Presses universitaires de Bordeaux

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'hypothèse jusnaturaliste de l'universalité de la nature humaine, qui sous-tend la réflexion anthropologique du XVIIIe siècle, prédisposait peu à percevoir - de façon claire et positive - l'originalité, la singularité des autres cultures. En même temps, ce siècle fut aussi celui des voyages et, lentement, le réflexe européocentrique, qui avait tendance à voir - dans les autres nations et cultures - des variations sur la culture princeps, la culture de l'Europe de l'ouest, dut prendre en compte des altérités radicales, des singularités non escamotables. Mais il fallut du temps pour s'approprier ces nouvelles cultures, soit en gommant parfois trop les différences, soit - au contraire - en les accusant ou en les grossissant de façon démesurée. Ce sont ces variations dans l'observation et l'appréciation des autres, des étrangers, qui sont étudiées ici.

  • L'hypothèse jusnaturaliste de l'universalité de la nature humaine, qui sous-tend la réflexion anthropologique du XVIIIe siècle, prédisposait peu à percevoir - de façon claire et positive - l'originalité, la singularité des autres cultures. En même temps, ce siècle fut aussi celui des voyages et, lentement, le réflexe européocentrique, qui avait tendance à voir - dans les autres nations et cultures - des variations sur la culture princeps, la culture de l'Europe de l'ouest, dut prendre en compte des altérités radicales, des singularités non escamotables. Mais il fallut du temps pour s'approprier ces nouvelles cultures, soit en gommant parfois trop les différences, soit - au contraire - en les accusant ou en les grossissant de façon démesurée. Ce sont ces variations dans l'observation et l'appréciation des autres, des étrangers, qui sont étudiées ici.

  • La fin du xixe siécle, marquée par une vie politique chaotique et rythmée par les scandales, voit fleurir des "fictions autoritaires", qui entendent renouer avec un objectif éthique, tout en d'épassant et en renouvelant le genre du roman à thèse : elles ambitionnent, par la voie de la fiction, de fonder les prémices de communautés nouvelles et de supplanter les visions déceptives du monde.
    Des écrivains engagés, souscrivant à des idéologies diverses (Zola, Barrès, Bourget) proposent audacieusement des formes romanesques inédites et construisent des contre-mondes, instituant ainsi l'oeuvre littéraire comme un rempart contre la dégradation morale, spirituelle et politique de la nation.
    Le romanesque débridé, la fantaisie, l'écriture de l'émotion, la réflexion sur les pouvoirs de la langue, l'ethos de ces écrivains, éclairent d'un jour nouveau un genre dont on a trop longtemps méconnu l'intérêt et les enjeux véritables.
    Envisager à nouveau frais ces oeuvres, qui furent des événements marquants de la vie intellectuelle de la fin du siècle, permet de repréciser le paysage littéraire du temps, mais aussi d'interroger la fabrique des discours politiques (nationaliste, socialiste, humaniste) que le roman, laboratoire des expériences possibles, permet de reconfigurer et dont les échos, les images, les structures organisent, peut-être à notre insu, la pensée politique d'aujourd'hui.

  • Brandies comme un étendard ou accusées d'être la cause de tous les maux, les Lumières exacerbent les passions. Pour beaucoup synonymes d'émancipation, de combat pour la démocratie et les droits de l'Homme, elles se trouvent en même temps, depuis leur émergence, sous le feu de critiques nourries. La période contemporaine ne fait pas exception à la règle. Les termes du débat et les interprétations semblent même aujourd'hui tellement embrouillés que les Lumières en arrivent à être régulièrement considérées comme étant en contradiction avec leurs principes supposés. Elles seraient impérialistes, oppressives, colonialistes. La question du droit d'inventaire, qui émerge dès 1789 avec l'éclatement de la Révolution française, se pose avec une acuité nouvelle. Comme le montrent les études réunies dans le premier des deux volumes consacrés à cette question, les enjeux des controverses sur les Lumières sont inséparablement théoriques et pratiques, scientifiques et politiques.

