Maison des Sciences de l´Homme d´Aquitaine

  • L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • En Aquitaine, première région vitivinicole française, la vigne est présente sur la majeure partie des territoires, et la filière, avec ses exploitations en Appellation d'Origine Contrôlée, ses caves coopératives et ses maisons de négoce, constitue une forte composante de l'économie régionale. Les grands crus sont les principaux référents pour l'image des vins aquitains et tirent vers le haut l'ensemble du vignoble, et cependant les vins de Bordeaux occultent la diversité et la richesse des vins aquitains, ce qui nuit à une image de l'Aquitaine comme pays du vin. Vignobles et vins en Aquitaine s'attache à étudier ce paradoxe. La première partie, dans une synthèse de nombreux écrits de recherche, explique comment les histoires agraire, économique et humaine de la région ont fait du vin une spécificité aquitaine, inscrite dans les paysages et les sociétés, et évalue le rôle de la « place de Bordeaux ». La seconde partie propose des éclairages plus circonstanciés, regroupés en deux thèmes : les facteurs et marqueurs de la construction des territoires viticoles constituent un premier axe d'étude, suivi par les représentations et la défense de l'image qui forment un second champ. Les territoires viticoles aquitains sont des constructions sociales complexes, génératrices d'une identité forte et porteuse. Cet ouvrage a été réalisé par la collaboration d'historiens, géographes, économistes ou oenologues au sein de la MSHA et dans le cadre de programmes pluridisciplinaires du CERVIN (composante de l'UMR ADES). Il soulève des problématiques telles que l'articulation entre société et terroir, les effets déformants du système AOC ou les logiques territoriales « de clocher » qui ont perturbé la création d'une identité régionale. Les recherches de ces différents auteurs nous permettent de comprendre comment les viticulteurs aquitains ont été en mesure de maintenir une production que le monde entier envie encore malgré la crise.

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Lorsqu'on songe aux tropiques, diverses images émergent oscillant la plupart du temps, pour les occidentaux, entre le mythe d'un paradis lointain et la réalité d'une pauvreté incommensurable. Dans ce balancement générant des sentiments mêlés et, souvent, une rhétorique paradoxale, la question de la réalité des tropiques ne se pose pas Les tropiques, dans le sens commun, apparaissent comme un contenant géographique stable mais aux contenus ambigus Cependant la réalité géographique des tropiques ne va pas de soi et ne possède aucune réalité naturelle ; elle fut inventée peu à peu. Cette invention fut en grande partie le fait des scientifiques qui, baignant dans des contextes idéologiques spécifiques à chaque période de l'histoire, ont participé à son émergence et à son développement lis ont contribué par ce fait au grand partage entre l'Ici et I'Ailleurs, entre le Nous et les Autres C'est au prisme de la culture de leurs origines que ces derniers ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple Entrant dans le sens commun, les tropiques ont alors semblé relever de la nature. Mais, cette naturalisation et les fondements scientifiques sur lesquels elle s'est appuyée, firent, à partir des années 1980, grand bruit dans la communauté des géographes français. Le questionnement n'était et n'est toujours pas de savoir si les tropiques existent ou non, mais plutôt de comprendre les ressorts de leur invention. La révolution des tropiques a bien eu lieu et invite aujourd'hui à parler de tropicalisme comme on parle ailleurs d'orientalisme. Cet ouvrage est le résultat d'une interrogation née il y maintenant presque trente ans, une interrogation a ré-émergé ces dernières années, années de trouble et de doute remettant en question les paradigmes hérités de la modernité vieillissante Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice stimulant consistant à repenser les tropiques. Cet ouvrage, tout comme le prochain consacré à la géographie du développement, est aussi un des fruits de la collaboration entre deux géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, C. Bouquet et H Velasco-Graciet.

