cherche midi (réédition numérique FeniXX)

  • Pierre Merlin est grand reporter. Tandis qu'il suit les opérations de Francs-tireurs croates, au nord de Zagreb, son fils unique, André, jeune avocat, se tue en voiture du côté d'Albertville. Pierre rentre en France après l'enterrement. Il se sent responsable de la mort de son fils. Ce drame accélère la rupture avec sa femme Mathilde. La douleur, conjuguée au sentiment de culpabilité, le pousse à revenir sur les lieux de son enfance, dans un village de la Drôme. Là, il prendra du recul, réfléchira, écrira le témoignage sur la guerre qu'il porte en lui. Ce roman, où le drame individuel et le drame collectif se rejoignent, est la relation de cette parenthèse d'un homme de cinquante ans qui tente, par l'écriture, d'exorciser certains fantasmes et de se mettre en paix avec lui-même. Dans la maison de vieux amis, Pierre retrouve le goût des choses quotidiennes, un rythme de vie oublié. Il redécouvre des lieux de mémoire. Il s'efforce d'apprivoiser, jour après jour, sa douleur, en partageant son temps entre des fouilles dans une carrière, son jardin d'argile, et l'écriture du livre. La vie va-t-elle reprendre ses droits ?

  • Pierre Merlin est grand reporter. Tandis qu'il suit les opérations de Francs-tireurs croates, au nord de Zagreb, son fils unique, André, jeune avocat, se tue en voiture du côté d'Albertville. Pierre rentre en France après l'enterrement. Il se sent responsable de la mort de son fils. Ce drame accélère la rupture avec sa femme Mathilde. La douleur, conjuguée au sentiment de culpabilité, le pousse à revenir sur les lieux de son enfance, dans un village de la Drôme. Là, il prendra du recul, réfléchira, écrira le témoignage sur la guerre qu'il porte en lui. Ce roman, où le drame individuel et le drame collectif se rejoignent, est la relation de cette parenthèse d'un homme de cinquante ans qui tente, par l'écriture, d'exorciser certains fantasmes et de se mettre en paix avec lui-même. Dans la maison de vieux amis, Pierre retrouve le goût des choses quotidiennes, un rythme de vie oublié. Il redécouvre des lieux de mémoire. Il s'efforce d'apprivoiser, jour après jour, sa douleur, en partageant son temps entre des fouilles dans une carrière, son jardin d'argile, et l'écriture du livre. La vie va-t-elle reprendre ses droits ?

  • Ancien leader de la prestigieuse « Patrouille de France », et lieutenant-colonel d'aviation, Jean-Louis Monnet a pratiqué un métier d'exception, où la vie se pilote parfois aux limites, et dans lequel l'action et la méditation ne peuvent être dissociées. Aux histoires vécues de ce livre passionnnant, se mêlent réflexions, impressions et sentiments. Ainsi, malgré sa méfiance des systèmes politiques, affirmant sa foi en l'homme, l'auteur transmet les ailes du saltimbanque, comme un message d'espoir et de sagesse.

  • Qui n'a rêvé, un jour, de monter dans un train qui partirait à l'aventure ? Philippe Mélul a concrétisé ce rêve, en réalisant le premier tour du monde en train. Pendant un an, il a emprunté les trains les plus prestigieux (Transsibérien, Orient-Express, Indian Pacific), et les plus insolites (train du Négus de Djibouti à Addis-Abeba, Nariz del Diablo en Équateur, train du col du Condor en Bolivie), pour parcourir cinq continents, trente pays, totalisant plus de 52 000 km en quelque 1 200 heures sur les rails. « Couché mou », « assis dur », debout, perché sur le toit, accroché à la locomotive, coincé entre des ballots, voyageurs en surnombre et volailles, Philippe Mélul a vu des paysages grandioses, traversé des villes chargées d'Histoire, rencontré des hommes qui l'ont initié à leur culture. Sa vision du monde a changé, et sa vie également puisque, au cours de son périple, il a rencontré Elena, une Argentine devenue sa femme.