  • La métamorphose semble revenue au premier plan dans les littératures d'enfance et d'adolescence, comme dans la culture populaire. Les vampires, loups-garous, hybrides et anges déchus sont les héros cathartiques des narrations contemporaines. Cet essor d'un imaginaire qui reprend des figures anciennes suscite de nombreuses questions.
    Ce livre offre une réflexion panoramique et historique sur le champ de la littérature pour la jeunesse comme sur ses déclinaisons en images (mangas, films) et ses modes de réception particuliers (fan-fictions). Comme dans Pinocchio et dans les aventures d'Alice, le mythe contemporain continue à mettre en scène des questions cruciales en figurant des êtres qui changent, image de la croissance mais aussi de l'inscription dans une identité sexuée. Mais quels sont les enjeux de ce mythe en ce début de millénaire ? Jusqu'à quel point se transforme-t-il ?
    De prime abord, le plus frappant est que la métamorphose devient une chance, l'horizon à atteindre d'une adaptation merveilleuse. L'être métamorphosé n'est plus l'autre que l'on regarde mais un miroir de celui que l'on pourrait devenir. Au prisme de ce thème, sont interrogés les rapports entre féminin et masculin, humain et non-humain, vie et mort, essence et artifice. Des classiques de la métamorphose aux figures et pratiques singulières de la période actuelle - de la culture sérielle au domaine littéraire -, les objets et questions envisagés ici mettent en lumière des mutations cruciales pour la compréhension d'un imaginaire contemporain.


  • "Perdants" de l'Histoire, et, à ce titre, longtemps maltraités dans l'historiographie française, les dévots sont généralement ravalés à des clichés : catholiques fanatiques pendant les guerres de Religion, suppôts de l'Espagne sous le règne d'Henri IV, comploteurs invétérés sous celui de Louis XIII... Ils sortent enfin de l'ombre avec ce livre, fruit de rencontres organisées à l'Université Paul-Valéry Montpellier III par le Pr Serge Brunet. Les treize contributions retenues couvrent la majeure partie de la période moderne, de la fin du XVI

    e

    siècle au temps des Lumières. Elles reconstituent, tout d'abord, les affinités et les modes d'association des dévots, dans l'orbite de l'Oratoire, de Saint-Sulpice et de la Compagnie de Jésus. Elles approfondissent, ensuite, la question de leur engagement politique, à travers leur implication dans la querelle janséniste, leurs activités dans les provinces françaises, leurs liens avec l'Espagne, leur positionnement à l'égard de la monarchie absolue... Elles restituent, pour finir, leurs oeuvres spirituelles et charitables, en s'attachant à refléter la diversité de ces dernières : dons de reliques, missions rurales, assistance aux pauvres, évangélisation de la Chine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Par l'ouverture à un nouvel horizon d'attente tourné vers l'avenir, l'affirmation des droits naturels face aux dominations héritées du passé, de la primauté de l'acquis sur l'inné, les Lumières apparaissent aujourd'hui comme le moment fondateur d'une nouvelle pédagogie émancipatrice : nouvelle par ses finalités, ses acteurs et ses méthodes, nouvelle également parce qu'elle prépare l'avènement d'un monde nouveau. C'est pourquoi ce numéro interroge la notion d'innovation en pédagogie à la fois comme créativité théorique et comme démarche concrète s'inscrivant dans des contextes pédagogiques, politiques, nationaux ou encore sociaux bien précis. Se pencher sur l'héritage des Lumières dans sa diversité, du XIXe au XXI e siècle, invite ainsi à une réflexion sur les usages de cette notion pour l'histoire de la pédagogie.

  • Dans un contexte où les programmes officiels de l'école maternelle et élémentaire ont peu à peu fait de plus en plus de place à l'écriture précoce des élèves, l'ambition de cet ouvrage est de mettre à disposition des professionnels (chercheurs, formateurs, enseignants) des résultats de recherches récents sur ces premiers pas en écriture et dans l'univers de l'écrit en contexte scolaire.


    Par des perspectives empruntant à différents champs disciplinaires et des démarches variées (historique, collaborative, expérimentale, longitudinale...), les contributions composant cet ouvrage proposent des éclairages complémentaires largement centrés sur l'écriture en maternelle et au début de l'élémentaire. En ressortent des apports, d'une part sur les pratiques enseignantes : les représentations des enseignants, leurs choix et gestes professionnels susceptibles d'aider à la mise en oeuvre de pratiques d'écriture ajustées ; d'autre part sur les apprenants : leurs compétences en construction, leurs difficultés, leurs progrès en ce qui concerne une dimension scripturale précise ou la réalisation de tâches d'écriture plus complexes impliquant le déploiement de compétences multiples.