  • Les co-organisateurs de la 24e Université Sportive d'Été (l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France), accueillie à Nîmes par le Sport Université Nîmes Omnisports (SUN) du 22 au 24 septembre 2006, avaient jugé opportun d'engager une réflexion sur les possibilités d'une mise en relation de la réalité de départ qu'est le handicap, de l'activité qu'est le sport, de l'objectif qu'est l'intégration. Ils faisaient le pari qu'une conception novatrice de la pratique des activités physiques et sportives - organisée au sein du cadre associatif des clubs - peut être de nature à ouvrir la voie à une intégration réussie. Restait cependant en suspens l'interrogation relative à la latitude d'intervention que peuvent s'autoriser les associations sportives, à propos d'une action éducative aussi délicate à saisir dans ses traits généraux que dans la nécessaire diversité des situations possibles. Le présent volume des Cahiers de l'USE est le fruit de ces travaux. Si le club sportif est en mesure d'ouvrir des perspectives innovantes, il ne saurait agir seul. Il lui faut rechercher des partenariats choisis et indispensables. Ces acteurs impliqués doivent être capables de se doter des outils nécessaires pour appréhender la spécificité des handicaps. L'enrichissement de la vie collective et sportive, par l'intégration des personnes en situation de handicap, suppose de pouvoir satisfaire à toutes ces exigences.

  • Le quatrième volume de la collection 'l'Univers des vignerons" est consacré à une commune Eyrans représentative d'un des vignobles les plus vastes du Bordelais, le Blayais. Petite Unité administrative, elle n'en est pas moins le témoin de l'évolution économique et sociale des campagnes girondines de la rive droite de l'estuaire, très tôt et très complètement vouée à une quasi-monoculture viticole. Dans cet espace géographiquement réduit mais miroir d'un ensemble plus vaste, un historien, une géographe et une sociologue ont essayé de scruter en profondeur le terroir et ses habitants, en prenant un recul de près de deux siècles.

  • Ce livre propose des regards diversifiés - par les genres d'écritures et par les interprétations données - sur les genèses, les formes et les processus d'identification du sport au Québec. L'histoire du sport est présentée inscrite dans la société québécoise comme une "histoire qui s'écrit et qui se dit", c'est-à- dire dont la mise en récit a, en tant que telle, des effets de socialisation. Le hockey sur glace, qui apparaît à Montréal à la fin du xixe siècle, fournit un exemple emblématique de la dimension identitaire nationale du sport, qu'il soit de loisir ou de compétition. Longtemps sujet d'étude secondaire, le sport s'affirme de plus en plus, au Québec et dans le reste du monde, comme un élément majeur de la culture contemporaine. De la place de l'objet sport dans les sciences sociales et dans la littérature, la vingtaine d'auteurs représentant plusieurs universités canadiennes apporte un témoignage et des analyses montrant combien la culture du sport peut être un révélateur des changements sociaux globaux.

  • Le centre en France relève de définitions en creux. Les termes "juste milieu", "marais", "entre-deux" ont une connotation négative. La culture politique française ne reconnaît pas ce qui n'est ni la droite, ni la gauche. Le centriste est bien souvent celui qui évolue de la gauche vers la droite au gré des circonstances et par ambition personnelle. Le centrisme n'a pas sa place dans une culture politique marquée par le conflit. Le conflit, qui peut aussi s'identifier au consensus, est circonstanciel, construit mais rarement intériorisé. On peut donc s'interroger sur cette image négative qui n'est pas celle que l'on trouve dans tous les pays européens où il existe sans doute une forte tradition de culture libérale ou chrétienne-démocrate et où le poids du parti communiste est plus faible qu'en France. Ce colloque tente d'expliquer les échecs du centrisme en France. Il sera suivi d'un autre colloque au Sénat, au printemps 2005, qui s'attachera à la dimension européenne du "tropisme du centrisme" pour reprendre les termes d'un programme de recherche présenté par Sylvie Guillaume dans le cadre de l'Institut universitaire de France.

