Presses universitaires de Perpignan

  • Des réfugiés espagnols de la guerre civile ; dans le département de l'Hérault (1937-1939) Nouv.

    Si le département de l'Hérault ne fut pas un département d'accueil, ni même un département de première ou de deuxième urgence, il accueillit cependant, dès le début de la Retirada et après l'ouverture du camp d'Agde au mois de mars 1939 « un nombre non négligeable de réfugiés espagnols (30000 en mai 39). À la demande du préfet Antoine Monis, le chef d'escadron Pignet, commandant la 16e Légion de gendarmerie de l'Hérault, fut chargé, en étroite collaboration avec les commissaires centraux, divisionnaires, spéciaux et les maires du département, de collecter des données démographiques et de dresser des états statistiques des réfugiés espagnols qui étaient transmis ensuite au ministère de l'Intérieur. Cette documentation administrative, conservée aux Archives départementales de l'Hérault dans le fonds Police des étrangers, constitue une source précieuse pour l'historien dans la mesure où elle permet de reconstituer en détail l'exode des réfugiés espagnols dans l'Hérault, sujet sur lequel il n'existait jusqu'à présent aucune monographie.

  • Catalans du Nord et languedociens et l'aide à la République espagnole ; 1936-1946 Nouv.

    Ce volume rassemble les communications présentées à Perpignan le 7 février 2009 dans le cadre de la Journée d'étude de l'Association Maitron Languedoc-Roussillon, en collaboration avec la direction de la Culture de la Ville de Perpignan et de l'Université de Perpignan Via Domitia. Le thème choisi a permis d'aborder des thèmes nouveaux jusqu'ici ignorés ou négligés par l'historiographie. Les huit contributions ont été l'occasion de porter un regard nouveau sur l'aide des Catalans du Nord et des Languedociens à la République espagnole et aux « exilés » de la Retirada de février 1939 : les passages clandestins d'armes entre 1936 et 1939 depuis les Pyrénées-Orientales ; les représentations cinématographiques de la Guerre civile et de la Retirada avec leur arrière-plan politique et leur charge idéologique, ainsi que leur réception par le biais de structures militantes ou associatives ; l'aide aux réfugiés républicains, jusqu'ici restée dans l'ombre, des francs-maçons du comité catholique d'aide et des occitanistes du Languedoc ; les réactions des radicaux méridionaux face aux développements de la guerre civile. Les débats qui ont suivi sont également publiés. Ils ont permis d'approfondir ou d'éclairer quelques-uns des points abordés. L'Association Maitron Languedoc-Roussillon a été fondée en premier lieu pour coordonner, dans une perspective régionale, la rédaction du Dictionnaire du mouvement ouvrier, mouvement social, 1940-1968, 5e partie d'une oeuvre monumentale plus connue sous le nom de Maitron (de son fondateur, Jean Maitron (1913-1987). Les historiens et politistes qu'elle rassemble ont aussi pour objectif d'approfondir et renouveler les problématiques de l'histoire sociale et politique des cinq départements de la région. À cet effet, elle publie Le Midi Rouge et a pour ambition d'organiser des journées d'étude, dont celle de Perpignan, la première d'entre elles.

  • Delphinus - Le dauphin (1543) Nouv.

    Août 1542. La puissante armée du fils aîné de François 1er, le Dauphin de France, entre dans le Roussillon qui faisait alors partie des territoires espagnols, et met le siège devant Perpignan où des troupes de Charles Quint ont eu le temps de se retrancher. C'est cet épisode des guerres entre le roi de France et l'Empereur que raconte la tragédie néolatine de Satorres, professeur de l'université de la ville et témoin direct des événements. Delphinus est un document historique aussi précieux qu'inédit, ainsi qu'une expression originale et réussie de l'humanisme qui fleurit au XVIe siècle dans toute l'Europe. La longue introduction d'Olivier Rimbault constitue la première grande présentation en français de ce phénomène intellectuel, littéraire et culturel pour les territoires catalans.

