• LA SAGA LES DERACINES Après Les Déracinés et L'Américaine, découvrez le troisième tome de la superbe fresque historique imaginée par Catherine Bardon. Au coeur des Caraïbes, en République dominicaine, la famille Rosenheck ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Jour après jour, Ruth se félicite d'avoir écouté sa petite voix intérieure : c'est en effet en République dominicaine, chez elle, qu'il lui fallait poser ses valises. Il lui suffit de regarder Gaya, sa fille. À la voir faire ses premiers pas et grandir aux côtés de ses cousines, elle se sent sereine, apaisée. En retrouvant la terre de son enfance, elle retrouve aussi Almah, sa mère, l'héroïne des Déracinés. Petit à petit, la vie reprend son cours et Ruth - tout comme Arturo et Nathan - sème les graines de sa nouvelle vie. Jusqu'au jour où Lizzie, son amie d'enfance, retrouve le chemin de Sosúa dans des conditions douloureuses.
    Roman des amours et de l'amitié, Et la vie reprit son cours raconte les chemins de traverse qu'emprunte la vie, de défaites en victoires, de retrouvailles en abandons.
    Guerre des Six-Jours, assassinat de Martin Luther King, chute de Salvador Allende... Catherine Bardon entrelace petite et grande histoire et nous fait traverser les années 1960 et 1970. Après Les Déracinés, salué par de nombreux prix, et le succès de L'Américaine, elle poursuit sa formidable fresque romanesque.
    " La saga qui nous transporte. " Olivia de Lamberterie,
    ELLE

  • « Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir [...]. Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. »
    Âgé de 16 ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif de Stuttgart, va devenir l'ami de Conrad von Hohenfels, lui aussi fils unique, et issu d'une grande famille aristocratique. Mais quand Hitler arrive au pouvoir, en janvier 1933, l'amitié est impuissante à surmonter le fossé qui s'ouvre entre eux."

  • éparses

    Georges Didi-Huberman

    • Minuit
    • 6 Février 2020

    C'est le simple « récit-photo » d'un voyage dans les papiers du ghetto de Varsovie. La tentative pour porter, sur un corpus d'images inédites réunies clandestinement par Emanuel Ringelblum et ses camarades du groupe Oyneg Shabes entre 1939 et 1943, un premier regard.
    Images inséparables d'une archive qui compte quelque trente-cinq mille pages de récits, de statistiques, de témoignages, de poèmes, de chansons populaires, de devoirs d'enfants dans les écoles clandestines ou de lettres jetées depuis les wagons à bestiaux en route vers Treblinka... Archive du désastre, mais aussi de la survie et d'une forme très particulière de l'espérance, dans un enclos où chacun était dos au mur et où très peu échappèrent à la mort.
    Images de peu. Images éparses - comme tout ce qui constitue cette archive. Mais images à regarder chacune comme témoignage de la vie et de la mort quotidiennes dans le ghetto. Images sur lesquelles, jusque-là, on ne s'était pas penché. Elles reposent cependant la question du genre de savoir ou, même, du style que peut assumer, devant la nature éparse de tous ces documents, une écriture de l'histoire ouverte à l'inconsolante fragilité des images.

  • « Je suis une fille de déportée. En relisant ces mots, j'ai un sentiment d'étrangeté et d'irréalité. Ma mère a été déportée. »Comment dire cette enfance singulière, ces parents qui parlaient avec un accent, ces toutes petites familles déracinées, ces traces de la Shoah sur la deuxième génération qui n'a pas connu les camps, mais a grandi dans le traumatisme de cette tragédie ?Danièle Laufer a recueilli les témoignages d'une vingtaine de femmes et d'hommes, comme elle nés de survivants des camps nazis. Tous ont estimé que l'heure était venue pour eux de parler afin de transmettre la mémoire de ce qui les a « à la fois détruits et construits ».Avec une grande sensibilité, elle a tissé ensemble leurs histoires, leurs émotions et les siennes. Venir après se lit comme le roman de vies hantées par des fantômes, où surgit malgré tout la joie d'être là.

    Danièle Laufer est née en 1951 et a passé son enfance au Maroc. Fille d'une juive allemande déportée dans les camps, elle suit son père à Paris au divorce de ses parents quand elle a 16 ans. Devenue journaliste, elle a passé sa vie à raconter celle des autres, en faisant des incursions dans l'intimisme à l'occasion d'un livre sur sa mère, de documentaires, ou de son dernier doc paru en 2017. Elle a un grand talent pour tisser un lien entre son histoire et celle des témoins qu'elle interroge.