  • Chaque année, l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France organisent une université d'été. En 2007, la manifestation a été accueillie par la Cité Internationale Universitaire de Paris. Le thème choisi pour cette 25ème Université Sportive d'Été s'intitulait : Le Sport, l'Université, la Société, doublé d'une ambition non dissimulée, en guise de sous-titre : En finir avec les espérances déçues ? L'Université et le Sport ne sont pas au-dessus ou en dehors de la Société mais l'une et l'autre sont bien au coeur de la Société. Or la Société n'est pas au clair sur ce que pourrait être leur rôle, y compris dans cette forme singulière qu'est le Sport à l'Université, lieu de passage obligé pour la formation d'une grande partie de la jeunesse d'aujourd'hui. Pour autant, le Sport et l'Université sont aussi à un moment clé de leur existence. En outre, tout en cherchant leur place au sein de la Société, l'Université et le Sport ont tendance à se regarder avec une certaine distance. L'objectif initial de I'USE était de mettre en relation les représentants des institutions qui ont pour charge de gouverner ces trois domaines afin de fixer ensemble des conditions permettant de lever malentendus et marques de méfiance. Au terme des analyses et des échanges, il semble acquis de pouvoir supprimer de mauvaises habitudes, d'en finir avec des espérances souvent déçues et d'ouvrir de réelles perspectives d'action concertée.

  • La 28ème Université Sportive d'Été, qui s'est tenue au mois de septembre 2010 à Aix-en-Provence, a traité d'un thème d'actualité : Virtualité et Sport. Écrans multiples, vidéo et cybersport. La cyberculture apparaît comme le domaine de la virtualité. Comme tout changement reposant sur un saut technologique innovant, elle est porteuse de progrès, de potentialités et d'inquiétudes légitimes. Tels sont d'ailleurs les trois axes d'exploration retenus par les organisateurs de l'USE, membres de l'Union Nationale des Clubs Universitaires ou de l'Union des Journalistes de Sport en France, pour aborder la question volontairement limitée à la manière dont le sport y est décliné dans une large diversité d'expression. Des conférences, des interventions plus spécifiques, suivies de débats animés, ont permis de dresser un état des lieux qui manquait encore. Autant de regards croisés proposés par des spécialistes appartenant à différents champs disciplinaires, de la médecine aux sciences économiques et sociales en passant par les sciences de l'ingénieur et les techniques de commercialisation. Le lien entre virtualité et sport ne se limite pas à la sphère de l'activité ludique. Des applications sérieuses ouvrent des perspectives intéressantes et prometteuses, par exemple dans le domaine des apprentissages sportifs, de la rééducation ou de la communication à distance. Pour autant, le jeu excessif, de distraction, d'argent et de hasard, qui s'apparente à une addiction sans drogue, associe des traits déjà connus à des comportements émergents directement liés aux nouvelles technologies. Le dispositif Internet agit comme un catalyseur. Pour le meilleur et parfois pour le pire.

  • La 26e Université Sportive d'Été organisée conjointement par l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union des Journalistes de Sport en France s'est déroulée du 4 au 6 septembre 2008 sur le thème suivant : Sport et Santé, sortir des contradictions, apporter des solutions. Organisée à Strasbourg, avec le soutien efficace du Strasbourg Université Club, elle a largement profité du rayonnement international de la Cité, en étant accueillie au Centre Européen de la Jeunesse et en ouvrant ses séquences d'analyse, de présentation d'expériences novatrices et de débats à des compétences européennes de premier plan. « Le sport, c'est la santé » : ce type d'adage à la vie opère comme un écran de fumée par rapport à la réflexion et à la valorisation d'une action cohérente, d'autant que les termes de sport et de santé recouvrent chacun des notions différentes et pas toujours complémentaires. Comment renouer avec l'éducation sportive - chez l'athlète assidu comme chez des pratiquants ayant une simple activité d'entretien physique - sinon en remettant à l'ordre du jour l'examen des interactions dynamiques entre sport et santé ? « Sport et santé » composent une question majeure posée à et par une société plus que jamais marquée par la sédentarité, le vieillissement de la population et des inégalités socio-économiques persistantes. A l'occasion de cette USE, chercheurs universitaires, enseignants d'EPS, éducateurs et dirigeants sportifs, élus politiques et acteurs administratifs, journalistes, porteurs de projets ont pu se montrer à la hauteur des enjeux en ébauchant des orientations pertinentes.