  • Ce livre de Victorien Lavou Zoungbo constitue une tentative d'articulation de ses travaux autour de la « présence-histoire » des Noirs en Amérique Latine. Il y met particulièrement en exergue les rapports contradictoires des imaginaires sociaux latino-américains aux Noirs. Ces derniers, bien que rendus invisibles ou vécus comme tels par cette structure d'aliénation dont parlait Frantz Fanon, ne cessent cependant pas de fonctionner comme un commutateur d'identités aussi bien individuelles ou collectives que locales, régionales ou nationales. Le livre insiste aussi sur le devenir-sujet des Noirs en Amérique Latine. Il s'agit là d'un processus qui s'est renforcé considérablement à partir de la décennie 1990, suite à des décisions politiques, comme en Colombie, mais surtout du fait même de la mobilisation publique des Noirs. Cela a fatalement conduit à des repositionnements identitaires mais a aussi entraîné une redéfinition de certaines catégories et de certains présupposés, surtout anthropologiques, qui ont servi (et servent encore) à dire le parcours historique des Noirs en Amérique ainsi que leur vécu.

  • À partir de l'étude de plus de 2 000 testaments provenant de 211 localités situées au coeur des « campagnes toulousaines », l'auteur s'efforce d'approcher les attitudes collectives face à la mort, le sentiment religieux des fidèles. Le comportement des habitants d'une région marquée peu de temps auparavant par le catharisme et théoriquement reprise très fermement en mains par l'Église peut être ainsi comparé à celui des fidèles d'autres secteurs géographiques, plus orthodoxes. L'auteur essaie de vérifier si les testateurs du Toulousain sont, à l'image de ceux du Comtat Venaissin, des orphelins, des déracinés, privés de l'accompagnement de leur famille lors de l'agonie, ne rejoignant plus leurs ancêtres au cimetière. Organisent-ils eux aussi leurs funérailles de façon flamboyante, multiplient-ils les messes, les intercesseurs pour raccourcir le temps Purgatoire et pour répondre à l'angoisse liée à la perte des patres ou la mort est-elle encore apprivoisée en Toulousain, les rites de séparation sont-ils accomplis de façon traditionnelle ? Les solidarités entre vivants et morts fonctionnent-elles encore ?

  • Sous ses différentes formes, la relation à l'autre fonde et travaille, depuis toujours tout ou partie des sociétés humaines. De connaissance, de méconnaissance ou d'inconnaissance, cette relation n'est pas à penser comme un tiers-être entre l'Un et l'Autre. Elle est bien plutôt ce qui, en deçà et au-delà de toute onticité, donne à être et l'Un et l'Autre ; mais elle n'a jamais été aussi problématique que depuis que les sociétés les plus distantes les unes des autres, sont en relation directe ou indirecte, que depuis que ce qui s'appelle "le village planétaire" tente, dans le discours au moins, de raboter les différences, niveler les cultures, standardiser les modèles de consommation, limer les aspérités, épurer la planète des doutes et des incertitudes devant la progression de l'économie-monde. Celle-ci, d'ailleurs, n'a de cesse, par un effet de perversion, de "marchandiser" la différence, c'est à dire la relation même à l'Autre. Ce mouvement tente donc de jouer sur deux tableaux contradictoires : dans le même temps qu'il pousse à l'uniformisation, il encourage la différenciation et la démassification, dont il évacue le sens pour n'en garder que les signifiants.

  • RETOUR AUX SOURCES - la Méditerranée - par une double voie d'accès : le goût et l'odorat, sens réputés primitifs voire inférieurs parce que trop liés à la vie instinctuelle et affective. Ils seraient en outre - autre motif de défiance - au service de la jouissance plutôt que du savoir. Les prendre pour guides n'irait donc pas sans risques. Saveurs, senteurs : une invite à régresser jusqu'à ce « Moi-olfactif » - et gustatif - qui précéderait et étayerait un sujet pensant : je sens, je hume, je goûte... donc de la sensation à l'être la conséquence est bonne. La sensation n'inaugure-t-elle pas l'intelligence ? Le corps n'est-il pas le creuset où s'élaborent perceptions et visions du monde ? Il s'agira en fait de saisir, à travers textes et cultures, l'essence de la Méditerranée - mer, mère, corps odorant et sapide, paysage empyreumatique ou bassin miasmatique... - de la citer devant le forum de la sensation pour en découvrir la nature authentique ou fantasmée, non par le truchement de la raison raisonnante mais de la « raison gourmande », qui fait du « monde son aliment » (G. Bachelard). Aspirer à connaître la Méditerranée en anima plutôt qu'en animas, c'est finalement en appeler à « l'ange hédoniste » (M. Onfray), qui prône la réconciliation du corps et de l'esprit, et rappeler à l'homo insipiens contemporain que savoir et saveur sont intimement liés. De même que « la sapience couronne l'ordre du goût, de même la sagacité parfait l'échelle aromatique » (M. Serres). Sapience et sagacité qui constituent - ne l'a-t-on pas quelque peu oublié ? - le fondement de l'aisthêsis, la faculté de juger du goût des choses et des choses de goût.