  • Qui n'a rêvé, un jour, de monter dans un train qui partirait à l'aventure ? Philippe Mélul a concrétisé ce rêve, en réalisant le premier tour du monde en train. Pendant un an, il a emprunté les trains les plus prestigieux (Transsibérien, Orient-Express, Indian Pacific), et les plus insolites (train du Négus de Djibouti à Addis-Abeba, Nariz del Diablo en Équateur, train du col du Condor en Bolivie), pour parcourir cinq continents, trente pays, totalisant plus de 52 000 km en quelque 1 200 heures sur les rails. « Couché mou », « assis dur », debout, perché sur le toit, accroché à la locomotive, coincé entre des ballots, voyageurs en surnombre et volailles, Philippe Mélul a vu des paysages grandioses, traversé des villes chargées d'Histoire, rencontré des hommes qui l'ont initié à leur culture. Sa vision du monde a changé, et sa vie également puisque, au cours de son périple, il a rencontré Elena, une Argentine devenue sa femme.

  • Claire Dormentin, pour des raisons secrètes, est obligée de quitter sa province. Elle s'installe à Paris. Les années passent. Claire, discrète, solitaire et ordonnée, poursuit sa vie sous l'emprise d'une rassurante routine, à l'écart des autres locataires, quand un événement brutal confronte les habitants de cet immeuble à une cruelle réalité. Dans une oeuvre, à laquelle nul ne restera indifférent, Viviane Villamont nous fait découvrir, avec sensibilité et justesse d'observation, la vie d'une femme qui n'a pu échapper à son destin.

  • Claire Dormentin, pour des raisons secrètes, est obligée de quitter sa province. Elle s'installe à Paris. Les années passent. Claire, discrète, solitaire et ordonnée, poursuit sa vie sous l'emprise d'une rassurante routine, à l'écart des autres locataires, quand un événement brutal confronte les habitants de cet immeuble à une cruelle réalité. Dans une oeuvre, à laquelle nul ne restera indifférent, Viviane Villamont nous fait découvrir, avec sensibilité et justesse d'observation, la vie d'une femme qui n'a pu échapper à son destin.

  • Ancien leader de la prestigieuse « Patrouille de France », et lieutenant-colonel d'aviation, Jean-Louis Monnet a pratiqué un métier d'exception, où la vie se pilote parfois aux limites, et dans lequel l'action et la méditation ne peuvent être dissociées. Aux histoires vécues de ce livre passionnnant, se mêlent réflexions, impressions et sentiments. Ainsi, malgré sa méfiance des systèmes politiques, affirmant sa foi en l'homme, l'auteur transmet les ailes du saltimbanque, comme un message d'espoir et de sagesse.

  • Au cours des premières décennies de ce siècle, la renommée d'André Suarès (1868 - 1948) fut presque aussi haute que celle de Gide, Claudel, Péguy, Romain Rolland, Valéry. Maître à penser de plusieurs générations d'écrivains et d'intellectuels, Suarès fut, à travers plus de quatre-vingts livres dont le célèbre Voyage du Condottière, tour à tour essayiste, biographe, critique, dramaturge, historien, philosophe, polémiste politique. Mais il se voulait d'abord poète. Or c'est l'aspect le plus méconnu de son oeuvre. Ses poèmes en prose proposent une vaste méditation sur la grandeur et l'ascétisme. Ainsi Bouclier du zodiaque, conçu entre 1900 et 1905, est-il un livre secret d'un lyrisme éclatant. Au rythme des mois, Suarès y évoque la fatalité des passions de l'homme et de la femme. Aux saisons de la nature, éclairées par le feu du soleil qui donne élan et force, répondent les sentiments de l'homme. Suarès voulait faire du Bouclier un bréviaire, un office mystique. Sa ferveur lyrique nous éblouit.