  • La centralité de l'urgence et les bouleversements des rythmes sociaux produisent de nouveaux régimes temporels, qui remettent en cause les liens et les pratiques communicationnels, les pratiques de transmission et de médiation. Ces mutations, dont les multiples conséquences restent à évaluer, ont déjà retenu l'attention d'anthropologues, d'historiens, d'économistes, de politologues ou de philosophes. Le présent ouvrage propose une approche communicationnelle des enjeux et des problèmes suscités par ces mutations temporelles. Le laboratoire MICA (Médiation, Information, Communication, Arts), équipe d'accueil de la formation doctorale en Sciences de l'information de la Communication et en Arts de l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3, a déjà tenu plusieurs colloques et réalisé des travaux sur les temporalités médiatiques et l'urgence communicationnelle. Il s'agit ici, à partir des bénéfices de ces premières investigations et des éclairages apportés par les recherches les plus récentes, de prolonger cette réflexion.

  • Entre 2005 et 2008. sous la conduite de Christian Bouquet et Hélène Velasco-Graciet, trois colloques ont été organisés à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine par le laboratoire ADES-CNRS pour essayer de clarifier la position de la géographie française par rapport aux ambiguïtés de la discipline face à la colonisation, à la tropicalité, et au développement. Après avoir tenté de savoir si la géographie coloniale était colonialiste (L'Empire des géographes), puis si la géographie tropicale était fille de la précédente et avait encore un sens (Les Tropiques des géographes), un ensemble de chercheurs ont affronte la question du « développement ». considéré comme le dernier terrain pour une géographie hors des murs occidentaux, pour confirmer ou infirmer qu'il s'agissait du dernier refuge possible pour ceux qui travaillent dans les Suds. Même si les hypothèses de départ ont été traitées avec d'infinies précautions car le débat n'est pas encore débarrassé des passions anciennes la filiation géographie coloniale / géographie tropicale / géographie du développement n'a pas été démontrée. Comme souvent, plus que des réponses, c'est une série de questions qui surgissent à la lecture des articles. En invitant les auteurs à s'interroger sur le lien qu'ils établissent entre leurs discours sur le développement et leurs actions concrètes dans ce domaine, les organisateurs savaient que le fossé entre les scientifiques et les experts ne serait pas comblé. Il reste donc à savoir pourquoi. En abordant dans son appel à communications le thème des Postcolonial Studies, le colloque a précisé des interrogations qu'il faudra continuer d'explorer. Enfin, en donnant la parole à plusieurs chercheurs originaires des anciennes colonies, cette rencontre a ouvert la porte à une décolonisation des esprits qui pourrait bientôt déboucher sur une géographie (enfin) décentrée. Cette quête épistémologique, qui a donné ici beaucoup de place au terrain, devra donc se poursuivre par le questionnement constant des principes et des pratiques des uns et des autres, en insistant sans doute davantage sur la géographie de l'Autre que sur une géographie de l'Ailleurs.