  • La médaille

    Danielle Steel

    Le courage d'une vie.
    Seconde Guerre mondiale, dans un village de la région lyonnaise, Gaëlle de Barbet assiste horrifiée à l'arrestation de sa meilleure amie par la police française. Rebecca Feldmann et sa famille sont internés dans un camp avant d'être déportés. Pendant ce temps, le commandant des troupes allemandes locales établit ses quartiers dans la demeure des Barbet. Gaëlle voit son père tué par l'occupant et sa mère sombrer peu à peu dans la folie.
    Parce qu'elle ne supporte pas de n'avoir rien pu faire pour sauver ses proches de leur funeste destin, Gaëlle s'engage corps et âme dans la Résistance. Dans le plus grand secret,
    elle sauvera de nombreux enfants juifs des griffes des nazis. À la fin de la guerre, accusée à tort d'avoir collaboré, elle part tenter sa chance à Paris.
    Des années plus tard, sa petite-fille livre son propre combat pour que Gaëlle soit reconnue comme l'héroïne de guerre qu'elle fut dans sa jeunesse.

  • enfant de demain, si ton rêve exhume nos corps - des mains qui se tendent avec force vers des visages de chiffons jaunes -, étouffe étrangle la gorge du rêve et enfouis dans la cendre tes larmes. car notre foi est devenue oiseau de proie.Cette anthologie du poète Avrom Sutzkever, a été confiée à Rachel Ertel, dont on connaît l'engagement pour le yiddish et le grand sens poétique des traductions. Son oeuvre qui traverse le siècle est porteuse d'un extraordinaire espoir en la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a sauvé la vie. Tous ses ouvrages y sont représentés et si une grande partie est consacrée au ghetto et à sa résistance, l'ensemble résonne au-delà de l'engagement politique. On peut parler d'un véritable engagement poétique qui aura raison des drames de notre sombre XXe siècle.

    La vie et l'oeuvre d'Avrom Sutzkever sont exemplaires à plus d'un titre. Né en 1913, il s'installe à Wilno en 1923 et rejoindra l'avant-garde poétique de la Jeune Wilno. Enfermé dans le Ghetto, il prendra une part active à la résistance et témoignera au procès de Nuremberg. Il fut actif au sein de la Brigade de papier qui cachait des milliers de livres qui furent retrouvés après la guerre. Après un séjour en Union soviétique, il s'installe en Israël en 1947 et y vivra jusqu'à sa mort en 2010.

  • Le journal de Renia

    Renia Spiegel

    • Slalom
    • 17 Décembre 2020

    Le témoignage exceptionnel, et inédit, d'une jeune juive polonaise victime de la Shoah.Renia est une jeune juive polonaise de 14 ans lorsqu'elle commence son journal en 1939. Elle veut devenir poète et quelques vers viennent souvent se glisser au coeur de ses confidences. Mais la guerre s'installe, avec elle la répression et la traque. Les premières pages pleines de vie, d'amitié et d'amour de son carnet se gonflent peu à peu de peur, d'angoisse et de tristesse.
    Renia n'a jamais eu la liberté de mettre un point final à ses écrits, elle est assassinée par la Gestapo à 18 ans. Son journal est sauvé par son petit ami, puis préservé par sa famille durant 70 ans. Il est aujourd'hui traduit pour la première fois en français.

  • Un monstre et un chaos

    Hubert Haddad

    • Zulma
    • 22 Août 2019

    Dans le ghetto de Lodz, Chaïm Rumkowski est comme une autre figure du diable. Lui, l'autoproclamé Roi des Juifs qui prétendait sauver son peuple, a transformé le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Il parade en calèche et costume trois-pièces, en appelle à la « bonne volonté » des familles, et frappe monnaie et timbres à son effigie.

    Face à ce pantin des exigences nazies, dans les caves, les greniers, sourdent les imprimeries et les radios clandestines, les photographes détournent la pellicule du service d'identification, les enfants soustraits aux convois hebdomadaires se dérobent derrière les doubles cloisons...

    Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l'étoile. Avec la vivacité d'un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu'aux coulisses du théâtre de marionnettes de Maître Azoï, où il trouve refuge...