  • Au cours des premières décennies de ce siècle, la renommée d'André Suarès (1868 - 1948) fut presque aussi haute que celle de Gide, Claudel, Péguy, Romain Rolland, Valéry. Maître à penser de plusieurs générations d'écrivains et d'intellectuels, Suarès fut, à travers plus de quatre-vingts livres dont le célèbre Voyage du Condottière, tour à tour essayiste, biographe, critique, dramaturge, historien, philosophe, polémiste politique. Mais il se voulait d'abord poète. Or c'est l'aspect le plus méconnu de son oeuvre. Ses poèmes en prose proposent une vaste méditation sur la grandeur et l'ascétisme. Ainsi Bouclier du zodiaque, conçu entre 1900 et 1905, est-il un livre secret d'un lyrisme éclatant. Au rythme des mois, Suarès y évoque la fatalité des passions de l'homme et de la femme. Aux saisons de la nature, éclairées par le feu du soleil qui donne élan et force, répondent les sentiments de l'homme. Suarès voulait faire du Bouclier un bréviaire, un office mystique. Sa ferveur lyrique nous éblouit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 1er janvier 1999, l'Europe vivra, avec la création de l'euro, un événement unique. Pour la première fois dans l'histoire économique contemporaine, onze pays sur les quinze que compte l'Union européenne auront renoncé volontairement à leur monnaie nationale pour adopter une monnaie unique et unir leur destin monétaire. Une formidable aventure dans laquelle se sont engagés près de 300 millions d'Européens. Avec le double espoir de faire de l'euro l'instrument d'une meilleure intégration européenne et un facteur de rééquilibrage du système monétaire international susceptible, à terme, d'atténuer l'actuelle suprématie du dollar américain. La parole est maintenant aux acteurs de la vie économique : financiers, industriels, consommateurs, épargnants, investisseurs. Désormais, c'est au monde des affaires que revient le devoir de se réapproprier l'euro, d'expliquer les avantages - ou les inconvénients - qu'il pense retirer d'une Europe monétairement unie et de l'accroissement de la concurrence qui va nécessairement en résulter. C'est à cet exercice que se sont livrés, dans le présent ouvrage, les présidents-directeurs généraux de quelques-uns des principaux groupes français, représentatifs de l'industrie, de la finance et des services. Chefs d'entreprise, ils s'expriment sur le nouveau paysage résultant de la création d'Euroland. Citoyens du monde, ils évoquent l'avenir politique de l'Europe, bientôt élargie aux pays de l'Est, et le rôle dévolu désormais à la Nation comme à la région.

  • Charles de Gaulle a déjà suscité de nombreux livres. Mais il n'existe pas - ou peu - d'ouvrages qui, à l'égal de celui-ci, montrent dans une perspective chronologique combien il sut incarner l'homme des refus, mais aussi des recours. De mai-juin 1940 à mai 1968, en passant par mai 1958, les barricades de janvier 60, le putsch d'Alger en avril 61, la crise de Berlin de 1958 à 1961, celle de Cuba en octobre 62 et le conflit israélo-arabe de juin 67, l'auteur explique comment de Gaulle, mieux qu'aucun autre politique de son temps, réussit à exploiter les circonstances pour réaliser ses objectifs, le premier d'entre eux étant de rendre à la France sa grandeur et sa mission libératrice. Il souligne, en outre, combien fut présente, chez le fondateur de la Ve République, la préoccupation de pourvoir l'État des instruments nécessaires à la prévention et la gestion des crises du futur.

  • Après Les Pensées et les Essais, Maximes et Conférences, voici avec ces Dialogues en forme de tringle, le troisième volet du triptyque de l'oeuvre de Pierre Dac. Le Maître, disparu en 1975 à cause d'un manque de savoir-vivre, s'affirme, à chaque nouvelle parution, comme un des penseurs les plus originaux de l'époque contemporaine, dans l'ordre de la réflexion loufoque vue sous l'angle absurdo-métaphysique. Adoptant cette fois un genre littéraire que Platon mit à l'honneur - celui des dialogues -, Pierre Dac engage une longue et fructueuse conversation avec l'éblouissant Gédéon Burnemauve (G.B. pour les intimes) dont le lecteur appréciera, au fil des pages, la logique cartésienne et loufoque - et réciproquement -. Après Erik Satie, qui écrivait des mélodies en forme de poire, notre Prince des penseurs accomplit ici un exercice de haute voltige intellectuelle sans filet (ni contre-filet) formulant sa pensée - et c'est là l'audace - en forme de tringle. Une tringle dont on ne voudrait jamais voir se baisser le rideau.