  • Cet ouvrage propose les premiers jalons d'une grille de lecture des mutations territoriales contemporaines qui bouleversent l'ordre et la hiérarchie territoriale de la première modernité. Si la mondialisation se manifeste par l'émergence de nouveaux territoires, ces derniers possèdent des caractéristiques inusuelles au regard des territoires séculaires et de l'ordre qui les instituait. Leurs limites sont floues, leur contenu est souvent fluide et peut ne .se référer qu'à un type de valeur, leur degré d'institutionnalisation peut être faible. De plus, leur validité d'exercice se fonde sur un nouveau rapport au temps. Hélène Velasco-Graciet propose de considérer que les territoires, anciens ou émergents, sont aujourd'hui tributaires des temporalités et des mobilités des individus contemporains alors que les territoires de la première modernité avaient, jusqu'à il y a peu, la force de l'institution qui les avait fait naître, et la légitimité du temps long. Le rapport des individus au monde semble, aujourd'hui, déterminé par un nouvel imaginaire géographique selon lequel l'expérience territoriale multiple devient la règle à atteindre. L'auteur interroge cette complexité territoriale à travers l'analyse de la « nouvelle planète des vins » qui apparaît exemplaire des recompositions territoriales contemporaines.

  • Le système des sports organisés est actuellement en pleine mutation. Le tennis y occupe la deuxième place depuis 1979 et il est aussi le premier sport féminin. Il a connu un développement explosif entre 1975 et 1986. C'est pour évaluer les modalités socio-spatiales de sa diffusion, le renouvellement social des pratiquants et les transformations de l'action sportive au quotidien dans les clubs, que l'ouvrage propose de la France à la Gironde, un voyage dans le temps et l'espace tennistique. L'approche historique permet la reconstitution des étapes de cette diffusion tant à l'échelon national que local et montre grâce à des cartes détaillées par département pour la France et par commune pour la Gironde, comment l'on passe en 120 ans, d'un jeu à une pratique banalisée. La typologie socio-spatiale de la pratique du tennis par département permet de voir ses lieux privilégiés en liaison avec les divers groupes sociaux. Deux enquêtes réalisées à l'apogée de son développement conduisent à vérifier à l'échelon local les composantes de la dynamique associative, le degré de rajeunissement de ce sport et l'étendue de sa démocratisation. Le cheminement à rebours dans le temps et l'exploration de l'espace français sont ainsi complétés par un état actuel des lieux de pratique et un instantané sociologique et sportif des pratiquants girondins.

  • L'histoire du développement administratif au xixe siècle reste mal connue : l'étude des recensements de population des principales villes de l'Aquitaine (Bordeaux et Libourne, Périgueux, Mont-de-Marsan et Dax, Agen et Villeneuve-sur-Lot, Pau et Bayonne) effectués au début de la IIIème république (1872) et au coeur de la Belle Époque (1906) s'efforce d'éclairer cette question. Chemin faisant, l'auteur analyse les composantes de la "société administrative", le monde des petits employés, celui des fonctionnaires. Il en présente les origines géographiques, s'intéresse à leur mobilité spatiale, leur stabilité et aborde ainsi le thème des carrières. Les structures matrimoniales et démographiques, la féminisation de l'administration, la question du rapport entre exercice d'un petit emploi public et promotion sociale ne sont pas non plus ignorées.

  • Cet ouvrage réunit les contributions de spécialistes allemands et français sur un sujet qui, depuis les ouvrages d'Armin Mohler (1948) et de Kurt Sontheimer (1962) en Allemagne, de Jean-Louis Loubet del ßayle (1967) en France, n'a cessé de retenir l'attention des historiens du second après-guerre : la recherche d'une "troisième voie" entre marxisme et libéralisme durant le premier après-guerre, les chassés-croisés Idéologiques et politiques qu'elle entraîne, le problème des rapports de cette pensée "ni gauche, ni droite", "conservatrice-révolutionnaire" ou "non-conformiste" avec le fascisme et le national-socialisme. L'originalité de ce recueil vient de ce qu'il pose les jalons d'une étude comparative mettant en évidence les convergences et les divergences de ces "idéologies de la crise" en Allemagne et en France, ainsi que les différentes médiations qui ont pu s'effectuer d'un pays à l'autre. A l'heure où en Europe les Idéologies sont de nouveau en crise, ces études présentent, à n'en pas douter, un intérêt qui n'est pas seulement historique.