  • Récemment, de nombreux rapports de l'OCDE, de la Commission européenne ou encore de divers think tanks et centres de recherche ont abouti à la conclusion que les ménages à faible revenu ont été les plus touchés par la crise financière mondiale et la mise en oeuvre par nombre de gouvernements européens de politiques d'assainissement budgétaire. Bien que leur intensité varie selon les pays, les niveaux d'inégalités et de pauvreté sont en moyenne en augmentation et les ménages européens à faible revenu font face à une grave pression financière. En raison des coupes budgétaires dans le domaine des services publics et de régimes de protection sociale moins généreux et accessibles qu'auparavant, les ménages se retrouvent souvent face à une absence de solution pour faire face à leurs problèmes financiers. Certains n'auront pas d'autre choix que d'accumuler des impayés vis-à-vis de leurs fournisseurs d'énergie, de leur propriétaire, etc., tandis que d'autres souscriront des emprunts, légaux ou illégaux, au coût très élevé. Pris au piège entre les solutions inappropriées proposées par le marché et l'absence de réponse des services publics, ces ménages pourraient bénéficier d'une source alternative de crédit répondant à leurs besoins. Dans ce contexte, l'aptitude de la microfinance - en plein essor en Europe alors qu'elle est largement implantée dans les pays en développement - à proposer une telle alternative aux ménages européens devrait être examinée en détail.

  • Alors que les citoyens des États membres de l'Union européenne (UE) sont à nouveau appelés à choisir leurs députés européens au printemps 2019, cet ouvrage interroge la signification et la pertinence d'un concept fréquemment mobilisé dans les débats politiques et académiques européens : L'Europe puissance. Tensions avec la Russie, interrogations sur les relations transatlantiques et l'autonomie stratégique européenne à l'heure de l'administration Trump, incertitudes sur l'aptitude de l'UE à défendre ses intérêts et sa propre vision d'un monde multilatéral à travers des enjeux comme le multilatéralisme et le nucléaire iranien, questionnements permanents sur le rôle d'une UE éventuellement amputée du Royaume-Uni dans le vaste monde, ont renouvelé des débats plus anciens. Pourquoi et comment parle-t-on d'Europe puissance alors que nombreux sont les sujets sur lesquels l'UE peine à faire entendre sa voix ? Comment rendre compte malgré tout de l'action et du rôle réels que joue l'Union sur la scène internationale ? En saisissant le concept d'Europe puissance comme un fragment de discours politique et médiatique mais aussi comme un objet universitaire étonnant, cet ouvrage étudie les liens complexes et parfois contradictoires entre la construction européenne et la puissance, invitant à repenser l'une et l'autre dans le monde incertain d'aujourd'hui. Finalement, l'Europe puissance apparaît comme un concept malléable dans le champ académique, et utile en tant que mythe de la construction européenne comme fragment de discours politique et médiatique, ne décrivant pas une réalité (l'UE telle qu'elle existe), mais un horizon, un idéal vers lequel la construction européenne pourrait tendre selon ses partisans. Étudiants et enseignants en histoire et science politique, citoyens désireux de réfléchir à la place et au rôle de l'UE dans le monde et de mettre en perspective les débats politiques actuels trouveront en particulier matière à réflexion dans cet ouvrage.