  • Après Les Pensées et les Essais, Maximes et Conférences, voici avec ces Dialogues en forme de tringle, le troisième volet du triptyque de l'oeuvre de Pierre Dac. Le Maître, disparu en 1975 à cause d'un manque de savoir-vivre, s'affirme, à chaque nouvelle parution, comme un des penseurs les plus originaux de l'époque contemporaine, dans l'ordre de la réflexion loufoque vue sous l'angle absurdo-métaphysique. Adoptant cette fois un genre littéraire que Platon mit à l'honneur - celui des dialogues -, Pierre Dac engage une longue et fructueuse conversation avec l'éblouissant Gédéon Burnemauve (G.B. pour les intimes) dont le lecteur appréciera, au fil des pages, la logique cartésienne et loufoque - et réciproquement -. Après Erik Satie, qui écrivait des mélodies en forme de poire, notre Prince des penseurs accomplit ici un exercice de haute voltige intellectuelle sans filet (ni contre-filet) formulant sa pensée - et c'est là l'audace - en forme de tringle. Une tringle dont on ne voudrait jamais voir se baisser le rideau.

  • Comment et pourquoi devient-on écrivain ? Dix-huit écrivains répondent : autant de portraits à vif tracés dans la vie d'écrivain de chacun, avec ses manies d'écriture, ses problèmes techniques, sa position par rapport à ses confrères ou les écoles littéraires, ou même ses regrets éventuels... Une analyse vivante de la littérature d'aujourd'hui.

  • Depuis son précédent ouvrage, Fin de siècle en solde, Philippe Val a poursuivi ses chroniques sur France Inter, où il exprime sa vision de la société française et celle du monde d'une manière impitoyable et dérangeante. Il est, selon Philippe Labarde, préfacier de ce volume, « un chroniqueur engagé qui sait que l'objectivité n'existe pas et qu'il lui faut tendre vers cette subjectivité désintéressée dont parlait Hubert Beuve-Méry ». En lisant ces chroniques, vous allez rire souvent, vous émouvoir parfois, mais surtout, vous aurez la sensation de dialoguer amicalement avec un esprit libre. En ces temps où les catéchismes politique et religieux font encore tant de victimes, ce n'est pas si fréquent.

  • Des centaines d'hommes se noient chaque année dans la Méditerranée en tentant - du détroit de Gibraltar à l'Adriatique - de gagner l'Europe sur des embarcations de fortune à partir des côtes africaines. Fawzi Mellah a décidé de suivre le périple d'un groupe d'immigrés clandestins et il est parti d'un port proche de Tunis sur une barque. Il nous dit les peurs et les espoirs de ces damnés de la mer prêts à tout pour assurer un devenir aux leurs. De la traversée aux passages illégaux de plusieurs frontières, de la brutalité des douaniers à la cupidité des passeurs, c'est à un voyage au bout de l'horreur qu'il nous convie. Et pourtant, aucun pathos ne se glisse sous sa plume. Son document est un constat froid et implacable sur un des drames humains d'aujourd'hui, né des nouveaux soubresauts de l'Histoire et du nouvel ordre économique mondial.