  • Mettre en tension la généalogie de la « matrice de race » et son imaginaire a constitué l'un des objectifs principaux des Journées d'Études Internationales organisées par le GRENAL autour des enjeux de « race/s ». À travers différentes analyses pratiques portant sur un corpus diversifié, ces journées ont mis l'accent sur certains biais dans la saisie de l'autre non-blanc qui empruntent encore largement au schéma racial. Que celui-ci soit assumé ouvertement ou transfiguré, conscient ou inconscient. L'imaginaire racial ne saurait cependant pas être réduit aux images des non-blancs; il implique une relation hiérarchique, induit des dispositifs de relégation ou de valorisation et, surtout, génère de puissantes identifications très contradictoires dont l'efficace sociale est incontestable.

  • Ce travail se propose d'approfondir le contexte culturel, historique et social qui sert de toile de fond au théâtre de Griselda Gambaro dès les années soixante. En Argentine, durant les années de répression, d'abord avec la dictature de Juan Carlos Onganía (1966] puis avec celle de Rafael Videla (1976), le théâtre est un espace qui sert d'exutoire, ainsi qu'un moyen d'expression qui met en scène les moeurs et les comportements humains. Les pièces analysées dans ce travail dénoncent la perversion de la dictature, ainsi que les exactions infligées par les tortionnaires sur leurs victimes. Dans un contexte politique et social déterminé, le thème de « la victime et du bourreau » est une constante dans ce théâtre qui met l'accent sur les dangers de la coercition et de l'arbitraire exercés par un pouvoir tyrannique.

  • Déjà plus de quarante ans ont passé depuis que Julia Kristeva a introduit le terme d'« intertextualité » dans la langue française. Ce concept critique, d'inscription bakhtinienne. a donné naissance à une multiplicité d'emplois et de théories. Certains ont privilégié l'acception dialogue et interdiscursive du terme, d'aucuns son caractère opératoire, d'autres enfin ont pu y voir te locus même de la littérarité L'intertextualité a pu aussi se voir instrumentalisée par l'école structuraliste afin de servir le triomphe du lecteur consacré par la mort de l'auteur. Bien que critiquée, galvaudée, malmenée, l'intertextualité, même si elle est sans fond, n'est pas sans fondement. Preuve en est son dynamisme fécond sur la scène littéraire contemporaine anglophone de ces dernières décennies. De nombreux auteurs comme Peter Ackroyd, Martin Amis. A. S. Byatt, Brian Castro, J. M. Coetzee. Mark Crick. Paul Di Filippo, David Lodge, Patrick McGrath, Vikram Seth, Graham Swift, Louise Welsh et Jeanette Winterson, dont les textes sont à l'honneur dans cet ouvrage, attestent la vitalité d'une écriture sous influence. Partagés entre angoisse de la dissémination des discours et ancrage symbolique dans un pluriel de voix, ces écrivains se sont appropriés te phénomène intertextuel. Ainsi. Intertextualité devient un concept-dé permettant d'interroger le roman contemporain et inversement le roman contemporain semble imposer une nouvelle réflexion critique sur cette notion. Au-delà du travail intertextuel d'assimilation et de transformation, n'y aurait-il pas une spécificité de l'intertextualité contemporaine qui dépasserait les manipulations d'auteurs modernistes comme Joyce ou Eliot, dont l'écriture est antérieure de plusieurs décennies à l'avènement du concept ? L'intertextualité assumée du texte contemporain ne force-t-elle pas la « refonctionnalisation », entraînant ainsi une transformation radicale de la relation littéraire ? Le rôle du lecteur au sein de cette relation mérite aussi d'être reconsidéré. Ce dernier doit- il encore être vu comme le foyer principal d'actualisation des intertextes ? Parallèlement, l'intertexte n'est-il au service que de la dissémination, ou faut-il l'envisager comme une modalité de la fonction-auteur? C'est à l'ensemble de ces questions que tâchent de répondre les auteurs des diverses études rassemblées dans ce recueil.