    Dans Un monstre et un chaos, Hubert Haddad fait resurgir tout un monde anéanti, où la vie du ghetto vibre des refrains yiddish beaux comme un chant de résistance éperdu - un chaos, plein de bruit et de fureur, où perce la lumière. Et c'est un prodige.

  • À la fois étude et document, la réédition d'un ouvrage majeur le premier consacré à ce sujet en France dédié au retour des déportés en 1945. Un nouveau titre de la collection " Archidoc ", essais abordables au format pratique pour rendre intelligibles les plus grandes questions de notre Histoire. 1945, la guerre est finie. Pour certains, l'attente commence. Celle d'un proche, d'un parent disparu sans laisser de trace. Lorsque les Alliés libèrent les camps, c'est sur l'horreur du système nazi qu'ils ouvrent les portes. Nul n'imaginait l'ampleur et le sens véritable de la " Solution finale ".
    Au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, Olga Wormser-Migot coordonne pendant " neuf mois mortels " les recherches de personnes déportées. Vingt ans plus tard, elle s'en fera l'historienne en publiant ce livre qui retrace " la découverte au jour le jour, d'aout 1944 à mai 1945, de la réalité concentrationnaire ". C'est elle, notamment, qui révèle les atrocités du Struthof, recueille les premiers témoignages d'Auschwitz, fait connaître " l'aventure du Lutetia ".
    Devenu un classique, ce travail pionnier raconte " comment on ne savait rien, ou si peu ", et permet de " comprendre les incroyables difficultés rencontrées par les femmes et les hommes dont le seul souci était le destin de ceux qui avaient été transportés vers l'Est ", écrit Annette Wieviorka dans sa préface.

  • La 13e division SS Handschar, créée en 1943, est une troupe musulmane originaire de Bosnie-Herzégovine. Recrutée par les Allemands, elle regroupe des Bosniaques chargés de lutter contre les partisans yougoslaves. Une fois entraînés sur le territoire français, ces combattants sont déployés dans les campagnes de Bosnie et contribuent aux plus grandes violences et exactions perpétrées contres les populations civiles durant la Seconde Guerre mondiale.

    Pour la première fois, un ouvrage va au-delà des clichés qui président à l'histoire de cette division. Xavier Bougarel, grand connaisseur des archives locales, s'intéresse aux motifs réels de la création de cette division SS, au profil et aux motivations de ses combattants, à la vie religieuse en son sein, aux formes de son engagement contre les partisans de Tito, et aux raisons de sa dislocation finale. Ce faisant, il propose aussi une nouvelle lecture de la Seconde Guerre mondiale dans les Balkans, marquée par l'importance des enjeux matériels, la multiplicité des stratégies individuelles de survie, et les changements incessants d'alliance et d'allégeance politiques et militaires.

  • Ce livre porte sur les nombreux rassemblements organisés de 1944 à 1967 par des groupements juifs parisiens pour commémorer la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. Dans un monde juif pluriel, très politisé et fortement clivé, ces cérémonies constituaient un rituel sociopolitique, un vecteur de mémoire et une ressource identitaire. Au vu de cette dense activité commémorative et des fonctions qui lui étaient assignées, il apparaît que la Shoah ne fut en aucun cas passée sous le boisseau au sein de la vie publique juive dont il convient aussi de réévaluer la vitalité dans la France de l'après-guerre, car ces commémorations participèrent pleinement à la reconstruction de la collectivité juive. C'est autour de ses morts que celle-ci revint à la vie au lendemain de la guerre et du génocide.

    Simon Perego est agrégé et docteur en histoire. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2016 à Sciences Po Paris sous la direction de Claire Andrieu et dont est issu cet ouvrage, a été distinguée par le prix de thèse francophone en études juives 2017 et le Prix Henri Hertz 2018 de la Chancellerie des Universités de Paris. Ses travaux actuels portent sur les populations juives de langue yiddish après la Seconde Guerre mondiale et leurs pratiques testimoniales.