  • Gustave Courbet (1819-1877) est né à Ornans, dans le Doubs. Il est toujours resté fidèle à la Franche-Comté, quoique devenu parisien. Du moins jusqu'au moment où il dut s'exiler en Suisse. En effet, peintre célèbre dans toute l'Europe, il fut rendu responsable de la destruction de la colonne Vendôme sous la Commune. Courbet, peu de temps auparavant, avait appelé à son « déboulonnage ». Il est vrai que, par ailleurs, il s'impliqua nettement dans la Commune de Paris, en devenant une sorte de ministre des Beaux-arts, après avoir été élu président de la Fédération des artistes. C'est, en fait, à la protection des monuments historiques, et particulièrement des collections du Louvre qu'il se consacra. Parmi les communards, c'était un modéré, tendance Proudhon. Il n'en paya pas moins cet engagement de quelques mois de prison, dès la reprise de Paris par les Versaillais. Plus tard, il fut condamné à payer les frais de rétablissement de la colonne. On lui en voulait, surtout, d'avoir toujours été un artiste engagé dans la gauche républicaine, socialiste et anticléricale, un artiste pour qui l'art se devait d'être politique, un artiste révolutionnaire. Courbet fut très tôt le leader de l'opposition à l'académisme alors que celui-ci ânonnait les vieilles recettes allégoriques de la peinture classique et que le romantisme n'en bouleversait guère les règles conventionnelles. Élargissant une troisième voie, qui n'était encore que timidement empruntée (notamment par Millet et Corot) entre celles que balisaient Delacroix et Ingres, il fut le maître du réalisme. Peintre de la nature, des paysages de la vallée de la Loue, de la chasse et des animaux traqués par les chasseurs, il fut aussi un grand portraitiste. C'est surtout par des compositions monumentales (Un enterrement à Ornans, L'Atelier) qu'il se fit remarquer et qu'il heurta la bonne conscience artistique, surtout quand les préoccupations sociales (Les Casseurs de pierre) ou érotiques (Le Sommeil) y étaient flagrantes.

  • Après avoir appris aux enfants comment écrire un poème, Vénus Khoury-Ghata invite ses jeunes lecteurs à découvrir le vrai visage des arbres, mais aussi des oiseaux, du ruisseau, du jardin, des feuilles, des saisons. Chaque poème est une histoire ou une fable qui a su garder intact l'esprit d'enfance. L'ensemble procure un véritable bonheur de lecture. Une fête de l'imaginaire.

  • Gustave Courbet (1819-1877) est né à Ornans, dans le Doubs. Il est toujours resté fidèle à la Franche-Comté, quoique devenu parisien. Du moins jusqu'au moment où il dut s'exiler en Suisse. En effet, peintre célèbre dans toute l'Europe, il fut rendu responsable de la destruction de la colonne Vendôme sous la Commune. Courbet, peu de temps auparavant, avait appelé à son « déboulonnage ». Il est vrai que, par ailleurs, il s'impliqua nettement dans la Commune de Paris, en devenant une sorte de ministre des Beaux-arts, après avoir été élu président de la Fédération des artistes. C'est, en fait, à la protection des monuments historiques, et particulièrement des collections du Louvre qu'il se consacra. Parmi les communards, c'était un modéré, tendance Proudhon. Il n'en paya pas moins cet engagement de quelques mois de prison, dès la reprise de Paris par les Versaillais. Plus tard, il fut condamné à payer les frais de rétablissement de la colonne. On lui en voulait, surtout, d'avoir toujours été un artiste engagé dans la gauche républicaine, socialiste et anticléricale, un artiste pour qui l'art se devait d'être politique, un artiste révolutionnaire. Courbet fut très tôt le leader de l'opposition à l'académisme alors que celui-ci ânonnait les vieilles recettes allégoriques de la peinture classique et que le romantisme n'en bouleversait guère les règles conventionnelles. Élargissant une troisième voie, qui n'était encore que timidement empruntée (notamment par Millet et Corot) entre celles que balisaient Delacroix et Ingres, il fut le maître du réalisme. Peintre de la nature, des paysages de la vallée de la Loue, de la chasse et des animaux traqués par les chasseurs, il fut aussi un grand portraitiste. C'est surtout par des compositions monumentales (Un enterrement à Ornans, L'Atelier) qu'il se fit remarquer et qu'il heurta la bonne conscience artistique, surtout quand les préoccupations sociales (Les Casseurs de pierre) ou érotiques (Le Sommeil) y étaient flagrantes.