  • Les textes rassemblés ici émanent d'amis, de collègues et d'anciens étudiants de Jean Sagnes. Celui-ci, historien du mouvement ouvrier, du politique et, last but not least, de la vigne et du vin, parce qu'il a dans ses travaux manié tous les angles d'approche, utilisant tour a tour l'analyse économique et politique, l'arsenal de la statistique comme celui de l'analyse des représentations, nous a paru devoir être salué par le même mouvement de l'unité dans la diversité. Ainsi, cet ouvrage se compose-t-il de quatre parties, exploration de quelques grands domaines, quelques grands champs de l'histoire dont Jean Sagnes a su faire son miel : champs théorique et historiographique ; histoire des champs, histoire économique ; champ politique ; champ des représentations. Nul doute que le lecteur ne trouve à la croisée de ces champs divers de quoi construire son propre itinéraire de lecture.

  • Cet ouvrage regroupant les contributions d'archéologues, historiens, juristes, urbanistes présente les monde rural et ses acteurs dans la longue durée, de la préhistoire au XXe siècle pour la zone méditerranéenne. Plusieurs problèmes y sont abordés: installation des hommes, action de ceux-ci sur le milieu: défrichement, mise en culture, constitution d'un habitat (groupé ou isolé, permanent ou temporaire).

  • Le tourisme est un secteur important d'activité pour certains pays en développement mais est-il toujours un facteur de développement ? Constitue-t-il vraiment une solution ou au contraire un problème sur le plan économique et social des régions voire des pays défavorisés. Sa capacité à améliorer la qualité de la vie en société ou au contraire à la dégrader, à résoudre ou à créer des problèmes sociaux, à préserver le patrimoine ou à le détruire est incontestable. Les communications présentées dans cet ouvrage présentent quelques-unes des opportunités offertes par ce phénomène et soulignent la nécessité d'en contrôler la croissance susceptible de menacer l'environnement naturel et la vie sociale et culturelle des pays concernés. Dans ce cadre, et même si l'expansion du tourisme relève souvent du secteur privé, le rôle de la firme (grandes entreprises autant que petites et moyennes entreprises) et la place dévolue à l'éthique, ne doivent pas occulter la responsabilité des pouvoirs publics garants de la stabilité politique, de la gestion de l'environnement et de la sécurité, qui conditionnent le succès des destinations.

  • C'est une évidence : aussi bien l'école, dans son rôle social, que les langues, en tant que compétences à acquérir, sont au coeur de vifs débats publics. La réflexion de cet ouvrage collectif porte sur les rapports entre langues, école et société. En matière de langue et de culture, l'institution scolaire a jusqu'ici été le plus souvent envisagée comme un instrument d'homogénéisation nationale, au détriment des langues minorées, « régionales » ou « d'im­migration ». A contrario, l'école peut-elle aujourd'hui, dans un contexte de globalisation des échanges dont on a pris conscience qu'il menace la diversité, contribuer à sauver des langues et des cultures en voie de disparition ? Par ailleurs, la prise en compte en milieu éducatif des langues autres que la langue nationale, n'est-elle pas un bon moyen d'intégrer sans assimiler, c'est-à-dire en respectant et même en valorisant les différences et non pas en les niant ou en les pourchassant ? Et si tant est que l'on choisisse la première de ces options, quelles sont les voies les plus adé­quates de la planification linguistique scolaire qu'elle suppose ? quelles expérimentations didactiques et pédagogiques mener ? et jusqu'où ces actions, insérées dans le cadre scolaire, sont-elles aptes à avoir des effets d'entraînement décisifs sur les sociétés qui entourent l'école ? Du colloque réuni à l'Université de Perpignan - Via Domitia les 30 septembre et 1er octobre 2005 résulte une trentaine de contributions émanant d'universitaires, de formateurs d'enseignants et d'enseignants, suivies d'une table ronde finale, à partir, pour l'essentiel, de trois terrains : celui des « langues de France » (régionales et de l'outre-mer) ; celui des « langues propres » des communautés autonomes espagnoles ; celui des territoires de langue catalane.