  • Etty Hillesum fascine par sa soif de liberté et d'absolu, son intelligence des êtres et des événements. Cette jeune hollandaise juive au tempérament de feu meurt à Auschwitz à l'âge de 29 ans, laissant derrière elle une correspondance et un journal incandescents qui témoignent d'une fulgurante évolution intérieure au milieu de l'horreur des camps.
    Ce livre original et accessible emmène le lecteur avec empathie et finesse sur le chemin en trois étapes emprunté par Etty - se rencontrer soi-même, tourner son regard vers l'autre, ouvrir son coeur à l'absolu - afin de l'aider à grandir en vérité et liberté.
    Convoquant autour d'Etty Hillesum de grandes voix
    de la littérature et de la psychologie (Rilke, Jung), en résonance avec les plus belles traditions philosophiques et spirituelles, Cécilia Dutter met à la portée de tous le trésor des écrits d'Etty pour répondre à une interrogation
    fondamentale : comment vivre une existence plus libre et plus belle ?

  • « Je suis un miraculé. J'aurais dû être déporté à Auschwitz et gazé comme la quasi-totalité des 76 000 juifs de France arrêtés. Mais j'ai été interné à Buchenwald. J'aurais pu, à Buchenwald, mourir d'épuisement dans la sinistre carrière où les déportés devaient extraire des pierres sous les coups des surveillants SS. Mais je n'y ai presque jamais travaillé. J'aurais pu être battu ou même tué parce que j'avais, un jour, donné un coup de pied à un Stubendienst. Mais il ne m'est rien arrivé. J'aurais pu succomber aux graves infections que j'ai contractées. Mais ma constitution physique m'a permis de m'en sortir. J'aurais dû, pendant l'évacuation forcée vers Buchenwald pour fuir les Américains, traînard épuisé au bord de la route, recevoir une balle de SS dans la nuque. Mais cette balle, je ne l'ai pas reçue. J'aurais dû, à l'issue de cette évacuation, arriver à Buchenwald et repartir vers l'Est dans une « marche de la mort ». Mais, inexplicablement, j'y suis arrivé trop tard et juste à temps pour me faire libérer. En 1945, après mon retour, j'ai voulu effacer de ma mémoire le souvenir de ma déportation. Mais n'était-ce pas injuste vis-à-vis des hommes qui étaient à mes côtés, notamment mon père, un homme d'un courage et d'un optimisme extraordinaires, qui n'a cessé de me protéger jusqu'à sa mort ? » D'une admirable simplicité, ce récit est le bouleversant témoignage d'un adolescent déporté dans les camps de la mort pour la seule raison qu'il était juif. Le lecteur n'en sortira pas indemne.

  • Octobre 1944. Marie et son époux Moïse sont déportés à Auschwitz, d'où ils ne reviendront pas. Du moins est-ce là ce que croit savoir leur petite-fille qui, soixante-dix ans plus tard, décide de retracer le parcours tourmenté de sa grandmère, de sa Roumanie natale jusqu'à l'Italie - refuge illusoire face aux persécutions nazies -, en passant par la Bulgarie et la France. La narratrice se rend tout d'abord à Jérusalem, puis sillonne l'Europe centrale à la recherche d'éléments biographiques.
    À la recherche de Marie J. entrecroise ainsi deux récits : celui de l'enquête haletante de la narratrice à travers différents pays, et celui de la vie romanesque d'une jeune sépharade d'Europe de l'Est dans la première moitié du XXe siècle. À la fois investigation rigoureuse et chronique familiale bouleversante, ce livre raconte une lignée de femmes fortes confrontées à l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire européenne.

  • Comptant parmi les meilleurs savants de sa génération, spécialiste du nazisme et du phénomène guerrier au XXe siècle, Christian Ingrao explique ce que le métier d'historien veut dire au quotidien et dans la cité. Un éloge de la science et de l'engagement.
    Comment appréhender un phénomène aussi singulier et inédit que le nazisme ? Pour répondre à cette question, Christian Ingrao, spécialiste des commandos de la SS du front de l'Est responsables du génocide des Juifs par fusillade en URSS, se confie au philosophe Philippe Petit. Il revient sur ses années de formation et sur la façon dont le phénomène nazi a bouleversé et le monde et sa matière.
    Nourri d'anthropologie sociale, il montre comment la cruauté a pu se produire dans un pays apparemment civilisé et comment des hommes cultivés, ont pu être à l'origine des pires massacres.
    Après avoir expliqué les motifs de ses engagements, Christian Ingrao dévoile ses considérations sur l'Europe, la possibilité de son avenir et la condition de sa réussite, entre menace djihadiste et implosion politique. Un dialogue vif, serré, illuminateur.
    Au terme de ce dialogue où histoire, historiographie et philosophie se répondent, il est un message de Christian Ingrao à retenir : les armes seules n'ont pas vaincu le nazisme, mais " le fait que les Alliés avaient un ou des projets politiques à proposer en lieu et place du nazisme ".