  • Roger Pierre, c'est un homme-orchestre du spectacle. Au fil des années, il a en effet mené de front une carrière au music-hall, au cabaret, au cinéma, au théâtre et a participé à un nombre incalculable d'émissions de radio et de télévision. Selon les circonstances, il a ainsi écrit une multitude de sketches, d'histoires, de chansons dont le présent ouvrage se veut une synthèse. Vous allez découvrir des pensées inédites (groupées en huit thématiques, l'amour, l'enfance, les hommes, l'Histoire, les voyages, le sport, le Spectacle, le rire) ainsi que des paroles de chansons, des monologues (certains écrits pour Jean-Marc Thibault ou Jean Richard), des hommages à quelques Grands (de Sacha Guitry à Peter Cheney) et des petites pièces de théâtre, à deux ou trois personnages, qui sont des modèles du genre. Des textes qui vous amuseront, bien sûr, mais qui ne manqueront pas de vous surprendre. Ce grand garçon brun qui porte avec la même élégance et la même jeunesse culottes courtes et pantalons d'adulte cache, derrière un air de naïf, un don d'observation impitoyable mais toujours tendre et gouailleur du monde bizarre dans lequel nous vivons.

  • L'Histoire d'une contamination est celle, due au virus du sida, de la mère de l'auteur. Lors d'une opération, le 26 mars 1985 à l'Hôtel-Dieu de Paris, Mme Dubois est à la fois sauvée du cancer et condamnée à mort : du sang infecté lui a été transfusé. Sans avoir su qu'elle était contaminée, Mme Dubois meurt, à soixante et onze ans, de tuberculose, le 7 août 1990, dans des "conditions épouvantables". Le 19 avril précédent, ne supportant plus de voir son épouse dans une telle déchéance, son mari s'était suicidé. Si, en décembre 1992, Claude Dubois n'avait pas retéléphoné à l'Hôtel-Dieu, jamais il n'aurait appris que c'est le sida qui a tué sa mère. Les dossiers présentés dans Histoire d'une contamination sont ceux, adressés par Claude Dubois, au Fonds d'indemnisation en 1993, et, en 1994, à la Cour d'appel. Dubois y expose toutes les conséquences de l'infection de sa mère. À partir d'un cas privé, Histoire d'une contamination exprime l'infini lamento des victimes du sang contaminé. Des milliers de gens ont été les laissés pour compte de négligences, d'erreurs, de fautes commises par d'autres hommes, médecins ou serviteurs de l'État. Tous ont à se plaindre, ou leurs proches s'ils ne sont plus là pour faire entendre leur voix. Une impression poignante s'exhale des textes de Claude Dubois. Humain, rien qu'humain, Dubois est sans haine, mais non sans reproches, à l'égard de ceux dont la responsabilité a été reconnue dans le drame du sang contaminé. De la nécessité financière d'écouler des stocks de sang infecté à l'observance de grands principes au mépris de la simple prudence jusqu'au médecin de famille qui ne prendra pas la peine de dire à Claude Dubois la vérité sur la mort de sa mère, l'inhumanité a revêtu bien des masques.

  • Dans ce premier livre de poèmes, Marie-Edith Lande a choisi de chanter le monde en faisant mine d'oublier l'âge de ce monde, ou plutôt en lui attribuant, selon sa propre formule, « le temps de plusieurs temps ». Elle renoue ainsi, par le lyrisme et l'ample mouvement du vers, avec une tradition multi-séculaire de la poésie-célébration qui, depuis les odes de Pindare et d'Horace jusqu'à celles de Victor Hugo et de Claudel, donne du souffle au verbe et de l'âme à l'inanimé. Le poète est allé puiser dans les grands espaces d'Asie et des Amériques, dans les mégalopoles aussi, où sa vie l'a conduit, non pas l'inspiration (puisque, selon le mot d'Eluard, le poète est celui qui inspire plus que celui qui est inspiré), mais la respiration même de sa poésie, respiration profonde et généreuse qui est aussi celle de l'humaniste. Marie-Edith aime, en effet, le monde, les hommes et les femmes qui le peuplent. Vision planétaire, donc, chez ce poète mais aussi ancrage dans une terre, un terroir, celui du Morvan où elle aime à se ressourcer. Telle est, multiple et une, le poète Marie-Edith Lande. Il est bon qu'elle ait enfin senti la nécessité de porter ses poèmes à la lumière ; la poésie a besoin, pour exister vraiment, de la respiration et du regard des autres. Elle est, ne l'oublions jamais, partage de l'essentiel.

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