  • Le colloque organisé par la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine en octobre 1993 a permis la rencontre d'universitaires, de chercheurs, d'experts ou d'acteurs de différentes origines. Plus d'une centaine au total. Un des objectifs scientifiques du colloque était de susciter un échange sur un thème original abordant le sport sous l'angle des relations sociales et de l'action collective. Les trois entrées choisies - les pratiques, les politiques et le marché - correspondent à des perspectives interdisciplinaires largement ouvertes, mais elles rendent également compte de trois phases de développement du sport qui se sont succédé dans le temps tandis qu'elles se mêlent et se recomposent aujourd'hui. Ce colloque a défini de nouvelles perspectives de recherches et confirmé les renouvellements qui s'opèrent dans l'effort déployé en France par les sciences de l'homme et de la société pour asseoir une meilleure connaissance des faits sportifs. L'ambitieux pari des organisateurs de la M.S.H.A. a été pleinement tenu ainsi qu'en témoigne désormais la publication des actes.

  • Première rencontre européenne organisée autour du thème des cités-jardins en Europe, ce colloque a permis de mieux comprendre de quelle teneur étaient les rapports établis entre les productions locales et nationales et le modèle anglais. Après ce bilan, de nouvelles perspectives de recherches s'ouvrent que l'on peut regrouper sous les thématiques suivantes : o les milieux innovateurs européens, leur imaginaire architectural et les conditions économiques de la réalisation des cités-jardins ; o la question des tensions entre un projet internationaliste et le repli national géographique caractéristique de l'Europe de l'Entre-deux-guerres ; o les aléas d'une forme socio-spatiale selon les contextes nationaux, les divers maîtres d'ouvrages, maîtres d'oeuvres et le problème des modalités d'évolution et de patrimonialisation des cités-jardins.

  • "Les jours de fête dans mon village natal, le match de football de l'après-midi se situait entre la fanfare des pompiers, la grand-messe solennelle, l'apéritif du maire, le bal populaire et le feu d'artifice de 23 heures. Le sport, du même coup, apparaissait comme un simple prétexte parmi d'autres pour permettre à la collectivité d'affirmer, peut-être de souder son identité. On sent bien à quel point cette définition est peu satisfaisante, aussi bien pour les passionnés de sport que pour le philosophe. Et la question fuse immédiate : quelle est, par rapport aux autres fêtes, la spécificité de la fête sportive ? Quel est l'objet de ce culte qui réunit, chaque semaine de par le monde des centaines de milliers, voire des millions de personnes ? Et les tentations de réponses se pressent en nombre dont nous pressentons bien à quel point elles sont pertinentes, mais à quel point aussi elles sont dans le fond insuffisantes. La fête sportive, culte du corps ? Culte du "nationalisme", au sens péjoratif d'exaltation du groupe et d'exclusion de tous les autres ? Culte du vedettariat ? Culte de l'argent ? Notre embarras pourrait nous conduire à conclure un peu hâtivement que dans une société en crise, le sport ne peut être rien d'autre que l'expression de cette crise". Mais, c'est précisément parce qu'ils refusent de se résigner à cette conclusion facile, que les organisateurs de la 11ème Université Sportive d'Été ont retenu le thème : Sport, Fête et Société pour leur rassemblement annuel.

  • Cet ouvrage a le mérite d'affiner la perception de l'Île de la Réunion quant aux pratiques sportives offertes aujourd'hui. N'étant pas une île tropicale recherchée pour ses paysages marins, elle se distingue en revanche par des paysages montagneux grandioses qui permettent toutes les pratiques liées à la montagne : randonnée pédestre, VTT, canoë-kayak, canyoning et sports aériens (parapente, deltaplane et ULM). Sur le plan nautique la voile, la plongée et le surf sont des pratiques très appréciées et en plein développement bien qu'une rivalité existe entre les sportifs locaux et les touristes du fait d'un manque d'espace (peu de spots et surfréquentation de certaines plages). L'étude sociologique réalisée sur les sports en vogue d'une part et sur les représentations des dirigeants sportifs d'autre part révèle que, pas plus qu'en métropole, le sport à la Réunion n'est une panacée pour régler les problèmes du chômage des jeunes et de leur Insertion dans la société.