  • Cinquante ans. Se souvenir. Vanité des pèlerinages, pathétique dérisoire des protestations contre l'oubli. L'histoire, superbe, celle-là même qui laissa voir la barbarie au coeur de la plus splendide civilisation, l'histoire tourne la page. Pages d'histoire, révision des points de vue ; à quel titre, murmurent les ignobles, refuser à l'intelligence historienne le droit de renouveler les points de vue ? Il n'y a pas de mémoire dans l'histoire. La mémoire d'Israël retient-elle les horreurs des barbares civilisés dans le détail ? Retient-elle même les gestes héroïques des victimes insurgées ? Elle retient la sainteté qui s'écarte de l'histoire des vainqueurs. Dans ce petit livre sans âge, écoutez les histoires des bouts de chandelle, de lanières de phylactères. C'est la résistance juive, l'éternité d'Israël.

  • Israël, plus que tout autre pays, suscite les passions. Pro- et antiattisent la polémique à coup d'idées reçues : « Israël et le lobby juif dictent la politique des États-Unis au Moyen-Orient », « Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient », « Israël pratique l'apartheid », « Tsahal est l'armée du peuple », « Israël est un État théocratique », etc.
    À force de combattre les préjugés des uns et des autres, c'est débattre qui est devenu impossible. C'est la grande ambition de ce livre que de favoriser le retour au débat : exigeant, argumenté, contradictoire, conjuguant les divergences, autorisant les convergences. Quiconque tient que toute la vérité vient d'Israël et que la Palestine est mensonge ; quiconque pense que le Mal est israélien et que le Bien est palestinien, ne trouvera guère dans ce livre de quoi blinder ses convictions. Il ne s'agit pas non plus de décréter une symétrie entre les causes et de croire à une neutralité possible.
    Ni État d'exception ni État exceptionnel, Israël est « un État comme les autres », avec ses paradoxes. Cela ne le dispense nullement de rendre compte de ce qu'il est et de rendre des comptes sur ce qu'il fait.

  • Il y a cinquante ans, le 31 mai 1962, Adolf Eichmann était exécuté dans une prison près de Tel-Aviv. Son procès fleuve, ouvert à Jérusalem un an auparavant, le 11 avril 1961, a fait de lui le symbole même de la Shoah : nul plus que lui n'est à ce point identifié à l'extermination des Juifs. Comment ce personnage, que beaucoup se sont plu à présenter comme falot, dépourvu d'intelligence, a-t-il pu devenir l'incarnation même du Crime?
    C'est en juriste que Claude Klein tente de répondre à la question par une analyse de la conduite du procès, du jugement et, finalement, des polémiques qui les ont accompagnés. Surtout, il le présente dans leur cadre israélien. Le cas Eichmann apparaît dès lors sous un jour nouveau, l'auteur soulignant à quel point il a contribué à façonner l'État d'Israël dans sa revendication à représenter le peuple juif.
    Au-delà, Claude Klein se demande si le procès Eichmann ne pourrait être perçu comme un maillon d'une chaîne qui, de Nuremberg, mène au Tribunal pénal international et à la compétence universelle. Une compétence qui, par un curieux retournement de l'histoire, menace aujourd'hui de frapper certains des dirigeants d'Israël lors de leurs déplacements à l'étranger en raison de poursuites intentées contre eux dans plusieurs pays.

  • Future Concentration rassemblent bribes, instants poétiques, qui laissent apercevoir peu à peu la figure de Raymond Federman telle un « chemin pierreux » et chaotique. Il donne à voir, par jeu d'alternance entre première et troisième personne, un enfant marqué par l' « humiliation en jaune », un vagabond exilé de l'autre côté de l'Atlantique ou encore un homme de soixante ans qui s'interroge de la peur de mort.
    Future Concentration constitue la première anthologie des poésies de Raymond Federman, une écriture singulière relevée d'un zeste d'humour noir

    Né en 1928, à Paris, mort en 2009 à San Diego (Californie). Romancier, poète, traducteur, surfictioniste, critifictioniste, ancien parachutiste, golfeur fanatique, joueur de roulette, ami de Beckett, champion de natation, Raymond Federman a été cela tour à tour dans sa vie haute en couleur. En France, il a notamment publié sa poésie aux éditions Le mot et le reste Future Concentration, L'Extatique de Jule et Juliette et un essai Surfiction.