  • La difficulté de la traduction juridique est une évidence. Que le traducteur soit linguiste ou juriste il devra affronter, au-delà du passage, inhérent à toute traduction, d'une langue de départ à une langue d'arrivée, le passage d'un système juridique à un autre. Alors que se forme l'Europe des Nations et que s'établissent des traités internationaux d'échanges commerciaux, à l'aube de la mondialisation, quelles solutions peut-on apporter à ces problèmes ? Des pays bilingues et bi-systémiques comme le Canada ont vu se développer la spécialité juridico-linguistique. La solution viendra-t-elle des jurilinguistes ?

  • Actes du IVe Colloque International sur le théâtre, domaines hispanique, hispano-américain et mexicain, en France, organisé les 8, 9 et 10 octobre 1998 à l'Université de Perpignan, par le Centre de Recherches Ibériques et Latino-américaines de l'Université de Perpignan.

  • Si les animaux ont bien une histoire, ce domaine de la recherche historique demeure encore aujourd'hui peu exploré. Dans le cadre du C.R.Hi.S.M. et des journées scientifiques du Pôle Européen (Montpellier), Marie-Claude Marandet s'est entourée d'une équipe pluridisciplinaire de chercheurs pour lever un pan du voile qui recouvre ce sujet essentiel pour la compréhension du passé. En diversifiant les points de vue et en privilégiant une approche diachronique, cet ouvrage témoigne de la fécondité de cet objet d'investigation à part entière qu'est l'animal. Au travers de 10 contributions, de nombreux éclairages inédits sont ainsi offerts au lecteur. Il semble que l'on gère très tôt les ressources animales : ainsi, l'augmentation de la taille des bovins au XIIIe siècle, notée par les archéozoologues, peut s'expliquer par de possibles échanges commerciaux apportant des animaux plus grands, mais aussi par une transformation des animaux locaux, obtenue, par exemple, par une reproduction plus tardive des femelles. Le bétail apparait dans les textes normatifs comme destructeur potentiel de récoltes : on lui interdit une partie du finage et, même, à Toulouse, au XVIIIe siècle, les propriétaires de chiens doivent les tenir attaches au temps des vendanges pour empêcher qu'ils n'aillent dans les vignes manger les raisins. L'animal est, très tôt, considère comme une source de pollution, de maladies, on insiste sur les nuisances, les accidents liés à sa présence et on interdit même parfois l'élevage familial. Des coutumes du XIIIe siècle règlementent la qualité des viandes et abats proposes sur les marches, sujet toujours d'actualité.

  • En reliant les notions de « profusion » et d'« unité », le présent ouvrage s'interroge sur les rapports contradictoires, ambigus et passionnels qui s'instaurent entre ces deux dispositions littéraires. Venus d'horizons divers, les contributeurs ont croisé les angles d'approche ; leurs analyses, qui mettent en regard des oeuvres et des pensées de toutes les époques, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, mettent en évidence l'unité de la chose littéraire dans la profusion de ses expressions et montrent en quoi la complexité, quand elle prend la forme du foisonnement et de la diversité, pose toujours aussi la question du sens, c'est-à-dire de la cohérence et de la clarté, en dépit de l'écueil du désordre et de la confusion.

  • La littérature, dans la pratique fragmentaire de l'écriture, rejoint la jouissance au sens de Barthes. Commencer et finir, sans nécessité de construire de grands édifices, pour commencer et finir justement, sans cesse, en répétant le plaisir du premier mot, des premières images qui n'ont pas le temps de devenir clichés, commencer et finir pour éviter d'imposer un Moi unique, la présence d'un Auteur, pour détruire la représentation d'un monde... Le fragment littéraire montre ses intentions sans les développer, et par là même il rejette toute doxa mais, en même temps, il signale le danger d'en créer une de toute pièce, car en voulant peu dire souvent ce dire devient parole d'ordre.

