarry et la Divine Comédie de Dante. De page en page, le lecteur va de surprise en surprise, et l'auteur de dénonciation en dénonciation, celle des faux semblants et du bas matérialisme. Du cercle de la soif, le lecteur plonge dans les paradis artificiels, avant de retrouver « la lumière ordinaire du jour ».

    Entre 1922 et 1925, René Daumal (1908-1944) est élève au lycée de Reims, où il fait la connaissance de Roger Gilbert-Lecomte, Robert Meyrat et Roger Vaillant. Il se lance dans l'étude du sanskrit et multiplie les expériences sur l'état de la conscience dans les phases de sommeil. Avec ses camarades, il lance en 1928 une revue : Le Grand Jeu. Après la publication d'une recueil de poèmes Contre-ciel (1935) puis de La Grande Beuverie (1939), il se lance dans la traduction de textes hindous.

  • L'expression « droits de l'homme » reste un symbole fort de la société patriarcale, là où d'autres pays ont corrigé leurs textes en adoptant « droits humains », terme qui place les hommes et les femmes sur le même plan. La légitimité dont bénéficient les termes employés par les pouvoirs publics leur confèrent un poids tout particulier. Il est temps pour la communauté francophone dans son ensemble de prendre acte de la réalité des discriminations qui s'exercent contre les femmes et de modifier la langue française en conséquence pour éviter qu'elle y contribue.

    Ce livre manifeste rassemble écrits et dessins de personnes d'horizons divers (universitaires, comédiennes, avocates), connues ou méconnues, qui apportent un éclairage historique, linguistique et politique à cette requête.

    Géraldine Franck est la coordinatrice du livre et la préfacière.
    C'est une militante égalitariste active dans plusieurs collectifs. Côté féminisme, elle est passée par La Barbe, Genre et ville, Georgette Sand et Droits humains pour tou·te·s.

  • Avoir une approche bienveillante et encourageante dans son rôle de parent est capital. Il convient dès lors d'accompagner son enfant dans ses découvertes, dans ses succès comme dans ses hésitations, en le laissant adhérer, être inventif mais également en favorisant l'écoute, l'autonomie et la patience. Cet ouvrage a pour but principal de bien préparer l'enfant à l'entrée à l'école maternelle. Cette étape est le tout premier pas dans la vie scolaire de l'enfant. Elle est essentielle pour qu'il nourrisse son goût pour l'apprentissage et améliore sa confiance en lui. Cet ouvrage propose plus de 140 activités ludiques, variées et sans matériel onéreux pour stimuler les compétences requises en maternelle.
    - Des activités guidées en pas à pas, illustrées de dessins gais et didactiques.
    - Les grandes acquisitions pour chaque tranche d'âge, de la naissance à 3 ans et plus, avec des idées de mises en situation, adaptées au rythme de l'enfant.
    - Les éclairages de l'auteur, pédiatre réanimateur, chroniqueur de l'émission La Maison des Maternelles, pour éveiller l'enfant et favoriser son épanouissement.

  • En effet, à la différence de la domination et de la coercition, l'autorité est la parole du collectif, elle est le Tiers qui conditionne tout ensemble le langage et le rapport à autrui. Comment faire autorité dans la famille, à l'école, au travail ou en politique lorsque toute position d'exception se trouve par avance récusée, contestée, sinon méprisée ? Qu'est-ce qu'une société dans laquelle plus personne n'assume la position d'exception et les normes de la vie ensemble ? Quelles en sont les conséquences sur la construction psychique de l'autonomie et de la responsabilité ?

    Dans un dialogue constructif, Jean-Pierre Lebrun et Alain Eraly, appartenant à des disciplines différentes, croisent leurs approches et s'essaient à concevoir de nouvelles formes d'autorité au service du commun, plus respectueuses de nos valeurs démocratiques.

  • Dans ce texte fulgurant, Friederich rétablit les origines de la doctrine transhumaniste au sein de l'histoire des idées, afin de désamorcer la "coupure historique" que celle-ci tente d'initier. Ce faisant, il dénonce cette idéologie nouvelle qui tente d'améliorer grâce aux sciences la condition humaine mais ne fait que relever à ses yeux d'une profonde inhumanité. Il débusque notamment les procédés invisibles auxquels les "technoprophètes", comme il les qualifie, ont recours pour parvenir à leur fin. Sa critique se double par conséquent d'une dénonciation du capitalisme, dont le transhumanisme est entièrement tributaire. En s'attachant au corps seul, en niant l'esprit, le transhumanisme apparaît comme une dégénérescence du projet philosophique d'émancipation de l'homme.

    Alexandre Friederich a vécu vingt ans à l'étranger avant d'entreprendre des études de philosophie à l'université de Genève. Colleur d'affiches et cycliste, il vit actuellement entre Fribourg, l'Italie, l'Espagne et Mexico. Il a publié aux éditions Allia easyJet en 2014 puis Fordetroiten 2015.

  • De 1899 jusqu'à sa mort, Karl Kraus (1874-1936) fut le fondateur, et parfois l'unique rédacteur, de Die Fackel (Le flambeau), revue lue par les plus grands (Musil, Wittgenstein ou encore Adorno). Les milieux intellectuels et les journalistes redoutent cette plume acerbe, admirée par Thomas Bernhard et à laquelle Walter Benjamin rend hommage dans cet essai lumineux. Kraus fut un fin limier du langage et a su faire apparaître « le journalisme comme l'expression parfaite du changement de fonction du langage dans le capitalisme avancé ». Mais Benjamin ne fait pas que commenter des idées, il dresse le portrait sans concession d'un dramaturge qui fut aussi son propre personnage : « "Shakespeare a tout prévu" ; en effet ! Il a surtout prévu Kraus lui-même. »

    Walter Benjamin (1892-1940) a compté parmi ses interlocuteurs Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht. Il est l'auteur d'Origine du drame baroque allemand, Paris, capitale du XIXe siècle, Petite Histoire de la photographie préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique. Il s'exile à Paris en 1933. Lors de l'invasion allemande, il gagne l'Espagne pour s'embarquer pour les USA. Menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

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