  • Avant d'être objet de théorie, le pouvoir est d'abord un fait mais, dans bien des cas, il tend à être confondu - par abus de langage - avec le simple registre de l'action collective. Ainsi le trouve-t-on partout et nulle part... Par ailleurs, le sport, dans ses diverses modalités d'organisation, recouvre une réalité sociale complexe. Celle-ci est traversée par des enjeux de pouvoir dans la mesure où des intérêts spécifiques - parfois concurrentiels ou contradictoires - y sont exprimés. L'espace sportif est à la fois un espace clos dans lequel une société d'initiés exerce ses pouvoirs de façon autocratique, sinon toujours autonome, et d'autre part un espace ouvert où se produisent des échanges qui sont essentiels à sa survie. Le problème du pouvoir dans le sport, du même coup, se pose dans deux contextes différents. Le thème retenu pour la 12ème Université Sportive d'Été, réunie à Dijon, a permis d'atteindre deux objectifs : - fournir quelques éléments de réponse quant aux multiples problèmes soulevés par les rapports entre sport et pouvoir ; - préciser en quoi l'exercice du pouvoir est susceptible d'enrichir la réalité sociale et culturelle du sport.

  • Aujourd'hui, le sport ne manque pas d'interroger ceux qui sont en charge de l'éducation sportive en milieu scolaire et périscolaire, dans les clubs, ainsi que leurs partenaires : médecins du sport et (ou) de l'enfance, agents Jeunesse et Sports, élus politiques... En plaçant l'USE 1998 sous les auspices de Nelson Paillou, trop tôt disparu, et en mettant au programme le thème d'une enfance du sport à réinventer, les responsables de l'UNCU et de l'USJSF ont joué intentionnellement sur les deux perspectives sous-jacentes : l'histoire des débuts du sport et la prime histoire de l'individu... Ils avaient pour objectif de se donner les moyens de définir les conditions requises pour que cette enfance sportive soit une étape et un lieu privilégiés d'élaboration d'une conception de l'homme libre et responsable : un humanisme sportif en jeu. Et non point un humanisme... déjoué, et se trompant sur l'essentiel.

  • Dans nos sociétés modernes en crise, crise économique, crise des valeurs, l'homme est à la recherche du "paradis perdu" en quête d'un "ailleurs", d'identités sociales multiples, de territoires différents, plus porteurs de sens. L'émergence de "nouveaux" loisirs sportifs, fondamentalement opposés à la conception traditionnelle et "coubertinienne" du sport, permet aujourd'hui, à des pratiquants de plus en plus nombreux - le temps d'une activité sportive de week-end, de petites ou grandes vacances - de devenir des "aventuriers du quotidien" en assouvissant leur besoin de découverte, de plaisir immédiat, d'émotion, de liberté et d'harmonie, de convivialité renouvelée en petits groupes, de nouveaux rapports avec la nature, un besoin à la fois de distinction et de reconnaissance. Les auteurs en prenant l'exemple de quelques pratiques sportives de pleine nature en montagne (escalade, ski de fond, rafting,, canoë-kayak, parapente...) mettent en évidence le poids des représentions, de l'imaginaire, dans le déclenchement de ces pratiques et leur influence sur des comportements plus existentiels, plus individualistes, plus environnementalistes... mais aussi les contradictions de bien de ces comportements et les distances qui pouvaient exister entre le rêve et la réalité. Si ces "nouveaux" loisirs sportifs font la preuve de leur pertinence sociale et de leur puissance économique, alors c'est tout le secteur institutionnel, associatif et marchand, qui est interpellé avec la prise en compte de la nécessaire adaptation de l'offre à la demande, du management des innovations et de la concurrence dont on sait qu'elle opère aujourd'hui à l'échelle internationale.

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