  • L'étude du patrimoine industriel est née, dans le courant du 20e siècle, comme une « archéologie » ayant comme objectifs premiers la mise en place de l'inventaire et la sauvegarde matérielle ou documentaire du patrimoine bâti et technologique. Cette vocation de sauvegarde des friches industrielles et des machines n'a cessé d'évoluer vers une approche de plus en plus intégrale des paysages, des cadres de vie, des objets, du patrimoine iconographique, et même de l'imaginaire des sociétés industrielles. Cette perspective est nécessairement liée à l'histoire économique, qui explique comment sont produits les éléments considérés maintenant comme un héritage. Le Languedoc Roussillon, au riche passé industriel, dispose sans aucun doute possible d'un patrimoine industriel et technique qui mérite d'être mieux connu. Pour cela, il apparaît naturel d'intégrer la région dans l'espace dans lequel elle s'insère : la méditerranée occidentale. La mise en perspective par rapport au Principat catalan est logique : cet espace voisin dispose d'un savoir faire très avancé dans l'histoire économique et dans la mise en valeur d'un patrimoine industriel de premier ordre. Cet ouvrage se propose de faire le point sur quelques éléments d'histoire de la société industrielle, mais aussi sur des stratégies de conservation et de mise en valeur (muséographie et tourisme industriel). Il aborde les paysages de la société industrielle et évoque quelques projets de valorisation de ce patrimoine dans la région.

  • La lettre tue, soit. Mais qu'en est-il de la parole dite vive ? Nous pensons d'habitude à ses vertus communicatives, « à la chaleur que tisse la parole/ autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous » (Tristan Tzara). Cependant, lorsque la haine, l'indignation, la colère ou la peine investissent la langue, la chaleur devient vite insoutenable. On appelle « invective » cette fulguration de la langue, ces paroles ou ces discours agressifs visant à réduire l'adversaire, quel qu'il soit, au silence et au néant. Au lieu d'essayer de conceptualiser une notion, il s'agit ici de mettre en évidence des opérations. Ainsi, la première partie (« Présentations ») s'ouvre aux foudres de l'invective (spontanée, codifiée ou littéraire) pour tenter de décrire, et d'expérimenter, deux des processus qui la constituent : un processus irruptif au fil duquel l'affect violent « s'expulse » en passant dans la voix et la langue du furieux ; et un processus ruptif quidélie, sépare et éloigne définitivement les parties en conflit. La deuxième partie (« Littérature et Représentations ») explore plus avant les rapports entre le corps et le verbe, en suivant le cours de l'histoire culturelle occidentale. Quand le corps reprend la parole, non seulement il se met à parler de nouveau, mais aussi il reprend ce qui lui revient, ce qui vient de lui. Reprendre la parole, c'est à la fois l'amender, l'améliorer (comme on reprend des bas) et la blâmer, la réprimander, la condamner. L'invective connaît ainsi une visée proprement poétique.

  • « Isolés par la mer, les insulaires sont plus tournés vers eux-mêmes. Leur terre ferme, la vraie, est de l'autre côté du chenal. Cet écart [...] suscite parfois des formes d'originalité singulière », observe Predrag Matvejevitch. Le Colloque de la Société Française d'Études Irlandaises s'était fixé pour objet d'explorer l'espace entre insularité et singularité dans le développement d'une Irlande qui, au moment même où elle paraît s'affirmer, semble partir à la dérive, telle l'île démarrée de Sebastian Barry ou l'île soluble de Fintan O'Toole, dont le dernier ouvrage porte le titre évocateur de The Ex-Isle of Erin. Vingt spécialistes présentent ici le point de vue de poètes et de romanciers, explorent cinq aspects majeurs de la question nord-irlandaise et analysent les mutations identitaires, culturelles et spirituelles d'une Irlande longtemps réduite à n'être, selon la formule lapidaire de G. B. Shaw, qu'une « île derrière une île ».