  • Jean-Jacques Rousseau connut au Japon une fortune trop longtemps restée ignorée : en effet, ce pays, le premier en Asie à se moderniser à la fin du XIXe siècle, fut traversé entre 1874 et 1890 par un mouvement démocratique opposé au gouvernement impérial. Aux troubles politiques et sociaux s'ajouta un intense bouillonnement intellectuel car le Japon découvrit alors la philosophie politique européenne, les principes de liberté et d'égalité. Jean-Jacques Rousseau joua un rôle majeur en la matière grâce au journaliste et intellectuel Nakae Chômin (1847-1901), qui, après avoir été un des premiers étudiants japonais en France, consacra tous ses efforts à faire connaître la Révolution française et le Citoyen de Genève, par ses traductions et ses écrits. Nakae Chômin introduisit également des lecteurs de Rousseau aujourd'hui oubliés, tels que Jules Barni, Émile Acollas ou Alfred Fouillée, qui eurent un rôle central dans l'établissement de la IIIe République française et de la laïcité. Cette entreprise de traduction lui permit aussi de formuler une pensée mettant le vocabulaire confucéen au service de l'affirmation des idées démocratiques et de tenter une alliance du socialisme et du libéralisme proche de la synthèse républicaine française. La première vague d'intérêt pour Rousseau au Japon fut donc celle du Rousseau politique, celui du Contrat social et des deux Discours. Le but de cet ouvrage est de présenter ce pan méconnu de l'histoire contemporaine japonaise. L'auteur est le premier à traiter de la présence de Rousseau au Japon, toutes langues confondues, tout en renouvelant l'histoire intellectuelle par son intérêt pour la question de la traduction.

  • Le contrat, convention génératrice d'obligations entre personnes, traduit juridiquement des rapports - sociaux, économiques - et sa mise en oeuvre est l'un des fondements de toute organisation sociale. La représentation de ce lien de droit dans le cinéma anglophone constitue le premier axe des études rassemblées dans ce volume. La relation contractuelle s'intègre dans l'intrigue, la narration scellant les rapports entre les personnages, dans tous les domaines et dans tous les genres cinématographiques. Mais, très vite, il apparaît que le rapport purement juridique laisse la place à d'autres relations contractuelles - plus intimes, parfois foncièrement illicites... - ou qu'il devienne prétexte à illustrer de plus vastes desseins.
    Le contrat est également perçu comme modèle de la relation qui s'instaurerait entre le prescripteur (l'auteur, voire l'acteur) et le destinataire (le spectateur) de l'oeuvre cinématographique. Le contrat qu'on dit alors "spectatoriel" est, dans un second axe, l'objet de plusieurs des études réunies ici. Entre horizons d'attente, protocoles de lecture, jeux sur les habitudes du public, promesses de l'inscription dans un genre cinématographique, mobilisation d'une cinéphilie du spectateur, discours médiatiques sur les films, c'est la pertinence de la référence contractuelle pour désigner cette relation diffuse entre un locuteur et un récepteur, accompagnant l'acte de création cinématographique, qui est alors interrogée.

  • Cet ouvrage collectif, partiellement issu d'un colloque organisé à l'Université de Paris-Nanterre, entend rendre justice à l'écrivain guinéen Williams Sassine (1944-1997), qui n'a sans doute pas bénéficié jusqu'à présent de toute l'attention qu'il méritait. Par ce titre en forme de clin d'oeil à l'un de ses romans, il s'agit de rappeler que son oeuvre, riche, diverse et surprenante par ses changements de ton, de genre, de registres et de thèmes, fait de lui l'un des auteurs majeurs de la littérature africaine francophone d'après les Indépendances. L'ouvrage aborde l'ensemble de sa création littéraire, inaugurant ainsi l'analyse de ses oeuvres dramatiques. Ses textes sont soumis à des éclairages variés qui mettent en lumière certains aspects de son esthétique romanesque, soulignent le caractère novateur et postcolonial de son écriture théâtrale ou encore révèlent les enjeux éthiques, politiques et philosophiques qui sous-tendent et déterminent en profondeur l'évolution de l'ensemble de l'oeuvre - romans, pièces de théâtre, nouvelles ou chroniques - depuis la première parution (1973) jusqu'à l'ultime publication, posthume (1998). Complétant l'apport des contributions universitaires, le volume propose enfin d'autres regards sur l'écrivain et son oeuvre : celui de sa biographe, des écrivains Tierno Monénembo et Alioum Fantouré, ses compatriotes, et de comédiens qui ont choisi de mettre en scène les textes de W. Sassine.