  • Dans le quartier du Marais cohabitent une communauté juive, constituée au fil des guerres et des pogroms, et une communauté gay depuis l'arrivée du sida. Qu'est-ce qui fonde chacune d'entre elles ? Ni des modes de vie établis, ni un projet d'avenir partagé, mais la présence continuée, en creux, d'une catastrophe inaugurale. Relues sous cet angles, les oeuvres de Guillaume Dustan, Marcel Proust, Robert Antelme, Charlotte Delbo dessinent un concept de communauté incompatible avec le schéma familial archaïque comme avec le principe moderne du contrat : son modèle n'est autre que l'amitié de groupe, bâtie sur un désastre.

  • Obsédé par les fêlures de son amante, une femme se perd dans de singulières joutes passionnelles sur fond d'océan... Comment endurer les cinglantes lignes de fuite de Chloé, amazone à la troublante armure ? Comment déchiffrer les langues intimes de son journal, vertigineuse tour de Babel intérieure dans laquelle cette dernière s'est enfermée à double tour ? Comment surtout découvrir le code secret à même de pénétrer les mystérieux écrits d'Ossip, son grand-oncle survivant des camps qui vient de se jeter dans le mer ? Au fil des jours se précise un tragique roman familial : la disparition des siens durant l'orgie de sang de la Seconde Guerre mondiale, l'interminable silence du dieu des Étoiles jaunes... D'une écriture visionnaire, Véronique Bergen conjugue les mille énigmes d'une passion à une hallucinatoire traversée des pulsions barbares du XXe siècle. Creusant les méandres d'un inépuisable panthéisme amoureux, elle nous happe dans la flamboyante folie de la guerre.

  • « Nous allons changer de nom. Sinon, ça risque d'être dangereux, et on pourrait se faire arrêter rien qu'à cause de ça. J'ai déjà expliqué tout ça à tes soeurs. Sarah s'appelle maintenant Solange, Tsilla c'est Cécile, et Hannah, c'est Annette. Ta maman, ce n'est plus Rachel, mais Rose. (...)
    - Et moi alors, comment je vais m'appeler ? Seulement David et plus Douveth ?
    - Non, dit papa, ni Douveth ni David. Tu t'appelleras Daniel. C'est un joli nom tu sais, et c'est aussi dans la Bible. Mais celui-là, les goyim le portent aussi. Comme ça, ils ne se rendront pas compte que c'est un nom juif, et la milice et les Allemands non plus.
    - Non, je m'appelle David, et je veux continuer à m'appeler comme ça ! »
    France, 1940. La famille du petit Douveth part de Metz se réfugier à Clermont-Ferrand. Son père part à la guerre et il revient malade. Après sa mort, Douveth est placé dans une ferme auvergnate, où il doit cacher qu'il est juif. Là, l'enfant découvre un monde nouveau et fascinant : la campagne. Entre les dindons qu'il garde bien maladroitement et le grand-père qui chique et crache par terre, on rit beaucoup. Mais on découvre également toutes les ressources mises en oeuvre par Douveth pour conjurer la tristesse et vivre sa vie d'enfant.

  • De pertes en fils

    Howard Roiter

    Howard Roiter ose fendre la trame de l'histoire pour nous montrer que l'existence humaine ne tient qu'à un fil. Il raconte non sans humour l'histoire d'un père et d'une perte, qu'il serait en fait plus juste de mettre au pluriel pour l'accorder en nombre avec guerre, exode et faillite. Une tragicomédie dans le Montréal d'après-guerre.

  • Kassandra vit en Crète avec sa fille, une adolescente fascinée par les anges, qui jongle aussi bien avec les notes de musique qu'avec les mots. Les certitudes tranquilles de la jeune femme basculent lorsqu'elle rencontre Yann, un éthologue québécois, qui, sans en avoir conscience, exhume un secret de famille remontant à la deuxième guerre mondiale. Ce secret, Kassandra ne parvient pas à l'assumer. Mais elle n'est pas seule : Jean, un concertiste de renom retiré en Crète, veille sur elle et met tout en oeuvre pour l'aider à surmonter son désarroi. Ce faisant, il dévoilera un autre secret, le sien...
    Un roman explorant un pan méconnu de l'histoire des camps nazis. Des personnages tendres, poétiques et émouvants en quête d'amour et de résilience.

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