  • La multiplication des voyages et la croissance exponentielle du tourisme ne sauraient rester sans incidence sur les sciences de l'homme : parmi les multiples découpages qu'elles propo­sent de leur objet - homo sapiens, demens, loquens, ludens, etc. - l'homo itinerans ne serait-il pas en passe d'occuper aujourd'hui une place prépondérante sinon la première ? Traduction du nomadisme et de cette mobilité sinon instabilité foncières où l'on a vu une des caractéristiques de notre condition postmoderne, la vogue des voyages et l'essor de l'industrie du tourisme semblent indiquer que le mouve­ment a supplanté le rire comme propre de l'homme. Ainsi, le "voyager", exercice profitable et formateur dans la pratique, ne l'est pas moins dans la théorie en tant que thème de réflexions. Certes, la voie a déjà été tracée et parcourue en tous sens par maints précurseurs et devanciers - écrivains-voyageurs, philosophes, anthropologues et sociologues -, mais il y a toujours quelque profit à se mettre en route ne serait-ce que pour revenir « plein d'usage et raison » sur quelques lieux communs, motifs et thèmes relatifs au voyage qui, bien que familiers et allant de soi, n'ont peut-être pas totalement livré tout leur sens et épuisé leur capacité à susciter étonnement et interrogations. C'est cette conviction qui a animé les vingt-deux auteurs de Boulever­sants Voyages : Itinéraires et Transformations, ouvrage-carrefour, trivial, au sens originel du terme, où se rencontrent et s'entrecroisent les préoccupations, les méthodes et les parcours de spécialistes de lit­tératures anciennes ou modernes et de sociologues membres de l'équipe de recherches du V.E.C.T. (Voyages, Échanges, Confronta­tions, Transformations : Parcours méditerranéens de l'espace, du texte et de l'image). Fondée en 1997, dans le cadre de l'École Docto­rale "Sciences humaines et sociales" de l'Université de Perpignan, cette nouvelle équipe a pour objectif principal de développer un pôle scientifique interdisciplinaire spécialisé dans l'analyse des images et des schèmes du voyage, ainsi que des processus d'échange, de confrontations et de transformations qui lui sont associés. Fruit d'une réflexion collective, Bouleversants Voyages : Itinéraires et Trans­formations regroupe sous trois rubriques - Initiations, Fondations, (Pré)destinations ; L'Autre en relations ; La (Re)construction de soi - vingt-deux contributions originales sur le thème du voyage et de la "commotion" radicale qu'il entraîne.

  • L'illisible est constitutif de toute écriture voulant déjouer le pouvoir du commercial et celui des modes, toute littérature qui se pense comme geste authentique de révolte contre la doxa et toutes les idéologies de l'Unique. Et, en même temps, les écritures qui prétendent créer un nouvel espace de sens se nourrissent d'illisible et organisent des stratégies capables de le gérer. Ce livre se propose de réfléchir sur cette notion, d'en souligner les valeurs, de déterminer ses rapports au politique... Il s'agit de penser ces écritures, expérimentales ou subversives, la plupart du temps considérées comme hermétiques, ou étiquetées en tant que telles, dans leurs relations au corps, au sujet, à la langue ou à l'histoire. S'« il n'y a rien d'incompréhensible » (Isidore Ducasse) ; si « tout vrai langage est incompréhensible » (Antonin Artaud) ; si « rien n'est jamais illisible, rien n'est jamais complètement lisible » (Philippe Sollers), de quelle façon, à partir de quelles stratégies, l'illisible s'organise-t-il ? Comment ordonnance-t-il des prises de position dans le champ du savoir littéraire et dans celui de sa pratique ? Il s'agit d'autre part de créer des espaces pour qu'une pensée de l'illisible permette de confronter des idées et des textes. Les écrivains dits illisibles subissent le plus souvent un profond silence qui touche leur oeuvre même. Qu'on les considère comme excentriques, inclassables ou fous du langage ; qu'on les évacue de tous les réseaux médiatiques ou que, au contraire, on les présente comme des sujets bizarres, jusqu'à l'inflation, délaissant leurs textes au profit de leur vie, ramenant le conflit qui les occupe avec la langue à un conflit essentiellement oedipien, ou qu'on les ignore complètement, jusqu'à en oublier le nom, les écrivains illisibles s'effacent derrière des textes qui ne demandent qu'à être écoutés. Peut-être même l'illisible s'instaure-t-il autour de textes qui, au-delà de l'écrit, sont, en premier lieu, à entendre. Car de l'illisible naît un rythme propre qui situe l'écriture du côté de la voix.

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