  • En 1730, une première loge maçonnique voit le jour au Bengale à Fort William, le comptoir fortifié à partir duquel opère la Compagnie anglaise des Indes orientales. Dès lors, les loges coloniales se multiplient si bien qu'en l'espace d'une décennie, la franc-maçonnerie britannique trouve un ancrage permanent sur le sous-continent indien. Sa rhétorique universaliste vise à promouvoir une véritable fraternité entre les hommes. Pourtant, les premières loges sont composées essentiellement de coloniaux et se font rapidement le relais de l'impérialisme britannique, qui postulait la supériorité naturelle du peuple colonisateur. Cette contradiction apparente entre rhétorique universaliste et participation à l'entreprise coloniale soulève un certain nombre de questions. Comment la franc-maçonnerie s'implante-t-elle et se diffuse-t-elle dans l'Inde britannique ? Accepte-t-elle d'initier les autochtones ? Quels liens entretient-elle avec l'impérialisme britannique ? Enfin, comment parvint-elle à s'accommoder des tensions générées par la contradiction entre son idéal d'universalisme et d'égalité, et son adhésion à l'impérialisme britannique ? L'Inde coloniale, de par son mode d'administration et la grande diversité de ses populations locales, constitue un terrain d'étude privilégié pour examiner les interactions entre la franc-maçonnerie et le pouvoir colonial. Cet ouvrage tente d'offrir de nouveaux éclairages sur le fonctionnement de la franc-maçonnerie tout en proposant une façon originale de penser l'impérialisme britannique, axée sur le rôle des institutions culturelles.


  • Les articles réunis dans ce numéro abordent de différentes manières les relations qui ont existé et qui existent encore entre le théâtre arabe et la culture occidentale ainsi que l'influence exercée par cette dernière sur les arts spectaculaires arabes. Certaines contributions revêtent un caractère historique puisqu'elles retracent de manière générale l'histoire du théâtre arabe en lien bien sûr avec l'art dramatique occidental, d'autres abordent la question en étudiant des pièces adaptées ou inspirées d'après le répertoire occidental et enfin d'autres articles sont consacrés à des dramaturges aussi bien arabes tels Slimane Ben Aïssa, qu'européens comme Philippe Berlin, qui ont réussi à produire un théâtre métissé alliant esprit arabe et forme occidentale.

  • La comédie musicale du prix Nobel de Sainte Lucie (1992), Derek Walcott, a longtemps dormi dans des archives, mais la femme qui inspira le personnage demeure une célébrité en Louisiane, figure de proue d'un folklore populaire, émanation littéralement magique de contes oraux encore vivaces. À l'image de la Nouvelle-Orléans qui la vit naître, Marie Laveau (1792?-1881), métisse libre avec du sang européen, africain et amérindien, "bâtarde affranchie", "Conçue entre les cuisses éméchées d'un pêcheur Cajun et d'une lavandière effarouchée", est un personnage de Carnaval, être de musique, "négresse" qui s'invente Cléopâtre, femme de pouvoir mais aussi d'humiliation aux mains à la fois des hommes et des Blancs. Marie est tragique et comique tour à tour, shakespearienne tardive, caribéenne dans l'âme, éternellement actuelle.
    Jamais traduite à ce jour, cette pièce méritait absolument une traduction dans la langue de Molière.

    Traduction du collectif Passages, sous la direction de Nicole Ollier

  • Ce numéro interroge à la fois le concept de "simulacre" et son usage au XVIIIe siècle, particulièrement mais non uniquement, chez Diderot. En effet, le mot, rendu péjoratif par la critique de l'idolâtrie (conçue comme l'adoration des simulacres) au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, avec des auteurs comme Bayle ou Fontenelle, subit une revalorisation et une re-sémantisation au cours du XVIIIe siècle : le simulacre n'est plus alors une idole trompeuse mais bien une image, une forme, d'un type particulier qui vaut par sa présence et non parce qu'elle représente. C'est en ce sens que Diderot le théorise dans son court texte Mystification et c'est dans cette perspective, celle d'une figuration sensible et d'une expérience de pensée, que les différentes contributions de ce volume explorent et questionnent l'éventail extraordinaire de simulacres ayant figure humaine présent dans l'oeuvre diderotienne : des mannequins, des pantins, des automates, des marionnettes, des statues, des fantômes... et peut-être même des thermomètres.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les articles sont principalement rédigés en espagnol et en français. Les volumes de Varia s'ouvrent largement sur les espaces ibérique et ibéro-américain, sans distinction d'époques, de domaines ou de méthodologies : histoire, civilisation, langue et linguistique, littérature et questions d'actualité.



  • Livre illustré, livre d'artiste, livre de dialogue, livre de peintre autant de dénominations pour désigner les oeuvres dans lesquelles l'image est associée à la poésie. Ces images accompagnent également très souvent les publications pour la jeunesse relevant du genre poétique. Comment la relation entre poésie et art (peinture, dessin, pastel, photographie...) se construit-elle dans ces livres destinés à de jeunes lecteurs ? Le présent ouvrage analyse une production littéraire méconnue par la recherche, les livres de poème(s) illustrés, publiés en France depuis 1995, et s'inscrit donc dans le cadre des études scientifiques portant sur la littérature de jeunesse. À partir d'un vaste corpus d'oeuvres préconisées à l'École, mais pas exclusivement, il propose de définir une typologie prenant en compte l'apport de l'image à la poésie pour l'enfance et la jeunesse. Ce livre s'intéresse donc à la création poétique contemporaine (recueil et album-poème), ainsi qu'aux adaptations (anthologie et poème-album), en croisant les domaines de la littérature, de la sémiologie de l'image et de l'histoire de l'art.

  • Quels sont les entrelacs entre fiction et reconstitution de l'identité d'individus - réels ou imaginaires - et d'artéfacts ? Le processus de dé-identification peut-il avoir une fonction dans la production de nouvelles connaissances ? Quelle fonction revêt la "trace" dans le processus d'identification ? Pourquoi le processus de dé-identification peut-il être vu à la fois comme épuisement de l'identité d'un être ou d'une oeuvre et comme présupposé pour son identification ?
    Telles sont les questions auxquelles répondent les douze contributions réunies dans cet ouvrage dans lequel la problématique de l'identité des êtres et des artéfacts est abordée à partir des processus sous-jacents à la construction, reconstruction et déconstruction de cette même identité.
    Plutôt que se confronter à la/les définition(s) de l'identité en tant que notion ou en tant que support d'un qualificatif qui contribue à en délimiter la signification (e.g. identité nationale, sexuelle, sociale), l'objectif fédérateur de cet ouvrage collectif est de montrer quelles sont les configurations que peuvent acquérir les relations complémentaires et paradoxales entre les processus d'identification et de dé-identification de quelque chose ou de quelqu'un. Il s'agit de considérer ces deux processus comme des phases chronologiquement non orientées de la vie des êtres, ou de leur mise en scène, mais aussi de la production des artéfacts et des oeuvres.
    Des terrains d'investigation qui s'inscrivent dans des champs de recherche différentes - à l'intérieur et à l'extérieur des sciences humaines et sociales - et dans des domaines professionnels et artistiques sont mobilisés. Le croisement de ces différentes perspectives vise à repérer quelles sont les lignes de convergence et de fracture des relations qui traversent la dynamique bipolaire qui relie l'identification à la dé-identification et inversement.

  • Crépuscule du Siècle d'Or ou prélude du siècle des Lumières, le règne de Philippe V a longtemps retenu l'attention par la guerre de Succession d'Espagne qui a marqué ses débuts. Pourtant, l'installation de la maison de Bourbon en Espagne correspond aussi à un temps propice aux échanges, qu'ils soient matériels ou immatériels. Femmes, hommes, idées et objets ont circulé entre la France et l'Espagne à l'heure où de nouveaux rapports politiques et diplomatiques modifiaient leur place en Europe.
    Nombreux et divers, ces transferts sont aisément décelables à la faveur de la venue d'une princesse lorsqu'ils se matérialisent dans des livres ou des vêtements. Ces objets deviennent alors les symboles de l'introduction de nouveaux usages et de nouvelles pratiques. Ils sont aussi favorisés par ces individus moins connus, voire inconnus, qui circulent entre les différents territoires des deux monarchies, des Pays-Bas espagnols à l'Italie, en passant par la France. Analyser les différentes formes de transferts culturels existants entre la France et l'Espagne au temps de Philippe V permet d'offrir une cohérence à des champs d'études trop souvent considérés séparément. Le contexte politique sert ici de cadre à ces échanges sans pour autant que l'histoire de ces derniers ne se confonde avec celles des États concernés. Cette histoire des liens et des transferts culturels offre ici une autre réalité que celle de l'Europe bouleversée par la guerre de Succession d'Espagne.

empty